Nation de la Folle-Avoine ou des Maloumines
chez les Winipégoueks où douze enfants, et un vieil- Jard qui mourut peu après, reçurent la grâce du sacrement qui fait les chrétiens. Je ne rapporterai point ici tous les troubles que le Démon m'a suscités, et comme il s’est servi des impertinences de quelques Sauvages pour se venger de la proie que je lui enlevais par ces baptêmes. |
Nous avons vu cette année chez les Winipégoueks sept ou huit familles d'une nation qui est restée neutre entre nos Sauvages etles Nadouessis actuellement en guerre. Or les appelle Aiara ou Mascoutins-Nadouessis, Leur bourgade, qui est à deux cents lieues d’ici du côté de l'Ouest, est fort peuplée, mais très-pauvre, puisque leurs plus grandes richesses sont des peaux de bœuf et des calumets rouges. Comme ils parlent la langue des Puants !, j'ai pu leur prêcher Jésus- Christ. Interrogés sur la mer de l'Ouest, ils ont répondu qu'ils n'en ont pas connaissance, bien qu’ils soient à douze journées au delà de la grande rivière appelée Mississipi. Mais ils assurent avoir vu des Sauvages qui disent avoir rencontré un grand lac, fort éloigné du côté du soleil couchant, dont l’eau est fort mauvaise.
Le même Père André a fait juc'ques remarques assez curieuses sur les marées de la baïe des Puants
1, Puants, c'est-à-dire Winipégoueks.
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où elles ont un effet très-sensible. Cette baie a plus de trente lieues de long sur sept ou huit de large en quelques endroits. Elle reçoit toutes ses eaux du grand lac Illinois, ou bien elle lui en envoie ellemême, les recevant de plusieurs rivières qui se déchargent dans son sein. Le Père a dressé un journal très-exact des marées d'hiver sous les glaces, et un autre des marées d'été; il a trouvé qu'elles sont peu réglées; que, dans l’espace de vingt-quatre heures, il y a tantôt deux marées pleines, tantôt trois, tantôt quatre; et même que, lorsqu'il n’y a que deux marées, tantôt elles retardent, tantôt elles avancent. Il a aussi remarqué les rapports qu’elles ont avec les jours de la lune; mais il n’a pas encore pu, quelque soin qu’il y ait apporté, dire justement à quel rumb de vent est la lune lorsque la marée est pleine, à cause de ses inconstances. Il s’est étudié avec beaucoup de peine à rechercher qu’elles pouvaient être les causes de ces marées; il estime quelles proviennent du lac des Illinois plutôt que des vents qui peuvent il est vrai contribuer à l'inconstance de ces marées, élant eux-mêmes extraordinairement inconstants dans cette baie. Il y a de plus remarqué qu'il n’est point de vent, si violent qu’il soit, qui puisse empêcher la marée de monter et de descendre; cependant il l’altère et est cause qu’elle est basse lorsqu'elle devrait être haute; mais il s’en faut qu’elle descende toujours sans jamais monter, ni qu’elle monte
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sans jamais descendre, quoiqu'il règne plusieurs ( jours de suite dans la même force. Enfin, ce journal __ comprend ce que l'on peut souhaiter de plus curieux en ces matières,
Extrait d'une lettre du P, Antoine Silvy, écrite des Mascoutins, ou Nation du Feu, le 6 avril 1676.
Après plus de 300 lieues de chemin depuis Qué- 4 bec, me voici rendu en ce pays pour prendre soin de | cette Mission. Ce bourg est composé de deux sortes | de peuples qui sont de langue entièrement différente: ce sont les Miamis avec six autres nations sauvages, et les Mascoutins qui comprennent aussi cinq ou six