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en sait le secret, a enseigné au P. Allouez avec beaucoup de cérémonies. Sa racine sert contre la morsure des serpents, Dieu ayant voulu donner ce remède contre un venin gui est très-fréquent en ces pays. Elle est fort chaude et elle a un goût de poudre quand on l’écrase sous la dent. Il faut la mâcher et la mettre sur la piqûre du serpent, qui en a une si grande horreur, qu'ils s'enfuit même de celui qui s’en est froité. Elle produit plusieurs tiges, hautes d’un pied, dont la feuille est un peu longue, et la fleur blanche est beaucoup semblable à la giroflée. J'en mis dans mon canot, pour l’examiner à loisir, pendant que nous avancions toujours vers Maskoutens, où nous arrivâmes le 7 juin,
SECTION III
Description de la bourgade des Mascoutens; ce qui s’y passa entre le Père et les Sauvages. Les Français commencent d'entrer dans un pays nouveau et inconnu, et arrivent à Mississipi,
Nous voici rendus à Maskoutens; ce mot en Algonquin peut signifier nation du Feu, aussi est-ce le nom qu'on lui a donné. C’est ici le terme des découvertes qu'ont faites les Français, car ils n’ont point encore passé plus avant. |
Ce bourg est composé de trois sortes de nations qui s'y sont ramassées, des Miamis, des Maskoutens, el
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des Kikabous. Le plus libéraux, et longues moustac nent bonne grâc font rarement des ciles, ils écoutent ont paru si avides il les instruisait, q même pendant la bous sont plus gro en Comparaison des des cabanes sont r joncs qui leur den verlures, mais qui :
vents, et bien moin en abondance. La banes est qu’ils les tent aisément où ils chasse.
Lorsque je les vi de voir une belle cr et ornée de plusieu rouges, d’arcs et d avaient offerts au gr donnent à Dieu), po eu pitié d’eux pen chasse abondante lo famine,
des Kikabous. Les premiers sont les plus civils, les plus libéraux, et les mieux faits; ils portent deux longues moustaches sur les oreilles, qui leur donnent bonne grâce; ils passent pour guerriers et font rarement des parties sans succès ; ils sont fort dociles, ils écoutent paisiblement ce qu’on leur dit, et ont paru si avides d'entendre le P. Allouez quand il les instruisait, qu’ils lui donnaient peu de repos, même pendant la nuit. Les Maskoutens et les Kikabous sont plus grossiers et semblent être des paysans en comparaison des autres. Comme les écorces à faire des cabanes sont rares en ce pays-là, ils se servent de joncs qui leur tiennent lieu de murailles et de couvertures, mais qui ne les défendent pas beaucoup des vents, et bien moins des pluies, quand elles tombent en abondance. La commodité de ces sortes de cabanes est qu’ils les mettent en paquets, et les portent aisément où ils veulent, pendant le temps de leur chasse.
Lorsque je les visitai, je fus extrêmement consolé de voir une belle croix, plantée au milieu du bourg, et ornée de plusieurs peaux blanches, de ceintures rouges, d’arcs et de flèches, que ces bonnes gens avaient offerts au grand Manitou, (c’est le nom qu’ils donnent à Dieu), pour ie remercier de ce qu’il avait eu pitié d’eux pendant l’hiver, leur donnant une chasse abondante lorsqu'ils appréhendaient le plus la famine.
Je pris plaisir de voir la situation de cette Hate gade. Elle est belle et bien divertissante ; car d’une dniènce, sur laquelle elle est placée, on découvre de toutes parts des prairies à perte de vue, PATH GES par des bocages, ou par des bois de haute futaie * la terre y est très-bonne, et rend beaucoup de blé d’In e. Les Sauvages ramassent quantité de prunes et de ‘ss sins, dont on pourrait faire beaucoup de vin, si l’on voulait. »
Nous ne fûmes pas plus tôt arrivés, que nous assemblâmes les anciens, M. Jolliet et moi ; il leur dit qu’il était envoyé de la part de monseigneur notre Gouverneur pour découvrir de nouveaux pays, et moi de la part de Dieu pour les éclairer des Amièpes du saint Évangile ; qu’au reste le Maître souverain de nos vies voulait être connu de toutes Les nations » et que, pour obéir à ses volontés, Je ne craignais pas la mort à laquelle je m’exposais dans des voyages si dr rilleux; que nous avions besoin de deux guides pour nous mettre dans notre route; nous leur fimes ne présent, en les priant de nous les accorder, ce qu ils firent très-civilement, et même voulurent aussi nous parler par un présent qui fut une natte, pour nous servir de lit pendant tout notre voyage. ne
Le lendemain, qui fut le dixième de juin, deux Miamis, qu’on nous donna pour guides, s'embarquèrent avec nous, à la vue d'un grand monde, qui ne pouvait assez s'étonner de voir sept Français, seuls,