‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 11 sur 196 · V. Cousin · texte numérisé non relu

V. Cousin

Quiconque cherche la vérité ne doit être d'aucun pays.

Voltaire (1694/1778).

L'individualité, dans tout homme, est chose autrement importante que la nationalité. A. Schopenhauer (1788/1860).

Il y a dans le monde une nation d'honnêtes gens et de gens d'esprit qui sont tous compatriotes. Voltaire (1694/1778).

Pour l'homme qui vit en esprit, il ne saurait y avoir de patrie.

1890. L. N. Tolstoï (1828/1911).

dais], d'être connues. Tout ce qui favorise notre cause est supprimé, tout ce qui lui est hostile est répandu avec profusion. Ainsi, le peuple anglais lui-même ne connaît que peu de chose de l'état épouvantable auquel l'Irlande est réduite. » Env. 25. II. 1921. Card. Logue.

La Belgique aussi a été, jadis, égarée par sa presse. Nous le prouverons plus loin.

(1) Nous ne sommes pas de cet avis-là, mais nous disons : Chauvinisme ! Fétichisme ! Crétinisme !

Nations ! mot pompeux pour dire barbarie ;

L? amour s'arrête-t-il ou s'arrêtent vos pas ?

Déchirez ces drapeaux. Un autre voix nous crie:

« Uégolsme et la haine ont seuls une patrie,

La fraternité n'en a pas ! » Lamartine (1790/1869).

Les divisions d'intérêts que des hommes pervers ont semées parmi les nations et qu'ils cultivent avec tant de soin parce que, selon la maxime machiavéliste, ils en recueillent les fruits, ne sont point nécessaires. Le moment approche où les peuples comprendront qu'ils appartiennent tous à une même famille et que le patriotisme ne doit plus rien avoir d'étroit ni d'exclusif, mais qu'il peut et doit s'allier à un sentiment plus élevé : le respect pour les droits de l'humanité.

1870. P. Larroque (1801/79).

La civilisation toute entière est la patrie du poète. Cette patrie n'a d'autre frontière que la ligne sombre et fatale où commence la barbarie. Un jour, espérons-le, le globe entier sera civilisé ; tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l'intelligence : avoir pour patrie le monde... Hugo (1802/85).

Il faut désormais avoir l'esprit européen. Mrae de Staël (1766/1817).

L'Europe marche à pas de géant vers la réunion de nos petites patries mesquines. Pour réaliser ce progrès immense, qui nous achemine aux Etats-Unis, il faut que les peuples se pénètrent... Comment se pénétreront-ils si le Français est incapable d'admirer la grandeur de l'esprit et les beautés de l'âme allemande ? 1904. A. Naquet (1834/1906).

Quelles que soient les antipathies momentanées et les jalousies de frontières, toutes les nations policées appartiennent au même centre et sont indissolublement liées entre elles par une secrète et profonde unité. La civilisation nous fait à tous les mêmes entrailles, le même esprit, le même but, le même avenir. V. Hugo (1802/85).

Ne considérez pas les hommes de nationalités différentes de la vôtre comme des ennemis ; mais considérez tous les hommes comme des frères et entretenez avec eux les mêmes rapports qu'avec ceux de votre nation. C'est pourquoi, non seulement ne tuez pas ceux qu'on appelle des ennemis, mais aimez-les et faites-leur du bien. L. N. Tolstoï (1828/1911).

Quand je me trouve sur une colline d'où la vue domine la plaine, voici l'idée qui sans cesse me torture : là-bas, dans la vallée, la guerre fait rage ; ces lignes brunes qui sillonnent le paysage sont pleines d'hommes qui se trouvent face à face, comme ennemis. Et là-haut, sur la colline, devant toi, se tient peut-être un homme qui, comme toi, contemple les bois, le ciel bleu, et qui peut-être rumine les mêmes pensées que toi. son ennemi !... 28. XI. 1914. Un soldat allemand.

(Lettre à T'Agence Suisse des prisonniers) (1)

Oui/ j'ai vu ces immenses tranchées dans lesquelles on enterre les morts, Russes, Français, Prussiens, tous pêle-mêle, comme Dieu les avait faits

(1) D'innombrables lettres analogues, du plus pur accent pacifiste ont été publiées. « Du fond des champs de bataille, ditR. Rolland (14. VI. 1915), ces voix d'une minorité sacrifiée s'élèvent comme une condamnation vengeresse des oppresseurs ».

pour s'aimer, avant l'invention des plumets et des uniformes, qui les divisent au profit de ceux qui gouvernent. Ils sont là ; ils s'embrassent ; et si quelque chose revit en eux, ce qu'il faut bien espérer, ils s'aiment et se pardonnent, en maudissant le crime qui, depuis tarit de siècles, les empêche d'être frères avant la mort.

1864. Erckmarm (1822/99), Chatrian (1826/90). Parmi ces millions d'hommes qui ne savent être qu'Allemands, Autrichiens, Français, Russes, Anglais, etc., etc., efforçons-nous d'être des hommes,- qui, par delà les intérêts égoïstes des nations éphémères, ne perdent pas de vue ceux de la civilisation humaine tout entière, — cette civilisation que chaque race identifie criminellement avec la sienne., pour ditruire celle des autres.

12. I. 1915. R. Rolland (1866/...) à Fr. Van Eeden. Toute la terre est une même patrie et tous les hommes sont des frères, qui doivent partager entre eux les biens que la nature leur offre à tous

Apollonius de Tyane (1er siècle).

Chaque Puissance, grande ou petite, ne peut prétendre à Ja satisfaction de tous ses intérêts. Des transactions réciproques sont nécessaires.

San Guliano.

Il faudra chercher à mettre les intérêts particularistes d'accord avec la prospérité générale de la grande Société humaine.

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