II. 1921. L. Piérard
(2) Au lieutenant-général D u f o u r, qui avait vu ou* cru voir dans une lettre du lieutenant-général De Ceuninck, des « lamentations d'un cœur ulcéré que le dépit ronge depuis sept ans », ce dernier général répondit ceci (27.1.1921) : « S'il y a aujourd'hui un cœur ulcéré que le dépit ronge depuis plus de neuf ans, c'est celui du général D u f o u r qui, en 1912, n'a pas eu assez de philosophie pour accepter d'être évincé par moi dans le poste de chef d'état-major de l'armée, et qui a eu, en somme, comme je le lui écrivais, une fin de carrière assez peu enviable ». — Cette polémique publiée complaisamment par le patriotard et chauvin Snir de Bruxelles (où on pourra la savourer dans son entièreté) n'a qu'un intérêt, mais il n'est pas mince : celui de mettre en lumière le bel esprit de solidarité et de discipline qui règne dans les milieux militaires belges !
Rencontrant un autre général, le roi Albert le félicita. — A quelle occasion ? demanda le militaire. — « Parce que vous^ n'écrivez pas, général ! »
(3) Serait-ce pour cette raison que l'Académie Française refusa de se faire représenter à la séance d'installation (en février 1921) de l'Académie belge de langue et de littérature françaises, et que Maeterlinck brilla par son absence ? Signalons, en passant, que le Roi n'y prit point la parole ! P. E. Janson, qui est tenu à la plus grande réserve, trouve que « ce ne fut pas particulièrement excitant ». A vrai dire, cette séance fut insipide et soporifique. A un certain moment toutefois l'auditoire fut réveillé par l'éloge, que fit M. W i 1 m o 1 1 e, de l'Allemagne ! Quelle consternation les Français se sont épargné en s' abstenant !
Sous le vernis catholique, les mœurs, la pratique, le cœur, l'esprit, tout est païen en Belgique. 1865. H. Taine (1828/93).
Ce qui est vrai, hélas ! c'est que, depuis la guerre, la Belgique s'est lamentablement paganisée. Cela crève les yeux, même les plus myopes. Le catholicisme est actuellement, en Belgique, une citadelle endormie. De ses chefs, l'un a la réputation (méritée ou non) de chercher à combattre le « flamingantisme », l'autre de donner libre cours à son chauvinisme. En tous cas, le danger est flagrant ! L.
La Belgique, pays demi-germanique (1).
1897. H. Fierens-Gevaert (1870/...).
Nous [Belges] trouvons des exemples à suivre, des modèles à imiter aussi bien à l'est qu'au sud et cela dans presque tous les domaines... Une association pour l'extension de la langue allemande ne serait pas moins utile, en Belgique, que l'association pour l'extension de la langue française.
Journal de Liège.
De par sa situation géographique comme de par sa composition racique , la Belgique... [doit] prêter une égale attention aux deux grands courants de l'Europe occidentale [l'Allemagne et la France] et... [ce serait] une faute que de vouloir l'orienter dans un sens unique... La presse [belge] d'expression française s'est alimentée un peu trop exclusivement de journaux de Paris...
I. 1921. J. Guvelier (archiviste général de la Belgique). Notre mère la Germanie... L. Van der Kindere (1842/1906).
Entre les Flamands et les Allemands, unis par les liens de la langue et du sang, il y a une parenté historique.
Hertogs (ancien bourgmestre d'Anvers).
Le flamand est une fenêtre largement ouverte sur le génie germanique, comme le français en est une sur le génie latin.
Edm. Picard (1836/...).
La violence faite au peuple flamand (2), cet antique rameau de la race germanique, est une des monstruosités de l'histoire de l'Humanité.
1919. E. Ludendorff (1865/...).
N'est-ce pas une monstruosité de l'histoire que la noire ingratitude de la Belgique à l'égard de ses bienfaiteurs ? X. La nuit de la Muette fut ... une mauvaise farce d'écoliers.
A. Gendebien (1789/1869).
Quelle est aujourd'hui la situation de la Belgique ? Une association, traînant à sa suite le meurtre et le pillage, y domine le gouvernement.
12. IV. 1831. F. H. B. Sebastiani (1772/1851). C'est depuis que nous sommes séparés de la Hollande que nous avons pris pour devise : « L'Union fait la Force » ! X.
(1) ... [La] culture germanique dans sa branche néerlandaise... ne nous a-t-elle pas donné [à nous, Belges] quelques-unes de nos œuvres marquantes dans la passé... ? Scientifiquement, elle a, cette culture germanique, prolongé ses racines jusqu'en terre wallonne...