VII. 1904. H. Poincaré
[En France] on est peu porté vers les Sciences... Le préjugé que les études littéraires sont d'une qualité supérieure... [crée] l'ambiance la plus défavorable qui soit à l'éclosion des vocations scientifiques... Les études scientifiques exigent d'ordinaire plus de patience et d'application, plus d'esprit de discipline et de continuité dans le travail que les études littéraires et ces qualités sont incontestablement moins françaises que germaniques. 1920. Ch. Moureu.
Trop de Français se désintéressent encore de la Science et sont d'une ignorance incroyable en ce qui touche les questions scientifiques... L'es-
jouer. Mais ici, à Paris, on est plus partisan, je crois, de cette musique.
Env. XII. 1920. Noté.
La pensée de réaliser une éducation musicale complète en biffant Wagner de l'histoire musicale du xixe siècle est aussi folle que de vouloir exclure un Goethe de l'évolution intellectuelle et littéraire.
G. S. — Libre Belgique, 15. IL 1921.
La propagande faite par la Libre Belgique, qui est le quotidien belge le plus sensé, a eu un heureux effet : le référendum organisé à Bruxelles,, au sujet du rétablissement de la musique de W a g n e r, a donné 3.422 voix pour sur 4.756. Noté se réjouira de s'être trompé ! Le 20 février le Conservatoire royal de Bruxelles exécuta Parsifal de Wagner. Le succès fut étourdissant ! Le rayonnement de l'universelle et éternelle beauté triompha des instinctives et bestiales aversions chauvines ! Ce fut aussi la victoire de l'idéalisme germain sur le sensualisme gaulois.
(1) Il ne faut pas présumer de soi ni croire qu'on puisse savoir les. choses sans les apprendre. Louis XIV (1638/1715).
prit public [en France] est routinier et sceptique en matière d'innovations scientifiques. Il n'y a qu'à rappeler comment il a accueilli les grandes inventions, celles de la vapeur, par exemple. Papin, pourtant, était français. Cependant le grand public est resté près d'un demi-siècle aveugle et sourd devant ce fait évident que la vapeur était de première importance pour l'industrie... Carnot soulignait, en 1832, l'emploi de la vapeur en Angleterre; on ne l'écouta pas ! En France, trop longtemps [la Recherche Scientifique] fut considérée comme une distraction académique à l'usage de quelques dilettantes. 1920. Ch. Moureu.
... Il faut accuser notre Instruction Publique... L'Enseignement à divers degrés est tombé en France à un niveau extrêmement bas... Les universités allemandes sont d'une supériorité écrasante !
1906. G. Lippmann (1845/...).
La mesquinerie de nos installations pour le travail de nos élèves est une honte, comme trop de choses en France à l'heure actuelle.
Env. 1905. H. Bouasse (1866/...).
Notre Université est en partie responsable des maux de la Société française. Ribot (1842/...).
Déjà Renan, Pasteur et d'autres avaient déploré le délaissement des sciences dans l'Université française !
Les candidats aux examens universitaires bénéficieront, après la cessation des hostilités, de mesures largement réparatrices. Tout étudiant [qui aura été sous les drapeaux]... rencontrera de telles conditions de bienveillance, qu'il lui suffira de quelques jours pour se mettre en état de réussir. 27. V. 1915. Le Temps. (Même chanson en Belgique !) (1)
Le droit à l'ignorance, ils l'appellent « mesures réparatrices »! Ils espèrent relever la France. Etonnez-vous que l'industrie française périclite !
1917. H. Bouasse (1866/...).
Si l'on n'y prend garde, d'ici vingt ans il n'existera plus d'enseignement supérieur français. L'étranger se moque ouvertement de nous... Nous avons perdu jusqu'au sens de l'enseignement supérieur.
1910. H. Bouasse (1866/...).
Tout va de travers dans l'Université [française], parce que messieurs S.T.U., désireux d'être de l'Académie, n'osent pas dire à messieurs X.Y.Z. qu'ils ne sont que des imbéciles. 1920. H. Bouasse (1866/...).
C'est exactement la même chose en Belgique I les pleutres se taisent, de crainte que -l'Académie ne leur ferma la porte !
L'Enseignement supérieur scientifique actuel [en France]... c'est du bluff et des ruines... L'E. S. français est dispersé, incohérent, désordonné, sans direction... Notre morale universitaire en France : les incapables choyés parce qu'ils ne sont pas dangereux, ils n'ont aucune impor-
(1) Les militaires, surtout les officiers et les sous-officiers (dont 9 sur 10 sont des snobs orgueilleux !), ne devraient-ils pas se sentir humiliés ? Est-ce fort honorable à eux d'accepter ainsi une aumône qui consacre leur faiblesse intellectuelle ? En réalité, ce qu'on leur donne, c'est une prime à la paresse. Dans les tavernes, à Bruxelles, à Louvain et ailleurs, on les voit jouer aux cartes depuis le dimanche matin jusqu'au samedi soir, presque toute la journée ! On dit que la guerre endurcit ! Non, ce qu'elle fait, c'est abrutir ; car elle rouille et amollit intellectuellement, elle bestialise. — Quant à la fermeture des Universités pendant la guerre, autre aberration produite par le chauvinisme, nous en avons parlé suffisamment d'autre part ; nous n'y reviendrons pas.
tance... Les Instituts des Facultés de France... sont aussi incapables de fournir de bons élèves que de recruter des professeurs compétents !
1917. H. Bouasse (1866/...).
Exactement de même en B«ljri'i«e !
N'est-il pas malheureux que lorsqu'il s'agit de nommer des professeurs,
on puisse arguer d'autre chose que de leurs titres scientifiques !