‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 185 sur 196 · IV. 1920. Albert, roi des Belges · texte numérisé non relu

IV. 1920. Albert, roi des Belges

[Ceux qui]... veulent un rapprochement avec l'Allemagne... perpétuent l'idéal chrétien, qui est aussi l'idéal humain le plus noble... Ils ont l'héroïsme de maintenir que dans la lutte entre l'amour et la haine, c'est l'amour de l'homme pour l'homme qui restera victorieux... Le jour où les Etats allemands pourraient se dire : « La France a abjuré l'évangile de l'amour

(1) Malheureusement, tout le monde n'a pas la grandeur d'âme de M. S e i 1 1 i è r e ! A la réunion du Conseil suprême, à Paris, en janvier 1921, pourquoi MM. Barthou et Don mer ont-ils parlé à propos du désarmement sur un ton tel que, sans l'intervention de M. B r i a n d, M. Lloyd George et Lord C u r z o n eussent quitté Paris ? C'est que MM. Doumer et Barthou portent en leur cœur de pères des blessures terribles ! M. Doumer a perdu quatre fils, M. Barthou son fils unique ! Leur chauvinisme, qui est leur vengeance, leur obnubile l'entendement ! Ils n'en veulent pas au militarisme, ils en veulent aux Allemands ! Ils ne songent pas que leurs fils ont peut-être tué beaucoup aussi et fait beaucoup d'orphelins !

R. Poincaré, qui était, avant la guerre, un homme très large d'idées et à peu près digne de son illustrissime cousin, est, hélas ! devenu aussi, à la suite de la guerre, un terrible chauvin. Tl a écrit récemment des articles et fait des conférences pour faire croire que, dans ]a Guerre de 1914, la France serait blanche comme neige et l'Allemagne noire comme les ténèbres ! Mais nous posons une petite question : est-ce la vérité historique seule qui a déterminé l'avocat Poincaré, ou bien ne serait-ce pas aussi le patriotisme ? Dans ce dernier cas, il serait suspect. Oui, il l'est terriblement ! Le métier des avocats n'est pas de rechercher la vérité, mais de faire croire qu'ils la possèdent !

(2) G. Hoog, qui fut reçu, en 1920, avec M. Sangnier, par S. S. Benoît XV, écrit ceci : « Quelle peine profonde le Pape éprouvait manifestement de ce que sa parole suppliante en faveur des petits enfants affamés d'Autriche, eût reçu, en France, un accueil si tiède et parfois si hostile ! Avec quelle paternelle insistance il nous demandait de commencer une grande et vigoureuse campagne pour la paix, allant jusqu'à préciser les conditions politiques de cette paix : suppression du service obligatoire, arbitrage... »

(3) Les chauvins, si nombreux à l'Académie royale de Belgique, ont-ils lu et médité cette sublime pensée ?

pour embrasser celui de la haine... », ce jour-là serait aussi pour l'Allemagne celui du plus grand triomphe (1). C'est pourquoi je réserve ma sympathie intime aux disciples de Celui qui, sur la Croix, priait pour ses bourreaux. 17. I. 1920. E. Gilson.

Je ne suis pas partisan d'une haine stérile... Ce serait une pure folie de ne pas reprendre les relations commerciales [avec l'Allemagne]. Elles peuvent être fructueuses ; elles sont même indispensables.

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