‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 47 sur 196 · LA GUERRE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LA GUERRE EN GÉNÉRAL

Ces guerres,... les chefs d'Etats qui en sont les auteurs criminels n'osent en accepter la responsabilité; chacun s'efforce sournoisement d'en rejeter la charge sur l'adversaire (2). 15. IX. 1914. R. Rolland (1866/...).

(1) Dans la seule Flandre occidentale, il y a 68 églises détruites partiellement et 83 anéanties.

(2) On ne doit pas demander de la sincérité ni même beaucoup d'honnêteté aux diplomates d'aucun pays... Les diplomates sont facilement de mauvaise foi et le mensonge continu représente pour eux un devoir professionnel. XI. 1916. G. Le Bon (1842/...).

Le métier des avocats n'est pas de chercher la vérité, mais de faire croire qu'ils la possèdent. 21. XL 1909. H. Poincaré (1854/1912).

Tous les historiens nous promettent la vérité, et pas un ne la donne sans la déguiser. Ch. Sain t-Evrem ont (1613/1703).

Rien n'est plus dangereux que le chauvinisme en histoire.

J. Texte (1865/1900).

« On ne doit pas demander beaucoup d'honnêteté aux diplomates ». Et aux militaires ? Voici un exemple d'honnêteté militariste :

Au début de la guerre, en Belgique, avant l'occupation allemande, on servait au public des communiqués radicalement mensongers. Pour avoir publié (le 14 août 1914) une note disant que les Allemands étaient en route vers Bruxelles et Anvers, un journal bruxellois, le Soir, essuya de sanglants reproches avec la menace de la suspension; il dut détruire 40.000 exemplaires et publier en tête du numéro du lendemain, la note suivante :

«L'offensive allemande vers Anvers et Bruxelles est officiellement démentie (sic).

» Une note a paru hier dans le Soir qui a quelque peu ému V opinion.

» Un de nos collaborateurs, arrivé à la dernière minute du quartier- général, au moment où nous allions mettre sous presse, déduisait erronément de la position des Allemands la possibilité d'une marche offensive dans la direction d'Anvers et du Nord de Bruxelles, en ajoutant toutefois que tout était préparé pour les recevoir. Mais la note n'en avait pas moins un caractère pessimiste qui devait impressionner, et cela était d'autant plus regrettable qu'elle était tout à fait inexacte dans ses prévisions.

» La marche allemande vers Anvers et Bruxelles est, en effet, officiellement et catégoriquement démentie.

» Aussitôt prévenus, nous avons supprimé la note malencontreuse. Et,

Le vrai et unique moyen de réunir les peuples au service de Dieu et d'établir la piété en un Etat, c'est la douceur, la paix et les bons exemples, non la guerre, ni les désordres, par lesquels les vices et les méchancetés naissent au monde.

4. III. 1589. Henri IV (1553/1610). Discours aux Trois États.

La guerre est horrible dans son principe, le contraire de toute noblesse, le déchaînement du mal sur la terre avec tout ce qu'il comporte d'encouragement au vice...

[Pendant la guerre de 1914] les civils oublièrent bientôt la gigantesque lutte pour reprendre, non pas encore la vie accoutumée, mais une vie de plaisir plus fiévreuse, comme si la proximité de la mort avait donné à l'appétit de jouissances une plus grande acuité... Nous avons vu des femmes honnêtes, qui auraient rougi à la seule pensée d'avoir un amant, remplacer le plus aisément du monde leur mari au front.

1919. P. Gaultier.

[Il y a] des milliers et des milliers d'hommes qui auraient évolué, sans la guerre, dans le sens de l'honneur et de la vertu, et qui, par réaction contre les souffrances, en dédommagement des privations, cèdent à l'entraînement, se dégradent aux consolations infimes et infâmes de la débauche. 1918. R. P. Th. Hénusse, S. J.

La guerre ne corrompt que trop les mœurs.

Machiavel (1467/1527).

Si les animaux ne montent pas aussi haut que nous, ils ne tombent jamais aussi bas. Les luttes animales en font foi, qui sont loin de parvenir à ce degré d'horreur que la guerre entre les humains a pu atteindre.

1919. P. Gaultier.

Le chaud soleil de ces deux premiers mois de guerre en 1914 tombait sur [nos soldats] ; quelques-uns, torturés par la soif, devinrent presque fous, burent leur urine et délirèrent. D'autres gardèrent, des semaines entières, des membres gangrenés, couverts de poux, et dont s'échappaient d'abominables odeurs, Gibbs.

En dépit de ses apologistes, la guerre, à proprement parler, matérialise le mal. Tolstoï n'a pas tort de le soutenir... Les horreurs qu'elle entasse témoignent de l'infamie de ses origines. Le plus grand de tous

comme nous ne voulons absolument pas que pareil fait puisse se reproduire, nous nous en référerons exclusivement, désormais, aux communications offcielles que nous transmettra le cabinet du ministre de la guerre. »

Le lendemain, le communiqué officiel du ministère de la guerre annonçait que la ville de Bruxelles était à l'abri du danger puis qu'on avait construit des tranchées et que 20.000 gardes civiques gardaient la cité ! En effet, le haut commandement de la terrifiante puissance que fut la garde civique de Bruxelles avait décidé de sacrifier vingt mille soldats bourgeois à la défense d'une ville ouverte ! Monument de naïveté et de forfanterie, qui stupéfia et terrorisa M.Max : « Mon Dieu, débarrassezmoi de mes amis ; quant à mes ennemis, je m'en charge ! » — (Il ne faut cependant pas trop maudire ces imbéciles et vaniteux galonnés ; ils ont droit à une indulgence amusée : ils nous ont procuré, dans nos journées d'épreuves et de mortelles angoisses, une hilarité douce et bienfaisante. Espérons qu'on les aura dignement décorés !)

Dans toutes les guerres, les diplomates et les militaristes sont de mauvaise foi.

les crimes, puisque l'homme y tue l'homme de propos délibéré et en masse, avec l'unique souci d'en tuer le plus possible, la guerre l'est aussi de tous les maux. Unissant le mal physique au mal moral, elle est ïe plus parfait symbole du mal sur la terre. Elle l'inscrit, par le fer et par le feu, dans la chair et dans Jes cœurs.

Loi terrible ! car les maux que la guerre déchaîne ne frappent pas les seuls coupables; même, la plupart du temps, elle les épargne pour immoler des innocents. Ceux qui saignent, qui gémissent et qui pleurent, souffrent, dans la majorité des cas, pour des fautes qui ne sont pas les leurs.

1919. P. Gaultier.

La guerre, c'est le meurtre ; la guerre, c'est le vol. C'est le meurtre, c'est le vol, enseignés et commandés aux peuples par leurs gouvernements. C'est le meurtre, c'est le vol, acclamés, blasonnés, dignifiés, couronnés. C'est le meurtre, c'est le vol, soustraits à l'échafaud par l'arc de triomphe. C'est le meurtre, c'est le vol, moins le châtiment et la honte, plus l'impunité et la gloire. C'est l'inconséquence légale, car c'est la société ordonnant ce qu'elle défend et défendant ce qu'elle ordonne; récompensant ce qu'elle punit et punissant ce qu'elle récompense; glorifiant ce qu'elle flétrit et flétrissant ce qu'elle glorifie; le fait étant le même, le nom seul étant différent. E. de Girardin (1803/81).

La guerre est un fléau et un crime qui comprend tous les fléaux et tous les crimes. Voltaire (1694/1778).

Il est plus facile d'abolir la guerre, que de la civiliser.

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