Id., ib., p. 4H
gnit * à Pierre d'abandonner la cause albigeoise et de conclure une trêve avec Simon de Montfort (21 mai 1213). Il ordonna, en même temps, à ce dernier de rendre au roi d'Aragon tous les services féodaux qu'il lui devait. Cette tentative de conciliation échoua malheureusement : l'animosité des partis était trop grande pour qu'il fût possible de leur faire mettre bas les armes.
Le roi Pierre réunit donc une forte armée et alla joindre 2 les seigneurs coalisés. Il ne parvint pas cependant à rétablir leur fortune ; il la perdit, au contraire, pour toujours, en se laissant écraser dans la fameuse bataille de Muret (12 septembre 1213); cette journée lui fut, du reste, fatale à luimême, puisqu'il y trouva une mort prématurée. C'en était fini, désormais, de la domination aragonaise sur le Midi de la France : la victoire restait à la dynastie capétienne, qui ne tarda pas à recueillir le fruit de son intervention dans le Languedoc.
Nous ne suivrons pas Raimond-Roger dans la lutte opiniâtre qu'il continua contre les croisés ; sa mort (1223) survint, du reste, avant la fin de cette guerre. Il échut à Roger- Bernard seulement de faire sa soumission définitive au roi de France et au légat (16 juin 1229). Favorisé, sans doute, par la situation topographique de son pays, le jeune comte fut plus heureux que celui de Toulouse et put conserver ses états.
Roger-Bernard perdit, peu après, Ermessinde, sa femme, vicomtesse de Castelbon. Elle lui laissa 3 l'administration de tous ses biens, fit son héritier Roger, leur fils commun, et légua dix mille sous melgoriens à leur fille Esclarmonde sur les