IV. Nouvelles hostilités clans le comté de Paillars
V. Protestation du roi contre l'aliénation du comté d'Urgel et du vicomte d'Ager.
Troubles occasionnés par la succession du comté de Paillars.
La mort de Raimond-Roger, comte de Paillars (1294), fournit à Roger-Bernard l'occasion de reprendre en Catalogne son rôle actif et batailleur. Ce seigneur ne laissait, effectivement, que trois nièces : Sibille, Béatrix et Violante, filles d'Arnaud- Roger, son frère et prédécesseur, et de la princesse grecque Lascara. Une pareille circonstance était extrêmement favorable à Arnaud d'Espagne, beau-frère de Roger-Bernard, qui tenait de son père Roger de Comminges ' des droits sur ce
1. Roger de Comminges était fds d'un vicomte de Couserans de même nom. Celui-ci l'avait eu d'un premier mariage et s'était remarié ensuite à l'héritière du comté de Paillars. Cette princesse n'ayant pas eu d'enfant fit donation de ses domaines à son beau-fils et entra dans un monastère. Sur ces entrefaites, le père de Roger de Comminges se maria une troisième fois et eut de cette nouvelle alliance deux fds : Arnaud-Roger et Raimond-Roger qui lui succédèrent l'un après l'autre sans difficulté (Zurita, Anales, t. I, fos 376 v°-377).
comté. Il se hâta de les faire valoir mais se heurta à l'opposition de Jacques II lequel avait pris sous sa garde la comtesse Lascara et les jeunes orphelines. La conduite de celui-ci s explique d'autant mieux qu'il avait un intérêt positif à empêcher un seigneur français, allié de Roger-Bernard, de mettre la main sur le comté de Paillars. L'ingérence des comtes de Foix en Catalogne avait causé assez d'embarras à la couronne pour lui faire redouter une nouvelle tentative de ce genre.
Cependant Arnaud d'Espagne ne recula point devant l'attitude du monarque ; il envahit le comté de Paillars avec une puissante armée, s'empara de plusieurs villes et châteaux, parmi lesquels ceux de Lort et d'Escalon, et commit de grands ravages dans tout ce pays. Le roi eut beau invoquer1 la paix récemment conclue avec Philippe le Bel (1295) et représenter à Arnaud l'obligation où il se trouvait de l'observer, celui-ci persévéra dans son entreprise. Jacques II écrivit- alors au sénéchal de Toulouse pour l'informer de ce qui se passait et lui demander d'exiger d'Arnaud et de son fils la cessation des hostilités ; il le pria, en outre, de leur faire rendre les châteaux qu'ils avaient enlevés et de leur intimer l'ordre de sortir du comté en question (29 mars 1296).
Le récit de cette expédition par Zurita laisse supposer3 que Roger-Bernard y aurait pris part. La chose ne paraît pas bien prouvée, cependant ; et cela pour deux raisons : le roi d'Aragon ne mentionne pas, en effet, le comte de Foix dans sa lettre au sénéchal de Toulouse, ce qu'il n'aurait certes pas manqué de faire, si celui-ci avait porté secours au vicomte de Cou-