Id., n
't. Id., n° 171.
:.. Id., n" 172. p. 324-326.
3o2 RELATIONS DES COMTES DE FOIX AVEC LA CATALOGNE
cession de Moncade devait être irrévocablement réglée. L'argumentation d'Arnaud-Guillaume fut la suivante :
Gaston de Béarn avait disposé que, si Guillelme mourait sans enfants , Constance hériterait intégralement de la seigneurie de Moncade, et Mathe , comtesse d'Armagnac, de la baronie de Castelvieil. Cette dernière devait même recevoir, par substitution , tout l'héritage de Guillelme si, du vivant de Gaston, elle cédait à Constance le vicomte de Marsan. Si, au contraire, elle ne consentait pas à cet abandon, conformément à la volonté de son père, elle perdait , par le fait même , tout droit à la succession de Guillelme, et Constance lui était substituée pour les terres de Catalogne. Or, Mathe s'était refusée à céder le vicomte de Marsan, avant comme après la mort de Gaston; la succession de Guillelme appartenait donc en entier à Constance.
Le vicomte de Béarn avait, de plus, ordonné à ses filles d'approuver et de jurer l'observation de ses volontés testamentaires , sous peine d'être privées de toute leur part en dehors de la légitime. Mathe, dûment requise d'exécuter cet article, s'y était constamment opposée. Elle avait donc perdu tous ses droits, sauf sa légitime dans le vicomte de Brulhois. Guillelme, au contraire, ayant elle-même juré l'observation du testament paternel , ne pouvait pas régulièrement disposer de ses terres au mépris des clauses solennellement approuvées par elle. Elle y avait toutefois contrevenu en cédant ses terres de Catalogne au (ils de Mathe ; celles-ci revenaient, en droit, à Constance, et, après elle, à Marguerite, par substitution. Il fallait donc considérer le testament de Guillelme comme nul et non avenu, aussi bien que sa donation entre-vifs de la baronie de Castelvieil. Constance et Marguerite restaient, de la sorte, seules héritières légitimes de Guillelme, chacune à son rang.
GASTON 1er CONCLUT LA PAIX AVEC LE VICOMTE 353
Le roi voulait gagner du temps et terminer les affaires qui le retenaient à Valence avant de régler celle-ci. Aussi se contenta-t-il de donner au procureur du comte des assurances purement platoniques : il lui promit d'apporter le plus grand soin à l'examen de ses observations et de conférer l'investiture de la baronie de Moncade à celui des deux seigneurs du côté duquel se trouverait le bon droit1.
Cette réponse peu compromettante ne pouvait évidemment satisfaire aucun des deux adversaires ; ils se préparèrent donc à trancher la question par les armes. En attendant, Gaston de Foix obtint- de Constance l'abandon de ses droits sur les terres de Moncade et de Castelvieil (11 mai 1310), et Gaston de Fézensaguet se fit3 faire la même cession par Mathe, sa mère (9 juin)4.
Hostilités déclarées entre le comte Gaston et son cousin de Fézensaguet, juillet 1310. — Traité du 7 septembre 1310.
La guerre débuta par une brusque irruption du comte de Foix dans le territoire de Castelvieil ; profitant, effectivement, de l'absence de son rival, il se jeta5 sur Martorell et en ravagea