LES TROIS VERTUS THEOLOGALES
PROLÉGOMÈNES
c Tout ceci s'entend de 1 ameet du corps, unis par une étroiste cou3lure et s'entrecommuniquant leur fortune. »
MORTAIGKE.
Beaucoup de gens, aujourd'hui, croient devoir nier ou tout au moins ignorer Dieu et sourire de ceux qui affirment être exacte et juste l'idée de son existence. Ils disent, et les moutons de Panurge répètent, que ridée de Dieu n'occupe plus la j)ensée humaine.
Ces négations, ces affirmations, lorsqu'elles sont sincères, chose rare chez les hommes de science, démontrent que leurs auteurs ont des yeux pour ne pas voir et un cerveau inapte à assurer le fonctionnement de rame et son extériorisation.
Comme le dit M. Boutroux (1), « il serait peu conforme aux faits de dire que l'idée de Dieu est actuellement délaissée par la raison Immaine... Elle
(1; Boutroux, Science et religion, p. 385.
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S attache de plus en plus (la raison humaine) h des notions qui, rassemblées, définies, approfondies, répondent très certainement à ce que la conscience religieuse adore sous le nom de Dieu. »
Croire et aimer Dieu, espérer en lui, constitue ce que les théologiens nomment les vertus théologales qui sont : la Foi, l'Espcrance, la Charité.
Ces vertus représentent un triple besoin de Tâme, toujours constant à travers les âges de l'humanité. « Muses, dit de Chambrun, elles chantaient en Grèce ; théologales, elles priaient au Moyen Age ; vertus, elles pensent aujourd'hui. » La Foi, avait coutume de dire cet écrivain, c'est la Loi qui soutient ; l'Espérance, c'est la récompense perpétuelle qui éclaire ; la Charité, c'est le devoir, le sacrifice qui guident.
La pratique de ces vertus donne la vie mystique la plus profonde et cette vie affine l'âme et le corps, engendre la beauté qui, à son tour, engendre l'émotion psychique et physique, gage de félicité. Ceci est une des conditions de la santé et de la longévité. En outre, cette vie morale affinée, éloigne des plaisirs grossiers (gourmandise, luxure...) et des maladies qui en sont la conséquence.
Quand le psychisme est affiné, la vie intellectuelle est plus intense, plus profonde, plus vibrante. Or, dit le Docteur Gelineau, la vie intellectuelle maintient jeune et, ajoute Olympiodore, celui qui
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mène une vie intellectuelle agit comme un Dieu.
Quand le psychisme est affiné, le système nerveux s'affine et, corollairement, l'organisme entier. Les anatomistes et les physiologistes s'accordent, en effet, pour dire que l'organisme humain est immergé dans une u atmosplière nerveuse ». Ce n'est pas là une vue de l'esprit mais le résultat de l'expérimentation physiologique et clinique, des observations anatomo-cliniques.
Cette atmosphère nerveuse est constituée par Tensemble du système nerveux : cerveau, moelle, grand sympathique.
Le cerveau, c'est à la fois, dans ses facultés actives : l'homme pensant et dans ses facultés subconscientes : l'homme végétatif.
La moelle et le grand sympathique commandent uniquement à l'homme végétatif. La moelle agit, par les réflexes, sur l'organisme entier, le grand sympathique préside à la vie viscérale.
Tous ces organes sont reliés entre eux et sont solidaires les uns des autres dans une très large mesure.
Ceci explique comment la vie de l'a me peut agir sur l'organisme entier puisque le cerveau est, je ne dirai pas le siège, car je l'ignore, mais l'organe permettant à l'îlme de s'extérioriser et d'agir sur le monde matériel. Ceci explique encore comment il y a parallélisme entre la pathologie de rùme et celle
du corps. Ceci explique encore comment la dépression de l'âme amène la dépression du corps ; or, un corps déprimé est un terrain tout préparé pour l'inoculation des maladies virulentes. En outre, dans une âme déprimée, les passions s'installent et les passions, on le sait, sont les ennemis les plus cruels du corps.
Il est donc de toute nécessité de cultiver son âme, de l'élever, de lui donner la paix et l'énergie par la pratique de toutes les vertus et les vertus théologales sont à la base des autres. Pour ceux qui aiment les symboles, je terminerai par les vers suivants :