BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE DE LA LIBRAIRIE PLON
J. VINCENT. — Vaillante. {Ce que femme veut.) Un vol. in-18.
Prix 3 fr. 50
(Couronné par rAcndcniic française.)
L'auteur de ces séduisants récits qui s'appellent: Misé Féréol, la Comtesse Suzanne, le Cousin Noël, le Retour de la princesse, nous donne aujourd'hui un roman des plus touchants, écrit avec une élégance et une délicatesse exquises, renfermant une donnée fort entraînante et une leçon morale. Tioniane, héroïne de Vaillante {Ce que femme veut), est une pauvre petite ànière qui, en récompense d'un acte de courage, est adoptée par une riche famille. Mais les bienfaiteurs de ïiomane subissent un jour les coups de Tadversité, et c'est à la vaillante enfant qu'ils doivent alors leur salut.
La peinture d'un amour honnête et charmant qui se développe peu à peu entre Tioniane et le fils de ses parents adoptifs, la vérité des caractères, l'intérêt d'une intrigue nouée et dénouée de main de maître : tels sont les points les plus saillants de cet ouvrage écrit avec le charme habituel à l'auteur.
Amuser, passionner, faire chatoyer toutes les nuances d'un style infiniment souple et coloré, en même temps, montrer le courage et la vertu d'une jeune fille triomphant de tous les obstacles, et produire ainsi une œuvre honnête, saine, réconfortante, qui peut, chose rare, être mise dans toutes les mains : tel est le résultat qu'a obtenu Jacques Vincent avec Vaillante. Voilà un succès des plus vifs et du meilleur aloi.
DOSTOIEVSKY. — Les Frères Karamazov. Deux vol. in-18. Prix. 7 fr.
C'est à propos de ce livre que M. de Vogué a écrit dans sa magistrale étude sur le Roman russe : « Le roman français se fait de plus en plus léger, preste à se glisser dans un sac de voyage, pour quelques heures de chemin de fer; le roman russe s'apprête à trôner longtemps sur la table de famille, à la campagne, durant les longues soirées d'hiver; il éveille les idées de patience et d'éternité. »
Qu'il nous suffise de dire que, dans les Frères Karamazov, Dostoïevsky se montre psychologue incomparable, parce qu'il y étudie les âmes qu'il a le mieux aimées, le mieux comprises : les âmes noires et blessées ; il s'y montre aussi dramaturge merveilleux dans d'innombrables scènes d'effroi et de pitié. Effroi et pitié, telles sont en etfet les deux dominantes de cette œuvre. Nous les connaissons déjà, ces frissons que Dostoïevsky excelle à faire courir dans nos veines; nous les avons ressentis en lisant Crime et châtiment, les Souvenirs de la maison des Morts, l'Idiot et les Possédés. Nous les retrouvons avec plus d'intensité que jamais dans les Frères Karamazov.
TOLSTOÏ (comte Léon). — Contes et Fables, traduit du russe, avec l'autorisation de Tauleur, parE. Halpérine-Kaminski. précédé d'une préface de l'auteur. Un vol. in-18. Prix 3 fr. 50
Tolstoï, le grand écrivain et le grand philanthrope russe, aécrit,àcôté de ses romans si dramatiques, un petit livre des plus curieux : c'est un recueil de contes et de fables populaires. On y retrouve le peuple russe avec ses vertus et ses vices, ses beautés et ses laideurs.
PARIS. TYPOGRAPHIE DE E. PLON, NOUHUIT ET C'«, RUE GARANClÈRli, 8.
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