II AVANT-PROPOS
route, au retour d'un voyag^e qui a laisse' de bons souvenirs.
Heureux, s'il a jamais existe', l'homme qui possède un savoir assez e'tendu pour parler avec compe'tence de sujets si varie's. Qu'il ait en outre une longue vie au service de son dessein, et sa place sera marque'e parmi les docteurs insignes, entre Aristote, Bacon, M. Larousse et M. Bouilhet. Puisque tout me défendait ces grandes visées, j'ai pensé qu'il fallait publier ce journal tel qu'il s'est fait, sans autre plan que celui d'apprendre ; je n'ai pas cherché à atténuer le contraste et la mobilité des sentiments qui l'ont dicté. Il rappellera mieux ainsi les phases que notre humeur a traversées, depuis l'inauguration jusqu'à la clôture : l'enthousiasme du début, les jugements plus calmes par la suite, le contre-coup des événements qui agitaient la vie nationale, enfin les soucis permanents qui ont ressaisi nos pensées, quand le bel intermède près de finir cessa de les accaparer tout entières. En gardant sa liberté d'allures, — le lecteur dira peut-être son décousu, — le journal aura quelques chances de conserver un reflet fidèle de l'Exposition ; les rencontres amusantes y troublaient à chaque pas les réflexions sérieuses, qui se reprenaient plus loin à de nouveaux objets.