SOUS-GENRE APOLLON, MONTFORT ET GRAY
4. Ranella (Apollon), proditor, Frauend., pl. EL, fig. 5.— Frauendfeld, Novara, exped. zoologischer Theil, Bd. II, Mollusken.
Dans son étude sur les mollusques rapportés par l'expédition autrichienne de la Vovara, le chevalier de Frauendfeld a donné une description exacte et une bonne figure de cette espèce. Elle est surtout très-abondante sur toute la côte d'Amsterdam ; les cadavres des olaries abandonnés sur les roches, à la basse mer, par les pêcheurs, étaient à la marée suivante littéralement couverts de langoustes et de ces ranelles. A Saint-Paul, nous ne les avons vues apparaître dans le cratère que vers la fin de notre séjour, c’est-à-dire en décembre : elles se tenaient dans les zones profondes et se montraient pourtant vers le soir, à peu de distance de la surface ; on les prenait facilement en laissant séjourner pendant toute une nuit, sur le bord du cratère, par 10 ou 15 mètres de fond, le corps d'un oiseau ou d’un poisson, qu'on relevait ensuite, sans trop de secousses, au petit jour. Leurs habitudes semblent ainsi nocturnes. Les pêcheurs nous ont affirmé qu'on n'en trouvait aucune dans le cratère pendant la mauvaise saison, d'avril en septembre.
Les nombreux individus que nous possédons de cette espèce se groupent dans deux formes assez distinctes : l’une, grande, élancée, ayant en moyenne 90 millimètres de haut sur 50 millimètres de large, et se rapportant bien au type figuré (pl. Il, fig. 5); l’autre, plus courte, plus ventrue, ayant en même temps une ouverture plus grande et dont les dimensions moyennes donnent 76 millimètres de haut sur 45 millimètres de large.
GENRE TROPHON, MONTFORT.
5. Trophon tritonidea, C. V., pl. IL, fig. 6-7. — Comptes rendus de l’Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille brune, assez mince, subfusiforme, croissant assez rapidement ; spire composée de six tours subanguleux ; les deux premiers, embryonnaires, portant deux côtes longitudinales ; les trois suivants, présentant ces mêmes côtes régulières et fortes, garnies de tubercules par lesquels passent des plis ou des côtes transverses, plus ou moins accusés ; sur le deuxième etle troisième les côtes longitudinales, rejetées à la partie supérieure, laissent à la base une surface déclive, assez étroite, tandis que vers l'extrémité du troisième elles tendent à devenir submédianes, et présentent de chaque côté des parties déclives, inégales ; le dernier tour porte à sa supérieure deux nouvelles côtes longitudinales et subtuberculeuses, au-dessus desquelles se montrent encore des indices de trois ou quatre autres côtes semblables, mais à peine marquées et croisées par des stries transverses d’accroissement, très-nettes; ouverture grande; canal court, assez large, profond et légèrement recourbé; péristome simple, non épaissi.
Hauteur : 4 à 5 millimètres ; diamètre : 22,95,
Habitat. — Te Saint-Paul. Assez commune, dans le sable, sous les pierres, et surtout sous les pieds des algues à l'extrémité de la jetée du Nord, au niveau le plus bas des grandes marées. Très-rare partout ailleurs. ,
Observations. — L'espèce figurée qui a servi de type, provient de l'intérieur du cratère ; les individus qui se trouvent plus abondants à l'extrémité de la jetée sont un peu différents : ils sont généralement plus courts, moins colorés et leurs ornements sont toujours peu accusés. Je dois aussi faire remarquer que, chez les adultes, les côtes longitudinales, les tubercules et les plis transverses deviennent plus
102 CH. VÉLAIN.
effacés vers l'extrémité du dernier tour, tandis que les stries d'aceroissement s'accusent au contraire bien davantage.