‹ Remarques sur la faune des iles Saint-Paul et Amsterdam, suivies d'une description des mollusques testacés de ces deux ilesChapitre 16 sur 38 · PAT · texte numérisé non relu

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sente des tours beaucoup plus étroits que les autres, ce qui donne à la coquille l'apparence d’un buccin : cette variété est celle qui s'éloigne le plus du type, c’est en même temps la seule qui soit un peu colorée; elle se confond alors, surtout quand elle est jeune, avec l'espèce suivante, ©. Magellani, avec laquelle elle se trouve, du reste, dans l’intérieur du cratère de l’île Saint-Paul, tandis que le type de l'espèce’et ses autres variétés se tiennent toujours à l'extérieur et ne dépassent jamais l'extrémité des deux jetées.

Je prie M. Dumas,’ secrétaire perpétuel, président de la Commission du passage de Vénus, de vouloir bien me permettre d’attacher son nom à cette jolie espèce, une des plus importantes et des plus caractéristiques de la faune de Saint-Paul.

9. Purpura Magellani, C. V., pl. IE, fig. 8-9 et 10-11. — Comptes rendus de l’Académie des sciences, 24 juillet 1876.

Coquille épaisse, turriculée, bucciniforme et plus ou moins allongée, d’un violet généralement grisàtre, marquée parfois de taches brunes, très-accusées vers le sommet; spire élevée, composée de huit tours croissant régulièrement et en général assez convexes ; les deux premiers, embryonnaires, ordinairement lisses et le plus souvent brisés dans l’adulte ; le troisième et le quatrième, présentant des côtes transversales assez accusées, qui s’effacent plus ou moins sur le cinquième tour et qui tendent à disparaître presque complétement sur le dernier; dernier tour très-grand, élevé, portant : 4° à sa base de cinq à six côtes longitudinales assez larges et surbaissées, séparées chacune par une petite côte longitudinale, semblable à celles des tours précédents, mais plus étroite ; 2° à sa partie supérieure, douze à quatorze autres côtes assez larges entre lesquelles n'apparaissent plus en général les petites côtes signalées plus bas ; 3° du côté opposé à l'ouverture et contre le bord libre, un bourrelet transverse, obtus, plus ou moins accusé, quelquefois nul; bord collumellaire arqué, légèrement évidé vers son milieu et présentant quelquefois à sa base, près du bord libre, une petite callosité, simulant une dent ou un pli surbaissé rudimentaire ; canal courbe, bien accusé ; bord libre, tranchant, s’épaississant à l’intérieur, où il présente des petits plis, assez marqués vers leur extrémité, qui s’enfoncent assez profondément dans l'intérieur du dernier tour.

Hauteur : 35 millimètres ; diamètre : 18 millimètres.

Habitat. — Yes Saint-Paul et Amsterdam; sous les pierres de la zone littorale.

Observations. — Cette espèce assez voisine du Purpura Walbergi, Krauss (S#d. Moll., p. 118, pl. 6, fig. 15), qui habite le Cap, en diffère par son ouverture plus allongée, son mode d’ornementation et surtout par sa base élargie, et non rétrécie en un Canal court, comme dans l'espèce sud-africaine ; elle est en même temps moins ventrue.

Elle présente quelques modifications peu importantes, mais qu’il est bon cependant de noter ; ainsi, chez certains individus, les côtes transverses des premiers tours persistent assez longtemps. Le pli columellaire que j'ai signalé, de même que les bourrelets près de l'ouverture, n'existent pas chez tous et ne se montrent même que sur les échantillons tout à fait adultes.

Ces Pourpres sont aussi abondants à l'extérieur qu’à l’intérieur du cratère, mais en général il est toujours facile de distinguer les exemplaires qui proviennent de l’une ou l’autre de ces deux stations; ceux du cratère sont plus colorés et de forme plus élancée, leur bord libre est mince et tranchant et les tours embryonnaires presque toujours visibles (fig. 8-9). C’est au contraire sur la côte extérieure que se rencontrent les individus à test épaissi, portant tous un bord libre, calleux, marqué intérieurement de bourrelets et de plis (fig. 10-14). Sur la côte nord-est d'Amsterdam, ils présentent ces derniers caractères d’une facon pour ainsi dire exagérée, mais ils m'ont paru moins nombreux qu'à Saint-Paul, à l'inverse du P. Dumasr, qui se trouve au contraire presque sur toutes les roches.

Je dois encore faire remarquer, en terminant, que cette espèce paraît se rapprocher par certains caractères des Muricides et notamment des genres Pisania, Bivon, ou £uthria, Gray, mais les caractères tirés de la dentition et celui de l’opercule sont exactement ceux des Pourpres.

GENRE MAGILINA, C. V. 1870.

Coquille embryonnaire, libre, petite, mince et transparente ; surface lisse et brillante ; coloration d’un brun rouge foncé; spire non saillante formée par un seul tour, plus large que haut, rendu subgibbeux par une légère compression, une faible coudure ayant lieu dans le sens du plan de l'ouverture. Ouverture grande, ovalaire. Bord libre, très-fortement arqué et sinueux, se prolongeant en rostre.

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Bord columellaire simple et arqué. Péristome fortement sinueux, donnant naissance à un tube irrégulier qui s’épaissit assez rapidement.

Coqguille adulte, formant un tube subcirculaire ; très-irrégulièrement enroulé et fixé aux corps sous-marins par une surface plus ou moins considérable; la partie supérieure de ce tube pouvant quelquefois se détacher et se redresser ; incolore ou légèrement grisàtre ; ouverture plus ou moins ovalaire ; péristome simple et sinueux.

Distribution. — Jusqu'ici je ne connais que deux espèces qui appartiennent à ce nouveau genre. La première, qui est décrite ciaprès, est très-répandue autour des deux îles par les fonds de 50 à 80 mètres, La seconde, qui a été découverte par M. Munier-Chalmas, dans les faluns de Gaas, vivait dans les mers du miocène inférieur.

Rapports et différences. — Les Magilina, par la forme et la structure de leur test, se rapprochent des Magiles, malgré la grande différence de leurs tailles respectives.

Ces derniers, comme on sait, vivent dans l’intérieur de certains coraux. Ce caractère les éloigne des Magilina, qui présentent toujours une surface d'adhérence plus ou moins considérable et vivent fixés, comme les Serpulorbis et les Vermets, à la surface des corps sousmarins. Enfin, parmi les particularités qui les distingue encore des Magiles, je dois citer surtout la forme de leur coquille embryonnaire qui est tout à fait caractéristique.

Malgré tous nos soins, il nous a été impossible de nous procurer l'animal des Magilina, qui devait posséder un opercule voisin de celui des Magiles.

Je dois ici faire remarquer que très-probablement on découvrira par la suite, dans les mers actuelles et dans les dépôts tertiaires, d’autres espèces du même genre qui doivent avoir été jusqu'à présent confondues avec des Serpules. Si l’on ne possède, en effet, ou si l’on ne remarque pas les coquilles embryonnaires, il est presque impossible de distinguer le long tube qui termine cette coquille dans l’adulte de celui d'une de ces annélides.

10. Magilina serpuliformis, €. V., pl. I, fig, 167. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 4876.

Coquille embryonnaire, très-petite, fortement colorée en brun rouge, assez intense, mince et brillante (fig. 17, a-b).

Coquille adulte, d'un blanc grisàtre, épaisse, de petite taille et trèsirrégulièrement enroulée ; tube devenant libre et redressé à sa partie supérieure sur une longueur souvent assez considérable, par rapport à la dimension générale de l'espèce ; test orné extérieurement de plis ou de rides d’accroissement transverses, bien accusés ; ouverture ovalaire ou subcireulaire; péristome fortement sinueux (fig. 16).

Coquille embryonnaire : hauteur, un quart de millimètre; diamètre, 4 millimètre.

Coquille adulte : hauteur, 3 à 4 millimètres; diamètre, { millimètre un quart.

Habitat. — Iles Saint-Paul et Amsterdam. Cette espèce se trouve en abondance extrême avec une foule de petits Lamellibranches appartenant aux genres T'urquetia et Hochstetteria, par les fonds de 50 à 80 mètres autour de l’île Saint-Paul et surtout près du banc Roure, dans l’est du cratère. Dans les nombreux draguages que nous avons faits dans l'intérieur du cratère, nous n'en avons jamais ramené que des fragments et encore peu nombreux. On la retrouve à Amsterdam dans la même situation qu'à Saint-Paul : les coups de sonde donnés sur le Fernand, à quelques encäblures de la côte dans le sud-ouest, nous en ont fourni quelques exemplaires, et dans les sables rejetés par la mer au milieu des galets de la chaussée des Otaries, ils sont très-nombreux.

GENRE PLEUROTOMA, LAMARCK.

SOUS-GENRE LACHESIS, RISSO.

41. Lachesis Turqueli, C. V., pl. IL, fig. 18-19. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.

Coquille fusiforme, petite, assez étroite, d’un brun jaunâtre assez uniforme ; spire composée de cinq tours peu convexes, Croissant assez rapidement ; le dernier tour occupant environ les deux tiers de la hauteur totale de la spire; test orné de côtes assez larges, courbes, régulières, séparées par des intervalles assez profonds et croisés par des sillons longitudinaux, également espacés et bien accusés ; suture très-peu profonde; ouverture ovale, allongée, assez étroite ; canal largement ouvert et court; bord libre, légèrement épaissi et simulant une fausse troncature à sa jonction avec le bord columellaire sensiblement droit et simple.

Hauteur : 4 millimètres un quart ; diamètre : 2 millimètres,

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