Persicula Crossei, C. V., pl. IL, fig
Coquille mince, subconique, plus étroite à sa partie antérieure qu'à sa base ; spire à peine saillante et peu visible, composée de trois tours très-embrassants et croissant très-rapidement ; ouverture assez étroite s’agrandissant régulièrement ; bord libre, presque droit, non tranchant, assez épaissi ; bord columellaire présentant quatre à cinq plis inégaux, le premier plus développé, le cinquième rudimentaire ou nul.
Hauteur : 4 millimètre et demi ; diamètre : trois quarts de millimètre.
Habitat, — À la profondeur de 80 mètres, entre les îles Saint-Paul et Amsterdam.
410 CH. VÉLAIN.
Observations. — Cette nouvelle espèce que je dédie avec plaisir à M. Crosse, le savant directeur du Journal de Conchyliologie, se distingue nettement des deux précédentes, par la forme de son bord libre et de sa columelle.
GENRE CHEMNITZIA, D'ORBIGNY.
SOUS-GENRE TURBONILLA, RISSO.
45. Turbonilla (Chemnilzia), scalaris, C. V., pl. UE, fig. 7. — 1877.
Coquille mince, entièrement blanche, très-étroite, allongée et fortement scalariforme. Spire composée de huit tours. Les deux premiers embryonnaires, les autres se rétrécissant à leur partie supérieure et présentant une base qui surplombe fortement les tours précédents, portant à leur partie inférieure une petite bande circulaire et étroite qui fait un angle droit avec le reste de leur surface; test orné de côtes saillantes, un peu courbes et régulièrement espacées ; espaces intercostaires assez étroits, profonds, présentant des petits sillons longitudinaux assez rapprochés et réguliers, mais cependant peu marqués; ouverture ovale, arrondie à sa partie supérieure. Columelle simple, arquée; bord libre, légèrement courbé ; coquille embryonnaire senestre et très-mince, ayant une spire peu saillante, composée de deux tours en partie recouverts par le premier tour de la spire adulte.
Hauteur : 3 millimètres un quart; diamètre : 4 millimètre.
Habitat. —TYle Saint-Paul, à la profondeur de 50 à 60 mètres ; assez rare.
16. Turbonilla (Chemnitzia), Disculus. C. V., pl. IE, fig. 8. — Comptes rendus de l’Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille incolore, étroite, allongée, assez épaisse; spire composée de neuftours; les deux premiers embryonnaires, les autres à peu près convexes el faisant légèrement saillie, les uns au-dessus des autres. Surface ornée de côtes ou de plis plus ou moins marqués et lésèrement sinueux; le dernier tour subanguleux et présentant à sa partie supérieure une surface discoïdale, presque lisse, contre laquelle viennent se terminer brusquement les côtes transversales; ouverture subquadrangulaire; columelle droite; bord libre, mince et légèrement sinueux. Coquille embryonnaire, ayant une spire Com-
posée de deux tours, à peine saillants et recouverts par le premier tour de l’adulte.
Hauteur : 3 millimètres ; diamètre : trois quarts de millimètre.
Habitat. — Ile Saint-Paul, dans les vases du fond du cratère. (Nous n'avons pas pu obtenir cette espèce à l’état vivant.)
Observations. — La surface discoïdale tout à fait comparable à celle des Scalaires qui se trouve à la partie supérieure du dernier tour, rend cette espèce tout à fait remarquable et facile à distinguer.
17. Turbonilla (Chemnilzia), Peroni, C. V., pl. IL, fig. 9. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille d’un blanc grisätre, étroite, mince et allongée ; spire composée de sept tours ; le premier, embryonnaire, lisse, les autres élevés, convexes, ornés de rides ou de plis transverses irréguliers, plus ou moins marqués ; ouverture ovale, allongée, arrondie à sa partie supérieure ; columelle simple, peu arquée ; bord libre; légèrement courbe; coquille embryonnaire senestre, à spire non saillante formé par un tour unique, en partie recouvert parle premier tour de l'adulte.
Hauteur :2 millimètres trois quarts; diamètre : trois quarts de
millimètre.
. Habitat. — le Saint-Paul ; quelques exemplaires vivants ont été recueillis dans les sondages à l'extérieur par 65 mètres de fond. Les courants en amènent de nombreuses coquilles mortes dans les fonds vaseux du cratère.
Observations. — En dédiant cette espèce nouvelle au capitaine Peron, je saisis avec plaisir l’occasion de rendre hommage à la mémoire d’un brave officier de la marine marchande française, qui fut lâchement abandonné sur Saint-Paul en 1791, et y vécut misérablement jusqu'en décembre 1793. On lui doit, avec une très-bonne carte, des renseignements précieux sur les animaux qui fréquentaient l'île à cette époque.
Jl règne encore une certaine confusion dans le genre Chemnitzia, d'Orbigny y ayant introduit un certain nombre de Gastéropodes qui appartiennent à des familles bien différentes. Si, à l'exemple de M. de Folin, on admet les deux genres Chemnaitzia et Turbonilla, on doit limiter le premier aux espèces qui sont dépourvues de plis à la columelle. Les trois espèces ci-dessus décrites deviendraient alors des Chemnitzia. ;
412 CH. VÉLAIN.
GENRE TRIFORIS, DESHAYES.
18. Triforis isleanus, C. V., pl. I, fig. 10. — Comples rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille jaunâtre, très-allongée, étroite et turriculée. Spire composée de quatorze ou quinze tours peu élevés, à peine tonvexes, portant trois côtes longitudinales tuberculeuses ; la première, plus étroite el souvent subtuberculeuse ; les deux autres présentant des tubercules opposés, bien développés ; dernier tour à peine plus grand que l’avant-dernier et présentant à sa partie supérieure trois côtes longitudinales, inégales et simples; la dernière étant plus faible que les autres. Ouverture assez surbaissée et presque quadrangulaire ; canal court, presque complétement clos.
Hauteur : 9 millimètres ; diamètre : 2 millimètres un quart.
Habitat. — Recueilli dans les sondages entre les îles Saint-Paul et Amsterdam par 100 mètres de profondeur ; peu abondant.
Observations. — Depuis la création du genre Triphoris par M. Deshayes, le nombre des espèces, soit vivantes, soit fossiles, qu'il renferme, s'est considérablement accru. Aussi faut-il des recherches bibliographiques assez considérables pour arriver à une détermination spécifique exacte. Il n'existe malheureusement aucune monographie du genre, et le seul travail d'ensemble publié à ce sujet, dù à M. Hasper Pease, n’a pas été accompagné de figures, de telle sorte qu'il est souvent difficile de suivre l’auteur dans ses descriptions d’espèces nouvelles, qui sont trop courtes pour rendre une identification possible.
Le Triphoris que je viens de décrire sous le nom d’isleanus appartient au groupe qui renferme actuellement le plus grand nombre d'espèces, ce sont celles qui ne présentent pas ces trois ouvertures, qui servaient autrefois à caractériser le genre : il s'éloigne assez des espèces actuelles, et se rapproche davantage par sa forme générale et par la nature de ses ornements, de celles connues à l’état fossile. Il ne se distingue notamment de deux espèces du Terrain tertiaire parisien (7. minutus el ambiquus, Desh.), que par sa première côte longitudinale, beaucoup plus petite que les deux autres, et qui reste presque toujours subtuberculeuse.
GENRE LACUNA, TURTON.