LAMELLIBRANCHES
GÈNRE HOCHSTETTERIA, C. V., 1877.
Coquille équivalve, inéquilatérale, aviculiforme ou modioliforme, fixée aux corps sous-marins par un byssus ; byssus assez court et passant par une légère fente située près de l'extrémité supérieure du bord palléal antérieur ; bord antérieur et bord postérieur très-inégaux ; le premier beaucoup plus court que le second ; bord palléal, irès-courbe et convexe, présentant, vers sa partie antérieure ou postérieure, des crénelures disposées comme celles des Crenelles ; région cardinale, presque droite et assez large, présentant : 1° sur toute sa surface des petites stries ou des sillons transverses, plus ou moins accusés, assez rapprochés ; 2° une cavité interne, partant des crochets et dirigée plus ou moins obliquement, de droite à gauche; deux impressions musculaires très-inégales ; l’antérieure, très-petite et à peine indiquée, est située à l’extrémité du bord palléal, presque sous le côté antérieur ; l'impression postérieure, qui est mieux développée, se trouve placée sur le bord palléal opposé, bien au-dessous du côté postérieur ; impression palléale simple.
Distribution. — 1 existe aux iles Saint-Paul et Amsterdam trois espèces appartenant à ce genre. L'une d'elles (H. aviculoides) habite exclusivement la zone littorale, les deux autres (H. crenella et modiolina) se tiennent autour des deux îles, à la profondeur de 30 à 45 mètres,
Observations. — Ces trois espèces rappellent par leur forme générale, et surtout par les détails de leur organisation interne, les Avicules, les Mytilus et les Crenelles. Elles possèdent toutes, en effet, un ligament semblable à celui des Avicules, mais la présence de deux impressions musculaires bien nettes les rapproche davantage des Mytilus. C'est donc dans la famille des Mytilidæ qu'il faut placer cette nouvelle coupe générique.
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Hochtetteria aviculoïdes est la seule des trois espèces qui ait été recueillie avec l’animal : elle vit fixée aux corps sous-marins par un byssus assez résistant. Son test est revêtu d'un épiderme brunâtre, qui forme des lamelles concentriques, portant des digitations semblables à celles que l’on peut observer dans deux des genres précités.
L'étude de la disposition relative du ligament chez les IHochstetteria, démontre que dans les espèces qui constituent ce genre, il existe des modifications très-accusées. Ainsi dans 7. Crenella ce ligament est situé dans une cavité triangulaire et médiane située sous les erochets, tandis que dans les deux autres espèces cette cavité tend à devenir de plus en plus étroite et oblique, Malgré ces variations, sa position reste toujours la même : il est toujours logé dans une fossette interne creusée dans la région cardinale, entre le côté antérieur et le côté postérieur. Ce dernier caractère est tout à fait distinetif. Cans les trois genres Awicula, Mytilus et Crenella, qui sont les seuls avec lesquels les Hochstetteria ont quelques rapports, le ligament se trouve toujours placé, en effet, dans une petite cavité étroite, longeant le côté postérieur. En outre de la fossette ligamentaire, chez les Hochstetteria, la région cardinale porte encore un très-grand nombre de petites stries ou de petits sillons transverses qui ne se voient qu'à un fort grossissement; ces sillons contribuent à donner au mode d’articulation des valves une grande solidité.
Ce genre est jusqu'à présent tout à fait spécial au petit groupe des îles Saint-Paul et Amsterdam, il y est des plus abondants. En lui donnant le nom de M. Ferdinand de Hochstetter, j'ai voulu rappeler que les premières notions précises sur ces deux îles désertes, sont dues à ce voyageur courageux et à ce savant géologue.
42. Hochstetteria aviculoides, C. V., pl. V, fig. 3-4, — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille aviculiforme, assez épaisse et très-inéquilatérale, d'un brun jaunâtre peu foncé; crochets peu saillants et sensiblement terminaux ; bord droit et bord gauche formant chacun, avec le bord palléal, un angle très-accusé, Epiderme épais, donnant lieu à de petites côtes transversales, subrayonnantes, partant des crochets et croisées par de petites lamelles concentriques, étroites, qui présentent dans leur intersection avec ces dernières de petites expansions plus ou moins dentiformes; région cardinale assez épaisse, droite, présentant quelques petits sillons ou des stries transverses peu accu-
sées ; cavité Cardinale triangulaire, située très-près du bord drait et formant un triangle oblique ; bord antérieur très-court; bord postérieur beaucoup plus développé; bord palléal présentant seulement à l’extérieur, et à sa jonction avec le bord postérieur, trois ou quatre petites crénulations. |
Diamètre antero-postérieur : 2 millimètres et demi ; diamètre umbono-marginal : 3 millimètres ; épaisseur des deux valves : { millimètre.
Habitat. — Te Saint-Paul; cette espèce, très-abondante dans toute la zone littorale du cratère, se fixe par son byssus au pied des algues, sous les pierres et surtout autour des bryozoaires arborescents (Bugula); elle aime à se cacher et souvent comme sa teinte brunâtre se confond avec celle des roches sur lesquelles elle se trouve, on la remarque difficilement.
43. Hochstelteria modiolina, C. V., pl. V, fig. 7-8. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille blanche, modioliforme, très-inéquilatérale; crochets peu saillants, subterminaux ; épiderme inconnu ; surface lisse ou finement costellée ; bord postérieur très-court, faisant un angle très-accusé avec le bord palléal ; bord antérieur arrondi et déclive; région cardinale oblique assez épaisse, présentant de petits sillons transverses, plus ou moins accusés ; cavité du ligament étroite et fortement oblique ; bord palléal, quelquefois légèrement sinueux vers sa partie antérieure, et présentant seulement sur sa partie postérieure deux ou trois crénelures assez accusées,
Diamètre antéro-postérieur : 4 millimètre trois quarts; diamètre umbono-marginal : 2 millimètres et demi ; épaisseur des deux valves : trois quarts de millimètre.
Habitat. — Ye Saint-Paul ; au-delà du banc Roure, par les fonds de 35 mètres. Entre les roches de la chaussée des Otaries à Amsterdam, on en trouve de nombreuses coquilles roulées,
Observations. — L'obliquité du ligament et la forme oblongue du test, rendent cette petite espèce facilement distincte.
44. Hochstelteria crenella, C, V., pl. V, fig. 5-6. — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille modioliforme, inéquilatérale, d’un rose carmin assez intense ; crochets subterminaux e& un peu plus saillants que dans les
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deux autres espèces ; épiderme inconnu; bord antérieur un peu plus grand que dans l’Æ. modiolina et légèrement arrondi à sa jonction avec le bord palléal ; bord postérieur presque droit et très-développé ; région cardinale très-oblique et présentant de nombreux petits sillons transverses ; cavité cardinale régulièrement triangulaire, non oblique et située directement sous les crochets; bord palléal présentant : {° vers sa partie postérieure cinq à six crénelures qui vont en diminuant sensiblement de bas en haut; 2° vers sa partie antérieure, trois ou quatre crénelures semblables aux autres ; impression palléale bien développée et semi-lunaire, mais peu marquée.
Diamètre antéro-postérieur : { millimètre ; diamètre umbono-marginal : 4 millimètre et demi; épaisseur des deux valves : un demimillimètre.
Habitat. — Yes Saint-Paul et Amsterdam (même habitat que 4. modiolina).
Observations. — Cette espèce se distingue nettement des deux précédentes par sa forme particulière et surtout par la disposition de ses crénelures qui sont placées sur le côté interne et postérieur du bord palléal, comme dans beaucoup de Crenelles.
GENRE ROCHEFORTIA, C. V. 1876.
Coquille assez épaisse, transverse, inéquivalve, inéquilatérale ; surface externe munie d'un épiderme simple; crochets peu saillants, non proéminents et submédians ; valve droite présentant à l'intérieur : 4° une cavité ligamentaire triangulaire, située directement sous le crochet et peu oblique, montrant à sa partie supérieure une sorte de petite dent rejetée contre la dent latérale antérieure ; 2 deux dents latérales inégales présentant entre elles et le bord des valves, deux cavités longitudinales, étroites, destinées à loger les deux dents latérales, situées sur la valve opposée; valve gauche portant : 1° une cavité ligamentaire, triangulaire, située entre deux dents cardinales, divergentes, un peu inégales ; 2 deux petites cavités, plus ou moins trigones, séparant les dents cardinales et les dents latérales ; 3° deux dents latérales marginales peu saillantes, la dent antérieure plus longue que la dent postérieure ; impression palléale simple et assez large ; deux impressions musculaires presque égales et assez fortes, opposées, à peu près comme celles des Crassatelles.
Distribution. — Ne Saint-Paul ; zone littorale ; une seule espèce.
LA FAUNE DES ILES SAINT-PAUL ET AMSTERDAM. 133 Observations. — J'ai dédié ce nouveau genre à mon ami M. le docteur Rochefort, qui s'est attaché d’une facon toute spéciale pendant toute la durée de notre séjour à la recherche et à l’étude des animaux marins ; 1l est facile de voir que par la position de sa cavité ligamentaire, il se rapproche de ceux dont le ligament est interne ; mais parmi ces derniers, le genre Crassatella seul présente avec lui quelque analogie lointaine. La disposition et le nombre des dents cardinales exclut, en effet, tout rapprochement avec les Wontacuta, Erycina, Tellimya, Scintilla, ete. H règne, du reste, parmi tous ces petits genres une assez grande confusion : dans les Scintilla, par exemple, un grand nombre d'espèces dont le ligament est externe, doivent se ranger dans les Sportelles.
45, Rochefortia australis, C. V., pl. V, fig. 9-11, — Comptes rendus de l'Académie des sciences, 24 juillet 4876.
Coquille subtrigone, crassatelliforme, transverse, presque équivalve; valves inéquilatérales et peu convexes ; test assez épais, recouvert d'un épiderme brun verdâtre ; surface présentant des stries concentriques d’accroissement, plus ou moins visibles et irrégulièrement marquées ; impression palléale, assez large, située assez loin du bord des valves; impressions musculaires très-accusées ; l’impression postérieure plus accusée que l’antérieure ; tous les autres caractères conformes à la description générique.
Diamètre antéro-postérieur : 3 millimètres ; diamètre umbono-marginal : 2 millimètres ; épaisseur des deux valves : 4 millimètre.
Habitat. — Ve Saint-Paul; sous les racines des algues, dans l'intérieur du cratère et notamment à l'extrémité de la jetée du Nord entre le niveau des hautes et basses eaux.
Observations. — Cette espèce présente quelques variations dans sa forme générale ; certains individus sont plus courts, d’autres plus étroits et moins trigones ; d’autres présentent à leur surface quelques stries d'accroissement plus fortes les unes que les autres.
GENRE ERYCINA.
46. Erycina Veneris. C. V., pl. V, fig. 12-14. Syn. : Erycina alba, C. V. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille blanche, épaisse, brillante, presque équilatérale et sensiblement aussi haute que large; surface extérieure, lisse, ne portant
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que des siries à peine indiquées ou même nulles; valve gauche présentant à l'intérieur deux dents cardinales latérales, saillantes et presque égales, la dent postérieure un peu plus haute que l'antérieure ; valve droite munie également de deux dents cardinales, bien développées, qui viennent s’insérer dans deux fossettes longitudinales, situées derrière les dents latérales de la valve opposée ; ligament interne s'insérant dans une dépression transverse, triangulaire, médiane et assez profonde ; impression palléale, simple, bien marquée et située assez loin du bord externe ; impressions musculaires assez profondément imprimées.
Diamètre antéro-postérieur : 3 millimètres et demi ; diamètre umbono-marginal : 2 millimètres trois quarts; épaisseur des deux valves : 2 millimètres.
Habitat, — Très-abondante dans le nord de l'ile Saint-Paul, à la profondeur de 80 mètres; se trouve encore, mais plus rarement, par les fonds de 35 mètres.
Observations. — Dans la première liste que j'ai donnée des mollusques testacés de l’île Saint-Paul (C. rendus, séance du 24 juillet 1876), j'avais désigné cette espèce sous le nom de £rycinn alba, mais ce nom ayant été employé antérieurement par Lamarck, pour une espèce toute différente, j'ai dû lui en assigner un autre.
GENRE TURQUETIA, C. V., 1876.
Coquille mince, transverse, équivalve et très-inéquilatérale ; crochets peu saillants ; côté antérieur bien développé; côté postérieur très-court et subtronqué ; charnière étroite et peu développée; valve droite présentant : 1° une seule dent cardinale rudimentaire et arrondie ; 2° une cavité ligamentaire, interne, allongée, très-étroite, ereusée dans l'épaisseur du bord postérieur et située au-dessous de la dent cardinale; valve gauche portant : 4° une seule dent cardinale très-courte, en avant de laquelle se montre une dépression plus ou moins profonde, destinée à loger la dent cardinale de la valve opposée ; 2° une cavité ligamentaire semblable à la précédente; ligament interne étroit et allongé ; deux impressions musculaires médiocres, à peine visibles; impression palléale simple et très-peu accusée.
Distribution. — Yes Saint-Paul et Amsterdam ; une seule espèce.
Observations. — Les Turquetia appartiennent encore à ces genres peu connus dont j'ai parlé à propos des Æochefortia; la position du ligament logé dans une fossette allongée et étroite, placée sur le bord postérieur, semble les rapprocher des Erycinidés, mais la forme du crochet et la disposition des dents cardinales les en éloignent. Je dois faire remarquer en outre que dans ce nouveau genre, que je suis heureux de dédier à mon ami M. Turquet, capitaine de frégate, le côté postérieur est de beaucoup plus court que le côté antérieur ; c'est généralement le cas inverse chez les Acéphales,
47. Turquelia fragilis, C. V., pl. V, fig. 15-17. 1876. — Comptes rendus de l’Académie des sciences, 24 juillet 1876.
Coquille blanche ou légèrement jaunâtre, assez convexe, trèsinéquilatérale ; côté antérieur allongé et assez régulièrement arrondi ; côté postérieur très-court, présentant deux plis transverses, peu accusés, correspondant aux deux légères sinuosités du bord postérieur ; surface présentant des stries d’accroissement inégalement marquées et en général peu accusées, Les autres caractères conformes à ceux de la description générique.
Diamètre antéro-postérieur : 2 millimètres trois quarts; diamètre umbono-marginal : { millimètre trois quarts ; épaisseur : trois quarts de millimètre.
Habitat. — le Saint-Paul ; très-abondante dans les sables, à la profondeur de 45 à 65 mètres, en face de la jetée du Sud. Quelques valves isolées au milieu des galets, sur la côte de l’île Amsterdam.
Observations. — Cette espèce, très-abondante, varie beaucoup de taille ; son caractère le plus apparent réside dans l’allongement trèsmarqué de son côté antérieur.
GENRE LASÆA, BROWN.
48. Lasæa rubra, Montagu, Syn, : Cardium rubrum, Montagu, Test. Brit., {, p. 83, 1803? — Lasæz rubra, Forbes et Hanley, Brit. Molls pl. XXXVI, kg. 5 et 7. — Lasæa rubra, Jeffreys, Brit. Conch., pl. XXXII, fig. 1... etc.
Cette petite espèce, qui se trouve dans toutes les mers d'Europe, dans l'Atlantique (Forbes el Hanley), dans les mers du Japon (Carpenter), dans le Pacifique (Carpenter), au détroit de Magellan (Philippi), au sud de l'Afrique (Bornia seminulum, Krauss, Sudaf. Moll.,