‹ Remarques sur les oiseaux fossilesChapitre 4 sur 21 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ORNITHOLITHES DES FORMATIONS TERTIAIRES MOYENNES ET SUPÉRIEURES D'EUROPE.

Le nombre en est considérable, surtout pour les Osteornis, et cependant on n’en a pas encore de tous les étages tertiaires. Quelques gisements riches en mammifères terrestres n’en ont fourni aucune trace, et dans les dépôts marins ils sont d’une grande rareté. L’étage inférieur des calcaires grossiers et des argiles en manque complétement, du moins dans l’état actuel de nos connaissances; on ne peut cn effet supposer que les oiseaux aient manqué à l’époque de leur formation. Les gypses des environs de Paris et les dépôts tertiaires de l’Auvergne en ont au contraire fourni de très nombreux et de très caractéristiques, aussi commençonsnous par les ornitholithes de ces deux localités.

C’est dans des formations tertiaires seulement qu'on a recueilli des œufs et des plumes fossiles d'oiseaux.

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Ornitholithes des gypses de Paris et des autres formations aux environs de cette ville.

Ils sont tous à l’état osseux et par conséquent de la catégorie des Osteornis. |

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. Lamanon, qui fut une des victimes de l’expédition de Lapeyrouse, a fait connaître le premier, en 1782 (1), des os d'oiseaux enfouis dans lesgypses de Montmartre et sans indiquer de quelle espèce ils provenaient ; maisil a parfaitement reconnu leur nature ornithologique. Un second exemplaire fut signalé en 1786 par Pierre Camper (2); il consistait en un pied.

Peu de temps après, G. Cuvier en communiqua un autre à l’Institut : il provenait de Clignancourt(3). De La Metherie a publié, dans le même recueil, une notice sur un quatrième ornitholithe de Montmartre, et deux autres personnes, MM. Goret et Burtin, redigèrent, au sujet du même morceau, leur {Votice sur un oiseau fossile incrusté dans Le gypse et trouvé à M ontmartre, notice dont le premier présenta à l’administration du Muséum, dans sa séance du 1° prairial de la même annéeune copie manuserite que l’on conserve à la bibliothèque de cet établissement. Deuxautrespersonnes, MM. Baillet et Traullé, et plustard G. Cuvier, constatèrent aussi sur la pièce elle-même, et sur une seconde qui était également entre les mains d'un graveur d’Abbeville, nommé Élluin, que c’étaient bien des ornitholithes.

Il y avait donc, dès 1800, ainsi que le dit Cuvier, cinq morceaux bien différents indiquant la présence d'oiseaux fossiles dans nos platrières :

Celui de Lamanon, qui appartenait à Darcet;

Celui de Pierre Camper, dont le fils de ce célèbre naturaliste a depuis lors envoyé un dessin à la Société philomatique de Paris;

(1) Journal de physique. T. 19, p. 175.

(2) Transactions philosophiques pour 1786 et Bull. Soc. philom, an VIII, p. 141. (3) Journ de Physique, T. 51, p. 128. avec une note de Delamétherie , p. 132.

Déux appartenant au graveur Elluin ;

Et celui de G. Cuvier, trouvé à Clignancoufrt ;

Tous cinq de la commune de Montmartre.

Depuis lors on en a rencontré beaucoup d’autres, et G. Cuvier en a fait le sujet d’un chapitre spécial de ses Ossements fossiles.

Dans l'édition de 1825 il en traite avec quelques détails, et comme les pieds sont plus fréquents qu'aucune autre partie; qu’ils indiquent dans plusieurs cas l’ordre auquel l'animal dont ils proviennent appartenaient, et que leurs proportions peuvent toujours conduire à quelques résultats pour la numération des espèces de ces Osteornis, c’est essentiellement d’après les pieds qu’il s’est guidé dans ce travail.

Sans prétendre arriver par les pieds seuls à la diagnose méthodique des espèces, il en reconnaît neuf, indiquées par eux, et qu'il range comme il suit, d’après leur grandeur:

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