ANOMALIES FLORALES DES ÉLÉAGNÉES
avec deux carpelles latéraux provenant des étamines qui correspondent aux intervalles des deux pièces du périanlhe; les autres étamines s’atrophiant d’une façon complète ou se réduisant parfois à un sac courtementpédiculé et contenant des grains de pollen mal nourris.
Ce développement inégal des étamines en carpelles s’explique facilement par l’étude des pressions qui résultent de la présence anormale du carpelle central.
En effet, la Heur mâle qui se modifie ainsi pour donner une fleur femelle ne reste point largement ouverte : les deux pièces de son périanlhe s’allongent et se soudent en un tube étroit et aplati où les organes reproducteurs sont comprimés, et tout particulièrement ceux qui sont opposés aux pièces de l’enveloppe florale : d’où leur atrophie. La fleur male a alors l’aspect d’une fleur femelle, dont elle diffère pourtant à première vue par la présence de plusieurs stigmates (généralement trois).
Lorsque la fleur male devient simplement hermaphrodite, les pièces du périanthe restent bien séparées et le type mâle demeure bien accentué, soit dans l’aspect général de la fleur, soit dans ses productions, car la fleur donne un pollen bien constitué, et les
carpelles n’arrivent jamais à complet développement.
D’une façon générale, les carpelles provenant d’une modification d’étamines restent ouverts et leur ovule ne se développe pas, bien qu’il paraisse très souvent de constitution normale.
Au contraire, le carpelle central supplémentaire se referme presque toujours entièrement et son ovule peut arriver à complet développement. En effet, il n’est pas rare de trouver, sur des plantes mâles, des fruits rappelant tout à fait les fruits normaux.
Ces anomalies se rencontrent surtout et assez fréquemment à l’extrémité des rameaux des plantes jeunes et bien nourries, et elles se rapprochent d’autant plus du type femelle qu’elles sont plus voisines et du sommet de l’inllorescence et de la pointe du
rameau.
On a pu en compter jusqu’à une dizaine par rameau sur une jeune plante, alors qu’on les rencontre difficilement et toujours en petit nombre sur les plantes âgées. Se produirait-il avec 1 âge une différenciation progressive dans la sexualité'? L’abondance de la nourriture provoquerait-elle une dégénérescence du type mâle et le ramènerait-elle au tvpe hermaphrodite primitif? Pourrait-on