‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 16 sur 37 · LXX1X · texte numérisé non relu

LXX1X

Faute de connoitre les deux médailles portant les datés BA‘1>. et €A4>. on avoit cru, comme je l’ai déjà observé, qu’Inintbiméjrus n'avoit regué que peudanl une seule anuée. Cette erreur paroissoit être appuyée par une médaille de Rhescuporis V. l’unique de ce roi , portant la date AAî>. 53l. laquelle sembloit prouver que Rhescuporis V . avoit remplacé iuinthiméj'us sur le trône. Les époques

que je viens d’indiquer détruisent cet ordre de succession, et démontrent que dans l’année 53 1 Ininlhiméyus et Rhescuporis V. ont occupé le trône du Bosphore et qu’Ininthiméyus à régné au moins jusqu'en 535. Je prouverai dan» une autre occasion que la conjecture de quelques amateurs en numismatique , par laquelle la médaille portant la date CAO doit appartenir à un Ininthiméyus 11. n'est pas fondée.

Jusqu'à présent les antiquaires, comme Eckhel, Mionnet et Visconti , avoient attribué les médailles portant les dates AAO et rAO à un seul Rhescuporis. J’observe que non seulement la durée du régne d'iuinlhiméyus constatée par des médailles, mais aussi la différence des traits du visage et de la fabrique , mettent en évidence que la médaille marquée de l'an AAO cl celle de l’an ?AO, ainsi que les suivantes , appartiennent à deux princes, dont le premier est Rhescuporis V. l'autre Rhescuporis VI. successeur immédiat d’Ininthiméyus.

M. Mionnet avoit très bien soupçonné que la série des médailles attribuées à Colys III. prédécesseur d'iuinthiméyus, devoit être partagée sous deux rois du même nom. Visconti adopta cette conjecture, à laquelle probablement a donné lieu la découverte d’un contemporain du dernier Cotys , mais il l’a fait sans nommer M. Mionnet. Ayant sous les yeux des médailles des règnes de ces deux Cotys que ne connoissoient pas les auteurs cités, je donnerai quelques éclaircissemens sur cette découverte.

M. Mionnet, suivi en tout par Visconti, auroit mieux fait de rapporter l’an ZK4>. 5»7. à Cotys III. puisque sur cette médaille on trouve absolument la même physionomie que sur celles des années précédentes du même Cotys. Ce n’est qu’avec la médaille de l'année suivante HK‘1». 5u8. que doit commencer le règne de Cotys IV. parce que cette pièce, aussi bien que celles avec les dates WK<I>. 539 . et A<1>. 53o. 'sont d'une fabrique toute différente et présentent un autre portrait. Ces trois dernières dates appartiennent donc certainement à un autre roi, à Cotys IV.

J'ai remarque que le nom du roi dont M. RR. a donné des médailles, doit être écrit iNINtJlMhïOL. Si on trouve sur quelques médailles IMM01MHOC et INlNfc)lM€OC , ce ne sont que des exceptions & la règle.

On rencontre plusieurs erreurs dans tout ce que l’auteur remarque sur deux autres médailles d'ininthiméy us. 11 dit de la première, pl. IV. m. a. p. 106: ,, qu’elle présente sur la face principale , deux figures opposées l’une à l'autre" ; on ignore pourquoi le texte ne porte pas plutôt bustes que Jigures } „la première", ajoute M. Raoul- Rochette , ,, représente indubitablement Ininlhimévus j et la seconde , tournée à gauche , est probablement le por« trait de la reine son épouse, reconnoissable au long voile, dont sa tète est couverte". A la même page, M. RR. dit encore : „elle porte également sur la tête un ornement semblable au inodius particularité qui peut sembler étrauge , et que nous ne saurions ni rejeter ni expliquer avec certitude, dans l'ignorance où nous sommes de l’histoire et du caractère de ces princes , si peu connus , du Bosphore* ‘.

Mais ce n’est pas la tête de l’épouse d’ininthiméju» que l'ou voit sur ce revers. C’est le buste barbu de Sérapi», ayant de lougs cheveux qui lui tombent sur les épaules, et le boisseau ou modius. Sur aucune des médailles

* de ce roi qui ont deux têtes affrontées pour avers, on ne trouve celle d’une femme. Plus de dix exemplaire» de differentes grandeurs que j'ai de cette médaille , tou» de très -belle conservation, le prouvent indubitablement. Sur une de ces médailles, le buste qui porte le boisseau est sans barbe j malgré cela c’est Sérapis, puisqu’ Ininthiméyus , toujours figuré à grande barbe , y paroit aussi

• imberbe , et ce n’est que par la mal-adresse du graveur que ces deux personnages paroissent sans barbe. C'étoit

• au reste par erreur que M. RR. croyoit que l'épouse du roi pouvoit être représentée avec un modius, attribut qui ne convient qu'aux divinités. Comment pourroit-on imagi-

uer que la reine du Bosphore eut trouvé convenable de charger sa tête de ce symbole sacré?

Si le mauvais dessin que lui avoit communiqué son correspondant n'avoit pas permis k M. Raoul-Rochette, do porter avec exactitude un jugement sur cette prétendue tête de femme dont il a été question, on est étouné qu’une autre médaille décrite p. .09 -no. et dont l'avers n’est pas mal conservé , médaille qui se trouve d’ailleurs au cabinet de Paris, ne l’ait pas désabusé. M. RR. nous dit de son avers qu'il offre „deux têtes affrontées représentant , l'une l’effigie du prince au coin duquel elle fut frappee , l’autre une femme voilée , la tête surmontée du modius“. C'est une opinion erronée qu'avoient adoptée - Pellenn, (p. no-iu, note 40 et Cary. Comparant le souffre de la collection de M. Mionnet avec les gravures infidèles qu’en ont données Pellerin, Cary, et M. RR. p l. ly. m . 3. il ne reste pas le moindre doute que ce soit la tête barbue de Sérapis qui est posée en regard de celle du roi.

C’est ce qu avoit déjà vu l'exact observateur M. Mionnet.

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