‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 23 sur 37 · CX · texte numérisé non relu

CX

La médaille de Cotys l’Aspurgiaia et celle du catalogue de M. Gallera font dire à l’auteur des antiquités du Bosphore, p. 1 35 : ,, qu’il résulteroit du monogramme B AK, qu’on ne peut interpréter autrement que par ( monnoie ) du roi Cotys, que le Rhescuporis, fondateur de cette dynastie du Bosphore, auroit eu pour associé à l’empire Cotys, probablement son frère, le même qui auroit porté le surnom d’ VUlOTPrOr , sans doute parce que ses succès contre les Aspurgiains auroient, en délivrant le Bosphore de l'invasion ou des hostilités de ce peuple barbare , affermi le sceptre dans ses mains et dans celles de Rhescuporis“. Mais j’ai démontré :

1) que les médailles de T. J. Rhescuporis et de T. J. Sauroniatès n’ont pas pu servir à M. 11 R. pour appuyer son hypothèse concernant l'origine de la nouvelle dynastie sauromate au Bosphore. J’ai prouvé en outre :

a) que le roi Rhescuporis, nommé dans une ancienne inscription père de T. J. Sauromatès , n’a jamais régné sur le Bosphore , et qu’il ne peut non plus être le même prince que T. J. Rhescuporis, contemporain de Tibère j 3 que la médaille de Cotys l'Aspurgiain est de Cotys I. frère de Milhradate ; et

4) que celle qui a été empruntée d'un catalogue de Théodosie ne constate pas l’existence d’un Cotys associé

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de Rhescuporis dans l'empire , puisqu’elle n’a jamais pu exister.

Ainsi on ne peut s’empêcher de conclure que tonte cette hypothèse est renversée. Je dirai encore dans l’appendice quelques mots sur l’impossibilité d’admettre les explications de M. RR. p. 117-118. pour concilier les règnes des fondateurs supposés de sa nouvelle dynastie.

CXU.

En établissant son hypothèse, M. Raoul-Rochette avoit remarqué, p. » 1 8 : „qu'elle étoit attestée par des médailles inédites et très- remarquables'* ; ce sont celles de T. J. Rhescuporis, et de T. J. Sauromatès que l’auteur désigne ainsi. Mais on doit observer que , vu l'inexactitude des descriptions, l'insuffisance de leurs explications et l’infidélité des gravures que nous a données M. Raoul - Rochette, ces médailles appartiennent encore au nombre des inédites. L'auteur voulant ensuite, p. tua. communiquer è ses lecteurs la médaille de Cotys 1 . et celle de M, dallera , leur dit : ,, c’est encore au moyen de monumena

inédits, et de la plus parfaite conservation, comme de la plus haute autorité , que j’établirai mon opinion". Les lecteurs ne seront pas de l’avis de M. RR. puisque la médaille de Cotys n’est pas inédite, et qu’elle a été décrite depuis long-tems par Hardouin ; quant & celle de M. Collera, ils ne conviendront pas qu'elle soit de la plus haut* autorité. Ils n’ad mettront pas non plus sa parfaite conservation. Au reste, il n'y a pas de doute que cette dernière pièce ne reste toujours ensévelie dans le nombre des monument obscurs et inédits.

Il est en vérité curieux que M. RR , après avoir critiqué Cary, Eckhel, et principalement Visconli, de ce qu'ils ont attribué à T. J. Sauromatès une médaille qui, d’après l’indication trouvée dans un exemplaire mieux conservé , est reconnue pour être de Cotys ; et après avoir prouvé avec très peu de peine que l’hypothèse d’une nouvelle dynastie aspurgiaine, proposée par Viscouti, est sans fondement j il est étonnant, dis -je, que M. RR. ait été en-

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traîné, par cette fatale monnoie, à hazarder de» opinions beaucoup plus légères encore que celles de ses prédécesseurs.

L’auteur en nous assurant encore une fois, p. i4i-t45. note i: „que c’est d’après des monumens indubitables, qu'il a établi l’existence de Rliescuporis 1. et de Cotys I. comme rois du Bosphore 1 '; annonce un nouvel appui à son opinion, et il croit l'avoir trouvé dans deux médailles en or du Bosphore qui portent les dates AT. 3o4. et ET. 3o5. de l’ère du Pont , qui correspondent aux années 8 et 9 de l’ère vulgaire. Elles ont la tète d’Auguste pour avers. L'une porte les deux lettres KA , dont la première est placée au dessus de l'autre ; la seconde, un monogramme qui est composé des lettres KNE. Visconti avoit conjecturé que les lettres KA dévoient indiquer &pov<rt>( Koiffag; et le monogramme KNE , NEpwv K xérap. Mais M. RR. rejette cette explication , qui a au moins plus de vraisemblance que la sienne , et il interprète ces deux monogrammes par Drusus Cotys , et Néron Cotys. La raison qu’il en donne est celle-ci: „il est sans exemple 11 , dit -il, „que les rois du Bosphore aient fait frapper de la monnoie avec l’effigie des empereurs , sans y placer au moins l’initiale de leur nom 11 . J'observerai à ce sujet :

1 ) que le contenu de cette assertion prouve justement la fausseté de l’explication des deux monogrammes, proposée par Visconti et M. RR. Car le buste d'Auguste n’ayant jamais sur ces médailles son monogramme à côté , il est clair que les monogrammes qui sont au revers, & côté des portraits que l'on croit représenter des personnages de sa famille , ne peuvent pas indiquer les noms de ces derniers. Si le monogramme du nom avoit été nécessaire sur un côté de la médaille, il l'auroit été aussi sur l’autre. Il y a donc toute probabilité que les monogrammes MA> KA , KNE . KAE , sur ces médailles , dont le dernier est peut-être le même que celui qui le précède , ont une autre signification , qu’il est aujourd’hui difficile de deviner. Par cette raison il ne peut plus être question des

noms de Drusus et de Néron comme indiqués sur ces pièces, et encore moins de Cotys, roi de pure invention. On trouvera dans l'appendice la description de toutes ces médailles anonymes dn Bosphore , qui sont venues à ma connoissance ; elles sont suivies de celles qu'on a frappées aous les règnes de Sauromate I, Sauromate II, tihescuporis I, et Rhescuporis il. L'inadmissibilité des conjectures de Visconti et de M. RR. deviendra encore plus forcée par l'observation suivante :

a) les monogrammes KA et KNE ne pouvoient pas, à cause de l’arrangement des lettres , indiquer Drusus César et Néron César , comme conjecturoit Visconti , mais César Drusus, et César Néron, ce qui seroit tout -à-fait contraire à l'usage. Car dans les médailles des princes de la famille d’Auguste, par exemple dans celles de Caius et Lu»* cius, petits-fils d’Auguste j dans celles de Tibère, de Drusus, de Geçmanicus et de ses fils, de Caligula, de Claude et de Néron , le mot César suit , et ne précède jamais , leurs noms propres. D'après l'explication de M. RR. ces monogrammes doivent être lus Cotys Drusus , et Cotys Néron, puisque le K précède dans les deux monogrammes les autres lettres. Mais seroit-il possible qu'un roi du Bosphore eut osé mettre son nom avant celui d’un prince de la famille d'Auguste ?

3) Visconti et M. RR. n’ont essayé d’expliquer que les monogrammes de deux de ces médailles, dont on trouve la description dans l'appendice, m. a. et 6. Si leur explication avoit été juste , elle devroit être aussi applicable aux monogrammes composés des lettres MA. et KAE, des nos. i. 3. 4- 5. et elle ne l’est pas.

4) Quant à la médaille en or du véritable Cotys I. qui se trouve au cabinet impérial de Russie, et qui a été publiée par Cary , Visconti avoit raison de rejeter l'explication que ce savant avoit donnée de son monogramme NEI’K, qu'il lisoit Néron Cotys, et de l’interprêter Néron César. Dans ce chiffre les lettres P et K sont tellement réunies, qu’elles ne peuvent appartenir qu’à une seule personne. Si , contre l'usage ordinaire , le monogramme de

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Cotys I. ne se trouve pas sur cette dernière médaillé , ou n’est pas fondé pour cela à chercher le K, initiale de son nom , dans le chiffre de l'empereur. Au reste , il auroit été mal-séant et contre toutes convenances que Cotys eut voulu attacher L'initiale de son nom au chiffre de Néron. CX1V.

L'auteur .des antiquités Cimmériennes a attribué , p, iBy-ti 0 - è Cotys , ce prétendu contemporain de Rhescuporis 1. son frère et son associé à l'empire , deux médailles dont j'ai sous les yeux des exemplaires parfaits.' La légende de la première qui a un cavalier en course pour revers , n’est pas incorrecte , puisqu’on y voit écrit BACIAêCOC KOTYOC et non KOTTCOC , comme le dit M. RR. Cette médaille, aussi bien que la seconde, ayant d’un côté le monogramme de Cotys, de l’autre un temple et les lettres KAT1E , sont de Cotys contemporain d’Hadrien , et il seroit superflu d’en dire davantage pour le prouver.

Par malheur, dans tous les exemplaires que j'ai vus de la médaille de Cotys TOT AEnOTPlUT le mot liAEIAECOE y manque tout-è-fait, ou bien il est défectueux dans les dernières syllabes. Si dans la suite on découvre un exemplaire où la légende soit entière, le mot en question s'y trouvera comme je l’ai écrit ici. Cela est prouvé par les médailles en bronze de Claude et de Néron du même Cotys L qui portent sur l'avers les têtes et les légendes de ces empereurs et dont j’ai rapporté les légendes au §. CVIÜ.

Faute de connoître les monumens numîsmatiques du Bosphore découverts jusqu’à présent, M. Raoul- Rochette confond les médailles des deux Cotys I, et H. l’our soutenir son hypothèse il a créé un nouveau Cotys, prétendu frère et associé de Rhescuporis 1. l’Aspurgiain, et il doune au même Cotys, roi imaginaire comme l’est Rhadameadis, les deux médailles qui appartiennent à Colys 11.

Ce n’est pas une faute moins grave de M. Raoul- Rochette que d’avoir rapporté, p. 120 . et i3a. » !• L Rhes-

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cuporis otte médaille dont l'avers porte quelques unes des marques d'honneur par lesquelles les Romains recompensoient la fidélité de leurs alliés ; le revers , la chaise cnrule et la couronne d'or j à droite , le bâton d’ivoire surmonté d’un buste j & gauche , un objet représentant peut-être une patère d'or qui étoit quelquefois au nombre de ces distinctions. Car il est peu probable qu'on ait voulu figurer le bouclier deux fois sur la même médaille. D’après sa légende et le goût du travail , cette monnoie ne peut appartenir qu’à Rhescuporis III. et non pas à T. J. Rhescuporis, comme M. RR. voudroit nous le persuader.

La médaille attribuée à Sauromate I. par Cary, Eckbel et Viscouti, a été inexactement décrite par les numiamatistes à cause de sa conservation médiocre. L’exemplaire bien conservé du cabinet de M. le Comte Sévérin Potocki , n’a pas été plus correctement décrit par M. Raoul - Rochette , p. 127-128. Sa description est aussi défectueuse que celle qu’en avoit faite le P. Hardouin, dont M. RR. p. 129. loue néanmoins la rare exactitude! Tous ceux qui ont parlé de celte médaille , sans en excepter M. RR , ont totalement méconnu la signification des types qui y sont représentés.

Avant de les expliquer , il est nécessaire de décrire cette médaille :

TEIMAI RA[OAECDC] KOTTOE. Chaise curule snr laquelle est une couronne j à droite, le bâton où canne d'ivoire, surmonté d’un buste.

TOT Acnorpror. Au bas, les lettres KA} dans le milieu , bouclier et lance j au haut , tète de cheval , et tête d’homme j au bas, casque et épée.

M. RR. donne trois fois, p. 128. p. 1 33 . 1 . 7. et 1 . 18- aux types du revers le nom de trophée. Mais les trophées des Grecs et des Romains n'ont jamais d'autre forme que celle que nous voyons entr’autres sur une des médailles de Tibérius Julius Rhescuporis , et sur une autre de Cotys V , roi de Thrace, publiée par Cary (pl. II. m. 9). Jamais des

armes, arrangées comme elles le sont sur le revers de cette médaille, ne peuvent être prises pour des trophées.

Les types qui occupent les deux côtés de la médaille de Cotys , et que nous trouvons sur plusieurs autres médailles des rois du Bosphore, tantôt sur l'avers, tantôt sur le revers, tantôt sur les deux côtés delà médaille, n'appartiennent nullement à des trophées : ce sont toujours les marques d’honneur et de distinction, que le sénat romain, ou les empereurs, avoient envoyées à des rois qui avoient mérité leur faveur. Dans les présens dont le sénat romain avoit honoré Massinissa son allié, nous trouvons tous les objets que porte notre médaille de Cotys. Ce roi avoit reçu une couronne d’or , une bague à cachet en or , la chaise curule en ivoire , un cheval avec les ornemens en or, un vêtement de dessous de pourpre, la toge romaine brodée, une armure complète ( Appian. Pun. VIII. 3a): NxaTX.vz.70-y is PwxxToi xxpiaijptx rîji aviiux%lxi féifxyiv rs JtVà xpvTTv , xxl oÇpxyiHz xp-jjT/v, ire/x-zov, xxl û.e(pxyri»ov i(* $aov , xx 1 xoptyupxv, xxl aoljjv P«iuail»/y , xxl ÎWov xpvaoÿxkxpov, xxl -rxvcTktxv. Il est vrai qu’Appien ne fait ici aucune mention du béton ou sceptre qui est sur la monnoie de Cotys ; mais de l’autre côté , son énumération renferme trois objets, un anneau à cachet en or, un habit de pourpre et la toge romaine, étrangers à la médaille. Il est presque sûr que dans le passage d’Appien le sceptre ou bâton d’ivoire n’y manque que par une omission, parce que c’étoit, ensemble avec la chaise curule, une marque des premières magistratures chez les Romains , et une des principales pièces qui entroient dans ces présens. Aussi Tite- Livc (X\X. i5), racontant les mêmes honneurs accordés à Massinissa, y comprend le bâton d’ivoire: Massinissam eximiis ornât urn laudibus, aurea cornntr , aurea paiera, sella curuli et scipiono eburneo , toga picta cl palmata tunica doruit. Au roi Syphax le sénat romain avoit envoyé les présens suivans : une toge et une tunique de pourpre, la chaise curule, une patère en or de cinq livres. D'autres rois d’Afrique avoient reçu, dans le même tems, des toges ornées de pourpre, et des patères en or de trois

livre» chacune (Liv. XXVIL 4 )- De» ambassadeurs avoient été chargés de porter au roi Plolémée à Alexandrie , la chaise curule, la toge et la tunique de pourpre (Liv. 1 . c). Dans le» extraits de Diodore faits par Constantin Porphyrogénète (Ecl. de Leg LXXX 1 * 4 -) nous lisons que le sénat romain avoit envoyé à Ariarathe , roi de Cappadoce , les présens regardés chez eux comme les plu» grands et les plus distingués: psyitx tù-j ■**? aùroT; voui'o,ut>m ixpxv. Polybe (Exc. de Leg. XXXI.) parlant de ces mêmes présens donnés à Ariarathe, se contente de nommer la chaise curule d’ivoire et le bâton , r . y e/UTiuiya nzi tou tXtipai/Ti* WJ itÇpoj , et ne fait pas mention des autres pièces que le roi avoit certainement reçues. Ce genre d'omission de la part des historiens est confirmé par un autre fait rapporté dans les mêmes extrait» de Diodore que j’ai cités (Ecl. L. XXX. 16), lorsqu’il est question des présent que le sénat avoit faits au roi Euménès. Cet auteur ne nomme que la chaise curule : V rov Eé.uéV 7 iktQavrhu ri-

M<r*<ra tiffu , rîjc àroloxvi <pû.o?(.wxi s

mais Tite-Live (XLII. i 4 -) s’explique avec plus de détails et nomme expressément la chaise curule et le bâton d’ivoire : omnes ei honores hahiti , donaque quam amplissima data, cum sella curuli atque eburneo scipione. Pendant le règne de Tibère, Plolémée roi de Maurétanie, eût l’honneur de recevoir des main» d’un sénateur, envoyé exprès pour cela, le bâton d’ivoire et la toge brodée. On ne peut douter que Plolémée reçut en même tems les autres présens d’usage, quoique Tacite (Annal. IV. 26.) n’en fasse point mention. Car les médailles de ce même roi mettent en évidence qu’il avoit été honoré aussi de la chaise curule. Tous ces faits prouvent que si nous voyons représentés sur les médailles des rois du Bosphore la chaise curule et le bâton d’ivoire, on doit toujours supposer que le prince les a reçus ensemble avec les autres présens

d’usage. • 1 ~ .

Les anciens n’ont pas connu les sceptres tels qu’ils .sont dans les tems moderne»} chez eux le sceptre étoit un bâton beaucoup plus Ion g que ne 1 est chez nous cett#

lia

marque «le la royauté. Les sceptres que nous voyons sur les monumens «le l’anlitptité «lans les mains des dieux éloient quelquefois surmontas d’uu aigle } le bâton d’ivoire, marque d’honneur des consuls et des triomphateurs (Juv. Sat. X. 43-) cher, les Romains, étoit à peu près de la proportion de nos cannes, et orné de môme d'un aigle. Mais sons les empereurs romains on lui avoit substitué uu buste, comme le prouvent les médailles des rois du Bosphore, et ce buste étoit probablement celui de l’empereur régnant.

C'est par erreur que M. Raoul-Rochette, p. ia8. nomme une épée dans le fourreau ce bâton d’ivoire, très clairement visible sur la médaille de Cotys. Le même objet a été très -mal rendu dans la gravure d’une médaille de T. J. Sauromatès, p. i33. pl. IL m. 5. Sur le revers de la médaille de Cotys 1 , que M. RR. attribue au prétendu frère de Rhes«niporis I, la tête barbue, que l’ancien graveur a très -bien caractérisée pour indiquer un barbare, est celle de l’esclave conducteur du cheval.

Ces présens et ces marrjnes d’honneur, que les Romain* ont imités des Tyrrhéniens, étoient les symboles du premier pouvoir dans l’état et de la royauté (Dion. Hal. A. R. 111. 6i). Lorsque Tarquin eut soumis les villes des Tyrrhéniens, elles lui firent présent d'une couronne d’or, d’une chaise en ivoire , d’un bâton surmonté d’un aigle , d’une tu nuque de pourpre brodée en or, et d’on vêtement de dessus brodé , à l’instar de ceux des rois des Lydiens et des Perses, avec la seule différence qu’il étoit de forme sémicirculairc , tandis «que les rois que je viens de nommer le portoient quarré. Le sénat romain , pour donner une marque de sa faveur à Porséna, lui envoya la chaise d'ivoire et le bâton , la couronne d’or et un vêtement semblable à celui dont étoit paré le triomphateur (Dion. Hal. V. 35). Denys d’Halicarnasse observe (111. 6i.) que les sceptres et les diadèmes dont les Romains faisoient présent a des rois qui possédoient déjà ces insignes de leur dignité , en indiquoient la confirmation.

Il parolt que ces houueurs furent conférés principalement sous les rois et du lems de la république romaine.

Iis Ploient devenus moins usite's sous Tibère. Tacite faisant mention de ceux qui furent accorde's à Ptolémée , roi de Maurétanie, dit : repetitus ex vetusto mos, misftitque e senatoribus , qui scipionem eburneum , togam pi étant , a ri tiqua patrum munera , tiare t.

Buonaroti croit ( Medagl. p. tao. ) que les couronnes qui se trouvent quelquefois sur les médailles des empereurs et entr'auLres sur une de Commode , indiquent des couronnes votives consacrées par des individus dans des temp'es en honneur de l’empereur. Celles qui se voient assez souvent sur le revers de la monnoie des rois du Bosphore, ressemblent à celles des médailles romaines et ont, lit où les branches se terminent, une pierre précieuse, pour orner le front. J’ai parlé dans l’appendice de la signification que cet emblème peut avoir dans la monnoie du Bosphore.

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