SCÈNE IV ALBERTUS VAN LOO, HAARING LE JEUNE
HAARING, à Albertus.
Je viens de lire votre lettre... Allez-vous vraiment faire cela?
ALBERTUS
C'est fait . J'ai en main les principales créances. Je vais saisir la Chambre des Insolvables, dont vous êtes commissaire, d'une demande de mise en faillite de Rembrandt.
HAARING
C'est votre droit. Laissez-moi pourtant vous faire observer...
ALBERTUS
Je veux sa ruine. — Les autres hésitaient à le faire vendre. Moi, j'irai jusqu'au bout.
HAARING
Songez à son fils !
ALBERTUS
Son fils?... N'est-ce pas du devoir de la famille de Saskia, du mien par conséquent, de le protég'er? Titus ayant sur la vente un droit de reprise, la mise en faillite de son père est le seul moyen que nous ayons de lui conserver une portion de son héritage. J'ai une fille... Si, plus tard, ces deux enfants s'épousent...
Après avoir dépouillé Rembrandt de ses biens, vous songeriez à lui arracher son fils?
ALBERTUS
Ce sont des projets.
HAARING
Encore lointains.
ALBERTUS
Guère plus lointains que ne Tétaient ceux qui aboutissent aujourd'hui. N^est-il pas honteux que la loi ne nous ait pas permis de soustraire encore cet enfant à la pernicieuse influence de son père? Ce milieu de débauche, ces mœurs révoltantes, ce concubinage infâme avec une servante!... Ah! il me semble que je suis un justicier!... A bientôt, Haaring le Jeune. Préparez-vous à procéder à la vente du failli. Moi, je pars pour Leyde... Qui sait? j'aurai peut-être aussi le moulin des van Rynl
Il sort par le fond.
REMBRANDT, entrant à droite et apercevant Albertus qui s'éloigne.
Albertus ! . . .
Voyant Haaring.
Haaring le Jeune 1 . . .
S'avançant.
Cet homme-là vient de tramer encore quelque