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Remèdes d'autrefois

Dans le Bulletin de la Société Académique (vin® volume, 3® livraison;, j’ai publié en 1909, à propos du livre de raison de François Dufaye, cultivateur à Beuvrcquen, un certain nombre de formules de thérapeutique populaire usitées au XVIII® siècle dans le Boulonnais. M’étant rendu acquéreur d’un grand nombre de papiers et de parchemins provenant du château de Dohem, près de Fauquembergues, j’ai trouvé parmi ces papiers, titres de propriété, généalogies, lettres d’anoblissement, etc.^ une liasse portant le titre de n Remèdes précieux)). Uetle liasse se composait d’un cahier renfermant quelques formules de remèdes et de plusieurs lettres qui semblent avoir été écrites en réponse à des demandes de renseignements à propos do remèdes populaires des XVII® et xvni® siècles. Quelques-unes de ces formules d’une écriture très primitive et d’une orthographe très fantaisiste proviennent évidemment de paysans ou de reboutcurs du pays. Elles ressemblent beaucoup aux « remèdes charitables de Madame Fouquet, publiés à Lyon en deu.v volumes en 1096. Il est curieux de retrouver parmi ces formules les termes textuels dont se servait

encore, il y a quelques années, un rebouteur bien connu des environs de Boulogne « graisse de cochon marie, pot en terre neuf bien vernissé, bonnes drogues de chez l’apothicaire M. X... »

Recueil de plusieurs remèdes pour les personnes et pour les uniinau'x.

Remède pour les glaires

Prenez un quarteron (1) de cachou brut partagé en six qui est un gros par prise, en prendre un gros par jour. Ce gros mis dans trois tasses d’eau, faites le bouillir et réduire à deux tasses. — Prendre les deux tasses tous les jours au matin. Une heure après dîner prendre l’eau où l’on aura fait infuser cinq grains de genièvre dans une lasse d’eau et en prendre une heure avant de souper.

Pour les maux de sein même abandonnés expérimentalement

Prenez un quarteron de vieux foin, deux jaunes d’œufs crus, dont vous ôterez les germes, avec un peu de farine bien passée et un quarteron de miel, y ajouter un peu de térébenthine de Venise, incorporer le tout ensemble et s’en servir sans feu non plus que pour faire le dit onguent, appliquer sur de l’étofle et mettez le cataplasme sur le sein.

(1) Erreur probable : un quarteron = 112 gr. et 6 gros = 24 grammes.

Hecette pour faire de l'oncjuent de céruse qui ne peut se faire qu’au mois de Maij ou de Septembre

11 faut prendre une terrine neuve, vernissée en dedans, inellre deux livres d'huile d’olive — faites les bouillir à petit feu, prenez une livre de céruse bien broyée, mettez là dans l’huile qui doit bouillir avant à petil feu Prenez douze petits bâtons de coudrier ( l) grand de la dernière sève. Ghangez-en souvent pour (|u’il y entre le plus de sève que se pourra.

Pour connaître la cuisson, faites tomber une goutte de le dit onguent sur du papier, s’il graisse c’est marqué qu'elle n’est point assez cuite.

Pour la rétention d’urine

Prenez de la seconde écorce d’orme mâle (2), une bonne pincée, meltez-la dans un pot d’eau que vous ferez diminuer à moitié ensuite, vous la boirez avec votre vin.

Hemède contre la pulmonic donné par mon onele de Paillij comme ayant opéré des cures meroeilleuses en des cas désespérés

Le jus de la racine de chiendent — après l’avoir pilée on le fait chauffer au bain-marie pour pouvoir

(1) Coudrier ou noisetier, Coryllus avellana. Ces pousses ont servi de baguettes divinatoires, elles coniiennent du tannin.

(2) La seconde écorce ou liber d’orme (ulmus campestris) a été employé longtemps. Le U' Cazin, dans son ouvrage sur les plantes indigènes de nos pays, en parle encore.

l’extraire — on en donne d’abord une légère cuillerée si on peut la digérer, puis on augmente jusqu’à la dose d’une petite tasse deux ou trois fois par jour jusqu’à guérison,

Remède pour corriger l'acr'eté du sang et lutj rendre sa fluidité naturelle

Il faut prendre les précautions suivantes :

Il faut se faire saigner dans le comineucemenl des chaleurs de chaque printemps, se purger avec deux onces de manne grasse et une once de sel de Lorraine (1). Le tout fondu dans un demipot de petit lait bien clarifié pour en prendre toutes les demie-heures un gobelet jusqu’à la consommation du tout. Ensuite faire usage pendant quinze jours consécutifs, le matin d’une deini-pinle de petit lait dans lequel on aura fait bouillir une poignée de cerfeuil et une poignée de fumeterre, ensuite le passer par une étamine pour le rendre clair. On mettra dans chaque demie tous les jours un gros de sel de Lorraine autrement dit Glauber ou sel de Seignette (2). Les mêmes remèdes cy-dessus désignés avec la saignée et médecine doivent être mis encore en usage dans le mois de septembre aussi bien que l’usage du petit lait.

El quant au régime de vivre il continuera à faire gras tous les jours sans en excepte raucun en s'abstenant de tout aliment salé, poivré, vinaigré et de

(1) Sulfate de soude purifié.

(2) Le sel de seignette est un tartrate de potasse et de soude.

pâtisserie solide, pour boisson ordinaire du vin bien imlr avec de l’eau et qtielques verres de vin pur.

Pour rafraîchir

Deux livres de veau (1) coupé par morceaux.

Racine de patience sauvage, de chicorée sauvage, de bardane et de ebélidoine de chacun une once. Racine d’aunée un gros, faire cuire cela à petit feu dans une pinte d’eau réduite à chopine, , 'mesure de Paris; ajoutez-y la dernière demie heure avant de retirer le pot du feu, du cerfeuil, de la laitue, du cresson de fontaine de chacun une poignée, passez et partagez en deux bouillous. Le malade prendra le premier le matin à jeun, après y avoir fait fondre à l’instant un gros de sel de Duobus (2) et le second dans lequel on ne mettra pas de ce sel à quatre heures après-midi; pendant douze jours.

Un lavement commun lorsque le ventre ne sera pas libre.

Il faut demander à Stenay quatre gros de sel de duobus en quatre paquets et avoir de la bardane et de la racine d’aunée ce qu’il en faut.

Pour se purger

Vers les premier jours de may ou vers le quinze, prenez les jus d’herbes cy dessus faits avec oseille,

(1) Le veau est la viande la plus employée dans la thérapeutifiue populaire. On en applique des tranches sur les yeux en cas d’ophtlialmie et aussi sur les canc'.rs, ulcères des seins et sur de vieilles plaies. L’on croit que dans ce cas la viande de veau nourrit la maladie qui épargne la chair du malade.

(2; Sel de duobus = suUate de potasse.

laitue pommée, chicorée sauvage, scabieuse, fumeterre, racine de bardane et de patience, prendre une demy poignée de chacune de ces herbes dans un mortier, l’on y ajoutera un bon verre d'eau on pillera le tout parfaitement et on en exprimera ensuite le jus à travers d’un linge pour en boire un verre du poids de six onces, tous les matins à jeun.L’onfaitfondre dans le verre toutesles foisdeux gros de sel dé Glauber. Avant et après l’usage de ces jus ou se purgera avec une once et demy d’eau laxative de Vienne (1), y ajouter deux gros de sel de Glauber. Ce qui fait environ un bon verre. L’on prendra pour boisson du thé léger. On prendra de ce remède quinze jours ou un mois s’il est nécessaire, du may ou du 15. On commencera à se baigner autant que l’on pourra quand le temps le permettra, que l’eau sera chaude et bonne.

Autre manière de se purger

Une once de crème de tartre en quatre ou cinq verres d’eau ou bien une demye once de crème de tartre et un gros de rhubarbe.

Autre recette

Prenez douze grains de sublimé corrosif que vous ferez dissoudre dans une bouteille d’eau distillée (2).

(1) Eau laxative de Vienne = infusion de séné et coriandre. Voir Dorvault page 622.

(2) C’est à peu près le traitement de la syphilis par la liqueur de Van Swieten,

Prenez les trois premiers jours une cuillerée de cette liqueur que vous mettrez clans un verre de lait soir et matin, ensuite les trois suivants vous prenderez une cuilliérée de la liqueur le matin dans un verre de lait et le soir deux cuillerées dans un verre de lait et le reste du traitement on prendra toujours soir et matin deux cuillerées de cette liqueur dans un verre de lait. Quand la bouteille de la liqueur sera bue on en fera faire une seconde qui se prendra de même, ce qui complétera le traitement.

MEllCURIl SÜBLIMATl CORliOSIVI gr. XII

IN AQUA DISTILATA VEL PLÜVIALIS DeUX pinteS

Recette pour les maladies vénériennes qui n’ont pas cédé au mercure

De l'extrait de racine de sapromaire fortement réduite de couleur noirâtre, en prendre tous les matins avant déjeuner et tous les soirs avant souper à la concurrence de deux onces la première semaine et de trois la seconde. Restant à ce taux jusqu’à parfaite guérison. Observant de continuer la jiremière dose, six semaines après la disparition totale de tous les symptômes. Il faut manger beaucoup pour que l’estomac ne puisse soullrir du remède.

Pour faire la tisane cpie l’on joint à ce traitement on partage une once de racine de Sapromaire en sept pac[uets on en jette un tous les jours dans quatre grands gobelets d’eau bouillante c|ue l’on retire du feu après deux bouillons et que l’on met infuser sur des cendres chaudes pour rester à In quantité de

trois goblels dont on prend deux dans la matinée à une heure de distance et l’autre le soir en se mettant au lit. 11 faut avoir soin de bien couvrir le vase pour empêcher l'évaporation.

Remède pour faire de la pommade qui fait revenir les cheveux à tout âge

Prenez quatre onces d’eau vie de vin fin, quatre bonnes pincées de sel rissolé (1), un quart de moelle de bœuf, une once d'huile de noisette.

Pour les maux de rate

Prenez la rate d’un cochon mâle, appliquer la chaude sur votre rate et restez six heures au lit. Vous vous trouverez soulagé.

Composition de Nuremberg (2)

Safran et agaric, zedoaria, fleur 'de souffre de chacun deux gros, aloes deux onces. Rhubarbe six gros, gentiane un gros, theriaque un once, sucre fin une livre, eau d’eau-de-vie d’Orléans ou la meilleure un pot ; le tout mis en poudre et bien mélangé, vous le mettrez dans une bouteille pour infuser en un lieu chaud pendant huit jours étant toujours bien bouché et que vous remuerez de teins en tems, il

(1) Sel rissolé = sel deslivclraté.

(2) C’est encore à peu près la composUion de l’élisir de longue vie ou teinture d’aloès composée (Codex 84).

faut que la bouteille soit forte et grande à cause que les drogues se soulèvent beaucoup, étant une lois imbibées et cela fait vous la passerez par un linge et en prendrez si vous voulez tous les matins à jeun une cuillerée à café.

Les propriétés de cette eau.

C’est un préservatif contre la fièvre et la peste. Elle entretient la santé, donne de la vigueur, elle fortifie la mémoire de môme que la vue et donne de l’appétit, elle est bonne contre la colique et entretient le ventre libre. Lorsque l’on est attaqué de maladie on en peut prendre aussitôt une grande cuillerée en suant la dessus cela arrête le cours du mal.

Prix des drogues.

Safran, agaric deux gros — quatorze sols.

Zédoaria deux gros — pour deux sols.

Fleur de souffre deux gros — trois sols.

Aloes deux onces — douze sols.

Rhubarbe six gros — quarante sols.

Gentiane un gros — vingt sols.

Theriaque une once — six sols.

Du qamphre un gros — trois sols.

De la inirrhe un gros — un sol six deniers.

Total des drogues, cinq livres, un sol, six deniers.

Cette eau est encore un spécifique contre les vapeurs ou maux histériques ethypochondriaques, etc.

Hemède contre la jaunisse

Il faut prendre une poignée de rhue qu’on mettra infuser pendant une nuit en fort verjus ou vinaigre dans une terrine bien plombée et bien bouchée eu

un lieu chaud comme à la laque, cuire ensuite une muscade dans un oignon blanc ou autre sous la cendre chaude pour la réduire en poudre toute entière si elle est petite ou la moitié ou deux tiers si elle est plus grosse. La mettre dans une chopine ou demi chopine de vin blanc le meilleur que l’on pourra avoir et on mettra un peu chauffer le vin et puis prendre le tout et se coucher chaudement. Ensuite appliquer la susdite rhue sur les deux poignets et sur la plante des pieds, la tenir jusqu’à ce que l’on ait bien sué. Si le remède n’opère pas la première fois il faut le réitérer une seconde fois.

Recette pour (aire de l’onguent

Prenez de la graisse d’oie ou de chapon, de la moelle de bœuf et du beurre frais, un quarteron ou une demi-livre de chaque espèce selon ce qu’on en veut faire, faire cuire le tout ensemble. Cet onguent est très bon pour les enflures, il ne faut pas craindre de les graisser assez.

Recette pour guérir radicalement les rhumes

Prenez pour un sol d’hyssope, pour deux liards de bois de réglisse, quatre pommes de rainette coupées en quatre, mettez le tout dans une pinte d’eau que vous faites bouillir et réduire à moitié, ensuite passez cette tisane dans un linge et remétlez-la dans un vase plus petit avec un quarteron de sucre vous faites bouillir le reste et réduire jusqu’aux deux tiers. 11 reste un sirop dont vous prenez deux

cuillerées en vous couchant et deux en vous levant. Il est sûr que vous serez guéri en inoins de deux jours.

Lettre a .Made.moiselle de Sausse a La Neuville Pour la réicnlion d'urine

Il faut prendre des petites truies qui vivent sous les pierres (1).

Il faut en prendre douze ou quinze ou dix-huit suivant la force du mal.

Vous prendrez une poignée de chiendent, vous les pillerez dedans et puis vous prendrez une demiechopine de vin blanc que vous mettrez avec et puis vous le ferez chauffer l’espace d’un quart d’heure qu’il ne soit que tiède et puis vous le [>asserez dedans un linge blanc et puis le faire prendre au malade et le faire suer bien fort si ou peut.

Mademoiselle, voilà le remède que vous m’avez demandé par Marguerite Grandimout de la Neuville. Cejourdhuy 31 Août 17oü. Louis Husson à Lussiguy.

Lettre a M. de Spinette.

Composition de l'onguent dicin[2)

Ingrédients c|ui entrent dans la composition ; une demi-livre d’buile d’ulive la meilleure possible, un

^1) Les cloportes (oiiiscus murarius) ont été employés comme diiiréliipies jiis([ue vers 18S4;ils agissent parce qu’ils contiennent du nitrate de pota.sse. On les appelle a Boulogne des petits cochons de St- Antoine ou simplement des petits cochons.

■2) C'est à peu près la composition de l’onguent de la mère Thècle ^codex 84), dans lequel il existe en plus de l’axonge, du beurre frais, du suif de mouton et de la poix noire.

quarteron de mine de plomb rouge passé au tamis de soie le plus fin, une onze et demi de cire jaune la plus pure et la plus propre. Ou double les doses en proportion, lorsque l’on veut une plus grande quantité.

manière de faire le dit onguent

On peut se servir d’un pot de terre bien vernissé, d’un vase de cuivre non étamé, d’un vase de fer battu pourvu qu’ils soient parfaitement propres; le bassin de cuivre est le meilleur et le plus sûr. Vous mettez la cire fondre dans l’huile sur un bon feu de charbon, lorsque la cire est totalement fondue vous mettez votre mine de plomb, ayant soin de la verser doucement et de remuer constamment, la mine de plomb étant si pesante qu’elle tomberait sans cela au fond. Il faut donc toujours la remuer en tous sens jusqu’à ce que l’onguent soit parfaitement cuit, ce que l’on connaît lorsque la grosse écume a perdu toute espèce de teinte rouge et qu’elle est bien grise la petite écume brune et le fond de l’onguent noir. On peut encore s’en assurer en en jetant quelques gouttes dans de l’eau fraîche et alors il faut que cette goutte soit noire dans le milieu et grisâtre autour. Vous retirerez dès lors votre onguent du feu, vous le laisserez un peu refroidir et vous le verserez dans un bassin de papier. Lorsqu’il est tout à fait froid et dur vous ôtez le papier et coupez l’onguent eu for-me de bâtons tel que vous le désirez.

Manière de l’employer

On l’élend avec les doigts sur un nouveau linge bien blanc, ayant soin que tout le linge en soit bien rempli, lorsqu’il y aura suppuration il faut changer l’emplâtre matin etsoiret ne jamais laver les plaies; se contenter de poser légèrement dessus un linge blanc pour enlever la matière et remettre tout de suite un nouvel emplâtre pour que jamais la plaie ne soit découverte. Lorsque c’est une tumeur on ne change l’emplâtre que tous les 24 heures et l’on met par dessus le cataplasme que j’ai déjà désigné entre deux linges.

Cataplasme

Vous faites bouillir la racinedeguimauve dans de l’eau. Lorsque l'eau est bien jaune vous la retirez du feu et passerez le tout au travers d’un linge propre. Alors vous défaites de la mie de pain dans cette eau autant que vous en avez besoin et vous faités cuire cela de manière qu’il devienne épais comme de la bouillie sans être trop sec. Lorsque la tumeur est bien dure vous pouvez faire bouillir dans de l’eau avec de la racine de guimauve plein un déz de graines de lin. Ce cataplasme ne s’emploie que pour les tumeurs ou dépôts et jamais sur les plaies parce que s’il y a de l’inflammation autour des plaies, U sulLit de la couvrir avec l’emplâtre qui la détruit en deux ou trois jours au plus tard.

Propriété de cet onguent

11 est bien bon pour toute espèce de plaies quelconques anciennes et nouvelles ou survenues par accidents, tel que les chutes, les coups de pieds de chevaux, les blessures d’armes blanches ou à feu, les clous et d’autres de cette espèce; les panaris, dépôts d’inflammation, tumeur et généralement pour toutes les violences extérieures et intérieures qui par leur position et nature doivent avoir un effet extérieur. On l’a employé avec le plus grand succès pour les maux de sein traités de concert par des gens de l’art jouissant d’une grande réputation et qui en conséquence voulaient en faire l’amputation. Il est aussi souverain tant pour la fistule à l’œil qu’au fondement et l’on trouvera à cet effet la manière de traiter ces sortes de maladies ainsi que les panaris ; il fait aussi sortir les épines et autres corps étrangers qui se seraient introduits dans les chairs, les esquilles d’os après des fractures. On assure même que l’on peut éviter le trépan en faisant usage de cet onguent, mais c’est le seul cas que je ne peux garantir, n’enayant pas fait l’expérience. Quand auxautres circonstances cy dessus citées et que j’ai délivrés, je peux certiffier avoir radicalement guéri de toutes ces espèces de maux et a évité à plusieurs maladies des opérations de fistules, des amputations de bras, de jambes et de doigts que les gens de l’art avaient arrêté de faire. Je l’ai employé avec beaucoup succès sur des loupes que j’appellerai cbancreuses à cause des racines étendues qu’elles avaient et qui se sont ouvertes et guéri radicalement. Je l’ai employé pour

toule espèce de louppe ou tumeur et dépôts de lymphe; mais je ne puis assurer si c’est l’ungueul ou le cataplasme qui les a dissous employant toujours le cataplasme avec l’onguent sur les tumeurs de quelque nature qu’elles soient.

J'ai cependant remarqué que dans la partie qui se trouvait sous l’emplàlre les pores de la peau se trouvaient plus ouverts, et l'onguent était cou vert d’une espèce d'humidité qui m’a fait présumer que l’onguent avait beaucoup de [>art à leur dissolution. Lorsque j’employais l’onguent avec le cataplasme sur les tumeurs ou dépôts pour en aider ou accélérer la dissolution ou l’ouverture, alors je ne mets l’emplâtre que dessus la partie la plus élevé du dépôt ou de la tumeur et par dessus le cataplasme susdit entre deux linges assez larges pour couvrir toute la tumeur ou l’inflammation s’il y eu a.

Cet onguent est aussi très bon pour la brûlure et pour les maux des yeux dont il faut sortir les humeurs peccantes. On n’a pas à craindre qu’il touche la prunelle, l’ayant employé pour guérir les petites ulcères ou de petites loupes sur les paupières ou j’ai eu le plus grand succès sans occasionner la moindre douleur à l’œil quoique l’onguent y toucha la prunelle. Il faut se désabuser du préjugé que les corps gras ne valent rien pour les maux de jambes ne m’étant jamais servi d’autre chose que de cet onguent depuis vingt années et toujours avec succès. Il n’y a que les lou|)es graisseuses et les humeurs froides sur lesquelles je n'ai pas réussi totalement encore ai-je trouvé moyen de soulager ceux qui étaient affligés d'humeurs froides et j'ai queh|uefois

réussi sur ces personnes de l’üne et de l’autre sexe lorsqu’elles étaient à l'àge où la nature se développe et que le tempérament c ommeuçoil à se former. Cet onguent a le grand avantage de tirer et de sécher en même temps mais il ne tire jamais assez pour attirer les humeurs du corps à la partie souffrante. Il ne tire que l’humeur qui environne le mal. Il fait tomber en suppuration toutes les chairs molestées, soit par les chutes, contusions ou par l’humeur même dans les mesures naturelles et lorsqu’il a nettoyé les plaies, il fait repousser les chairs vives et lorsque la plaie est bien remplie, l’épiderme se forme de luimême sans aucune espèce de croûte. Alors lorsque la guérison est complète on laisse encore un emplâtre de cet onguent pendant trois ou quatre jours, pour raffermir les chairs et l’épiderme. Cet onguent peut s’employer avec d'autant plus ne succès qu’il ne fait jamais de mat.

Traitement de la fistule

Vous sondez la plaie avec de petits tuyaux d’onguent roulé sur un fil dont vous laissez passer l’extrémité pour pouvoir les retirer. Lorsque vous êtes assuré du nombre de canaux ou d’ouverture qui existent vous y introduirez autant de ces petits tuyaux proportionnés tant par la grosseur que par la longueur aux ouvertures. Vous laisserez passer à l’e.Nlrémité le petit bout de (il pour pouvoir les retirer, il faut faire le pansement soir et matin et mettre en même temps une emplâtre sur les ouvertures qui maintient tous les petits tuyaux. 11 est

également nécessaire de faire vos emplAires le s(tir pour le lendemain et surtout en été à cause que la chaleur amollit trop pour être em[)loyé sur de petits tuyaux ; il faut qu’il soit au frais pour qu’il acquiert de la fermeté Lorsque les canaux sont très larges pour économiser l’onguent un le roule sur de la charpie de manière qu’elle soit bien couverte d’onguent. Ce traitement est le même pour la fistule de l’œil excepté qu’il ne faut point toucher les fusées qui se forment à certaines places.

Traitement des ulcères ou vieilles plaies

Comme il est rare que les ulcères ou vieilles plaies ne soient creux ou profonds et environnés de chairs pour ainsy dire raccorni il serait impossible (|ue l’emplâtre mise dessus peut toucher le fond et en atteindre toutes les parties. Alors onremplit le fond avec un bouchon d’onguent roulé sur de la charpie a laquelle ou donne la forme que présente la plaie afin qu’il en touche toutes les parties, les manie et décide les nouvelles chairs à repousser’ quant au bourrelet qui environne les plaies on la fait tomber soit à l’aide de la pierre infernale que l’on ne doit employer que lorsqu’on sait en faire usage, comme il faut, soit avec du sucre râpé dont on couvre la partie trop élevée. On employé également la pierre infernale pour faire tomber toutes les chairs fongueuses qui s'élèvent dans les plaies, lors(|ue l’on traite de ces plaies anciennes qui durent depuis six, huit ou dix ans. 11 faut dès (|ue la plaie parait se refermer, purger doucement le malade. On répète cet

purgation doucement tout les quinze jours à mesure que la plaie fait des progrès et s’ils sont très prompts on purge tous les huit jours. Ou observe le même traitement lorsque la plaie est guérie en éloignant toujours les purgations jusqu’à ce que l’on cesse tout à fait. Lorsque les plaies existent depuis quinze jours ou deux ans comme j’ai déjà vu, alors il est prudent d’établir un autre égout dans quelques autres parties du corps avant de les fermer surtout si c’est dans un âge avancé ou à l’époque ou les personnes du sexe se trouvent dans uqe position critique

Traitement des panaris

Sitôt que l’on sent des douleurs à l'extrémité du doigt qui annoncent qu’il veut s’y former un dépôt quelconque il faut de suite appliquer le cataplasme susdit pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, on y met un emplâtre avec un cataplasme dessus. Il est très rare que la peau ne soit pas morte et blanchit, au bout de trois jours souvent même au bout du second jour. Alors il faut ouvrir cette peau morte avec un outil pour faire sortir le pus qui y est, ensuite on coupe avec des ciseaux cette peau morte afin de couvrir le mal le plus qu’il est possible. Si ce n’est ce qu’on appelle mal blanc il est guéri au bout de 24 ou 48 heures d’ouverture. La même opération se fait dans toutes les parties où la peau est trop dure pour s’ouvrir d’elle-même et dans tous les cas possibles il faut tenter de couper dans le vit. Si c’est un jianaris qui a des racines et des ramifications on supprime le cataplasme lorsque

le mal est découvert et on introduit de petits tétons d'onguent pour accélérer la sortie de l’humeur accrochés avec des pinces. Comme les plaies dans certains endroits sont souvent très profondes on remplit alors les profondeurs comme les fistules avec des tuyaux ou des boudins. Le clou ou furoncle étant de la même espèce on opère de la même manière comme pour toutes les places creuses.

Médecine vétérinaire

Pour les tranchées et maux dans le corps des bêtes à cornes

Prenez un bon picotin de son de froment, faites le bouillir dans un pot de petit lait, réduisez à une pinte puis mettez le dans une cruche, vous y mettrez une bonne poignée de sel et le ferez prendre à la bête malade et la tiendrez chaudement.

Recette pour prendre des renards

Pour 6 sous de camphre.

Pour 6 sous de castor en poudre.

Pour trois sous de poudre d'iris de Florence.

Pour deux sous de ciguë

Pour deux sous de racine d’angélique.

Pour deux sous de graines d’anis.

Mettez le tout ensemble, vous prendrez une demie terrine de beurre frais ou de saindoux de porc mâle.

L’on fait de tout cela un onguent.

11 faut tâcher d’ayoir de bonne drogue de chez l’apotiquaire.

Je dois enfin à l’obligeance de M. de Rosny le doeuiîient suivant provenant des archives de la famille Chinot.

1637 22 janvier.

M. de la Cloye à Boulogne,

Monsieur mon cousin, ie vous plains extrêmement destre touché de ce malheureux mal de gravel. Il eet vraie que depuis que ie me suis servy de creme de tertre sela ma fort soulagé, ien prens le pois d’un escu d’or, lorsque ie me sens touché et ie continue trois ou quatre iours de suit sans avoir esgar aux lunnes etsy ie dis l’oraison de St-Sire tous les iours que ie vous envoie, laquelle ie crois mon principal soulagement. Je voudrois et shouhet extrêmement que vous y trouviez du soulagement comme estant Monsieur mon cousin Vostre très afecsionné à vous servir.

D’ardres ce 22 janvier 1637.

Ferlingan.

Oratio Sancte Siriœ

üremus onmifolens sempiternc Ueus qui beate Siric Virgini largitus et ut omnium généra langorum sanU' ret et propostulaniibus exoraret pietatem tuam suppliciter deprecamur ut 7ios illiu^ piam memoriam recolentes pat;cm anime peccutorum veniam et corpori sanitalem consequamur per Dominum nostrum Jesum Xrm filium tuum qui tecum vieil et régnât Deus per omnia secula seculorum. Amen.

Uoulogne-sur-mor.

Imprimerie O, Hamaiii, 83, rue l’aidheriie.

Extrait du Bulletin de la Société Académique de Boulogne- sur-mer, tome X.

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