TOULOUSE
Le trajet de Marscille à Toulouse nécessitant une journée en tire de chemin de fer, nous faisons étape à Montpellier pour la nuit.
Montpellier est 1: sièuwe d’une université e‘lèbre cet d’une école de droit renommée entre toutes. Un corps d'armée y a, en permanence, ses quartiers généaux. Les quelques heures que nous Yÿ stjournons le lendemain nous permettent une course pour visiter la cathédrale, les marches, la porte Peyrou, puis nous filons sur Toulouse, que nous atteignons le soir.
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Toulonse os: une des plus in porluntes villes dela France. C'est la Sixièin : Par sa popalatios, qui se chiffre dans Jos cent cinquante
mille, Bâtie sur les deux rives de la Garonne. elle est le chefieu du département de ce nom. et du 7eme corps d'armée, Elle ue doit Pas Son Hnpor ane Sinplement à la position Stratégique exception:
nelle qu’elle occupe au midi de la France, mais encore an commerce considérable qui s'y fait. Les mare chés du Capitole, regorgent chaque matin de céréales et de denrées de toutes sortes.
Toulouse possède un observa.
toire, une faculté de médecine de renom; elle est aussi le siège d’une Cour d'Appel dont les décisions sont citées avec autorité de ant les autres tribunaux de France, Sur la place du “Palais” est élevée une magnifique statue enl’honneur du grand jurisconsulte Cujas. C’est
à Toulouse que fut fondée en 1323 par Clément-Isaure la célèbre Académie des Jeux Floraux. Tous les ans, le 3 mai, on bénit à l’église de la Daurade les fleurs destinées à ceindre le front des vainqueurs dans le concours des jeux floraux.
Si Arles est renommée par ses sancissons, Bordeaux par ses ails, Mar: cille par sa bouillubaise, Toulouse ne l’est pas moins par ses patés de foie gras et ses &:u1fes qui jouissent d’une popularité dont les Toulousains s’énorgucillissent.
C’est ce qui explique que le séjour de Toulouse soit si vivement recherché pur les gastronomes.
Cette ville a été souvent le théitre de batailles mémorables. Durant la guerre des Albigeoïis (qui prit naissance aux alentours de Toulouse), Simon de Montfort remporta, à Muret, une éclatante victoire sur le comte Raymond VI ct
le dépossedu de ses bions. Pinus tard, elle n'échappa point au massacre de la St, Barthélémy qui se fit sentir par toute la France : trois cents de ses habitants v far égorges,
Toulouse est divise en deux parties par li Garonne qui déerii une courbe donnant à la cité la forme d'un croissant à une double rainure formée par les boulevards.
Au-delà de la Garonne, sur la rive gauche, étend le faubourg, ouvrier dit St-Cyprien,quise relève rapidement des désastres eantsés par une inondation terrible en 1875. Ce populeux quartier, bien bâti, aux rurs tirées au cordlean, est le foyer du commeres,qui semble s'y concentrer tous les jours davantage,
La partie comprise entre le fleuve et les boulevards Lascrosses, d'Areole, de Strasbourg, Lazare:
Carno’, St-Etienne, qui traver-
SH Le croissant à $ “icontre, eat plus importante, la plus affairée ot la plus gaie, C'est 1: qu'on trouve les bureaux de Pa lministration.
FHôtel de Ville, le Cipitole, 4 nom des anciens magistrats qui S'appelaient Capilouls, es th tres," les universités bien qu'elle soit la plus ancienne et que Îles rues de ee quarticr soient. pour la Plupurt, étroites, mal pavées et tortueuses,
L'arète extérieure du croissant est bord£e dans toute sa longueur d'une donble haie de boulevards séparés par les eaux du Canal du midi qui ont eur point de jonction avec les canaux de Brienne ot Lutéral aux Ponts Jumeuur du port de l'Embouchure, Dos ponts-lévis, méhugés çà et là, permettent de communiquer entre les boule.
vards de Riquet, de Bonrepos, de Marquette d'un côté, et les boulevards de lu Gare, des Minimes, de
l'Embouchure sur l'autre rive.
Le quartier aristocratique et fashionable ot Je mieux bâti est celui dit *4n grand Rond”. De Magnifique: allées dont los principales out noi de St-Michel, de St-Etienne. dus Soupirs. des Zephirs rayomment antour de cet Imense jardin taillé à anglais.
Les Pæincipales artères qui condnisent au centre de la vill: sont l'avenuede Lyon, l'allée Lafavette.
la rue de } Alsace Lorraine.
De tous les édifices publics que possède Toulense, les monuments religieux sont de beaucoup les plus beaux et Les pins intéressants :
La cathédrale de St-Etienne, d'une fondation très ancienne, est relnarquable par sc: dix-sept chapelles Entourant le chœur, qui luitiome est Wn chef-d'œuvre, On y constate cependant le travail de désagrégation que le temps va
laisse. Malheureusement on le
peut réaliser le: sommes considé.
rables que nécessiterait la restau ration de ce temple pour Jui rendre sa beanté première,
Le dimanche, nons allons entendre la messe à l église dite de St-Aubin.
Un spectacle touchant s'offre à nos YEUX : une couple de cevts enfants du faubourg s ’approchent pour la première fois de la Sainte Table. Sans chercher À réprimer cette distraction, notre pensée se reporte vers Péglise du vill age natal où enfants et naïts comme EUX, nous allions faire notre pre- Mmière communion. Ce spectacle nous émeut, nons attendrit et re.
jouit nos cœurs dans l espérance de jours meilleurs pour lu France
ar la nation qui ine ulque à la génération qui germe de pareils se “itiments de foi et en permet Ja libre et ouverte manifestation, no saurait périr,
Un long intervalle-six annéess’est éconlé depuis que ma plume a jeté sur mon carnet es quel ques notes Éparses, ipressions premières d'un séjour de quelques InoÏs en Europe,
J’eus aimé les rendre complètes, autant plus que les pénibles et douloureux évènements qui se sont succédés dans ma famille auraient augmenté Pintérêt de Ja relation des incidents d'un voyage dont un frère aimé, une sœur chérie lepuis disparus da la Scene, ont été, ainsi que ma more, les agréables et Joyeux COMpagnons,
Mille OCCUpations, les travas Journaliers de la vie, les SOUCIS d’une santé chancelante m'ont en pêché de réaliser ce désir.
J'ai dû, à Pinstar de l’ouvrier qu'un devoir distrait et éloigne à
toujours d'un travail favori. CESSOT
mon récit, an moment d'entre prendre le pieux pélérinage de Lourdes, qui inspire à tout chrétien les plus saintes pensées et remplit le cœur des plus salutaires émotions ; à la veille de faire conhaissance avec Paris, Ja ville-Jumire. lei centre de Pintelligence et du savoir, qui en même temps qu'elle est le foyer d’attraetion de tout l’univers est pour tout canadien-trançais un “LaMecque” vénéré où il retrouve À chaque pas. incrustés dans le bronze et le marbre.
et baise avec vénération les em preintes biies de la grande nation qui tressa notre berceau et nous légua les modulations de sa langue incomparable et les principes d'une foi conservée, enCanada intacte et vivace, malgré les rava
ne ges
de lathéisme qui menace de gagner jusqu’au cœur de Ja France.
J’'eus désiré évoquer les déchi-
rements pleins de tendresse qui
ontsignalé la séparation, le su prème aticu d'avec l'unique fille survivante, ia sœur chérie exilée par Vocation religieuse sur Ja terre d’Albion, anxieuse d'ouvrir ses entrailles à ue nouvelle semence de la foi chrétienne, sous le Sillon de la charité,
Jeus voulu appeler le plus heureux jour de mon voyage —.ce lui du retour à la Rivière-du Loupoù il me fut donné de revoir les bons amis. de trouver au foyer une épouse selon le cœur de Dieu et le mien, qui des mois durant ne connut que langoisse et linquiétude, un fils chéri auquel de tendres soins avaient appris à répéter avec amour le nom de Papa. dans sa prière enfantine.
À mon grand regret, il me faut hélas ! renoncer de faire revivre, dans cet humble Opuscule, l’écho de ces henreux jours.
Ma main a laissé échapper la
plume, il y a déjà six ans. Vou.
drais-je la reprendre que je ne Île pourrais plus : la rouille la recouvreet je mai plusle loisir ni la force de mener À terme l’œuvre commencée, Heureusement. pour moi, que le souvenir de ces jours envolés suffira. à lui scul, pour parfumer le reste d’une carrière à son déclin.
Je tiens cependant à clore, avant la fin du siècle qui s'éteint, ia narration de ces quelques réminiscences de voyage. pour les présenter, dès l’aube du vingtième siècle. à ma mère et aux chers miens comme un bouquet de fleurs fanées il est vrai. mais qui seront, j'en suis sûr, aimées d'eux, à raison des souvenirs qui les embaument.
Fraserville, 31 Décemhre 1900.
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