SUZETTE , ZOÉ , LA MERE PETIT- PRE, BÉNARD
LA MÈRE PETITPRÉ , d'un air joyeux et sans voir Bénard. Elle entre par la porte du second plan , à gauche. Mam'zelle ! mam'zelle ! un bon débarras ! il est dehors!
RENARD, à Zoé, avec force. Ah! vous l'entendez !..
la mère PETITPRÉ, scandalisée. M. Bénard , à présent !
(Elle va se placer a l'extrême droite, après avoir dépose son bougeoir sur la table.)
renard , à Zoé, avec force. Il est dehors, la bonne le dit. Ainsi , vous cherchiez à m'abuser encore?v.
zoé. Etienne ! Etienne ! les apparences m'accusent, et pourtant, je vous le répète , je ne le connais pas , je ne sais qui il est.
SUZETTE , à part. Allons , il faut que j'arrange ça.
renard. Mais, cet homme , il faut bien qu'il soit venu ici pour quelqu'un... {Se. tournant vers la mère Petitpré.) Est-ce donc pour madame ?
la. mère tetïtpré. Ah ! Seigneur du ciel ! moi qui ai nourri onze enfans, dont six à moi appartenant!.. M. Bénard, il est vrai qu'il était dans ma chambré , mais...
SUZETTE , interrompant la mère Petitpré. Zoé , je crois qu'il vaut mieux tout dire. ..
LE MAGASIN THEATRAL
ZOÉ , surprise. Comment?
suzette. Oui , c'est bien plus simple.
bénard. Oui, parle.
la mère PETITPRE. Oui, dites-la, la vérité ! Car moi, depuis tantôt, je vas et viens sans savoir, sous votre respect, comme le télégraphe ; ce n'est pas un rôle à jouer.
BÉNARD , à Suzette, en la faisant passer auprès de lui. * Explique-toi.
SUZETTE, à Bénard. Eh bien ï oui... un jeune homme est venu ici.
BÉNARD , triomphant. Ah !
la mère petitpré , avec conviction. La ^ voilà , la vérité... la vraie vérité ! /ZOÉ , à part. Que fait-elle ?
suzette. Et ce jeune homme... c'est...
le prétendu de Zoé.
(Elle fait h Zoé des signes d'intelligence qui ne doivent être vus que d'elle; Zoé ne comprend pas.)
BÉNARD, vivement et avec chagrin. Son prétendu !
la mère petitpré, à part. Tiens î moi qui l'ai agoni !
/ zoé. Que dis-tu?
suzette. M. Dumouchel était sorti ; Zoé reçut ce monsieur, qui s'aperçut bien vite qu'il ne plaisait pas. Il le dit gaîment à Zoé... en lui proposant de rompre avec M. Dumouchel. « Ah ! monsieur , lui dit Zoé , en prenant son petit air... (Elle rimite.) vous avez lu dans mon cœur ; il appartient à un autre , au frère de ma meilleure amie... » N'est-ce pas, Zoé?
BÉNARD , vivement. Il se pourrait ?
ZOÉ, avec embarras. Je ne sais que...
répondre...
bénard , avec joie. Ah ! Zoé ! Zoé ! ne craignez pas de me le dire...
la mère petitpré. Mais tout cela ne m'explique pas la cachette.
bénard. Ni à moi.
ZOÉ , à part. Ni à moi.
SUZETTE , à Bénard. C'est dans ce moment que la voix de M. Dumouchel se fit entendre ; et afin de ne pas paraître s'être concertée avec ce jeune homme, elle le cacha en attendant l'occasion de le faire sortir. Et Zoé , craignant ta jalousie , n'a pas voulu te le dire.... Rien de plus simple, rien de plus naturel.., Qu'en pensestu?
LA MÈRE petitpré , à part. Comme je n'entends pas l'hébreu , je m'en vas.
(Elle sort par le deuxième plan h gauche.)
* Zoé, Suzette, Bénard, la mère Petitpré.