Voir infra
1er ici, c'est le nouvel esprit qui va présider à Télaboration des tarifs. Avant la loi 5 de 1910, de nombreuses exemptions de droits étaient accordées ; d'où il résultait une double inégalité : d'abord une faveur pour les entreprises jouissant de l'exemption, ensuite un surcroît de charges pour les autres contribuables, car il faut bien que le budget s'équilibre. Aujourd'hui le Congrès seul peut accorder des exemptions et il y a tout lieu d'espérer qu'il le fera avec modération. Il est mieux d'accorder des subventions en argent, parce qu'ainsi on peut évaluer ce que coûtera au trésor la faveur accordée.
Une refonte du tarif douanier était à l'étude en 1912. Ce n'est pas encore l'application du tarif ad valorem, mais on s'y achemine.
On fixe les droits d'après la valeur des articles, mais sur la base du poids brut. La nomenclature des articles qui doivent payer est beaucoup plus complète ; ils sont classés rationnellement et les charges sont réparties avec plus de justice. D'autre part, le nouveau tarif ne perd pas de vue la légitime protection que doit l'Etat aux industries dont il convient de favoriser le développement dans l'intérêt général du pays. Mais il ne faut pas faire de protectionnisme à outrance et maladroitement. S'il est bon de favoriser le développement des industries qui travaillent soit avec des matières premières du pays même, soit avec des matières premières étrangères, il n'y a pas grand intérêt à protéger
les manufactares qai se servent de matériaux déjà transformés à l'étranger. Telles sont, par exemple, les fabriques de tissus, employant des fils de coton ou de laine venant tout faits de l'étranger. Le fil équivalant à 75 pour 100 de l'étoffe, les fabriques de tissus contribuent seulement pour 25 pour 100 à la confection des étoffes. Il n'est donc ni intéressant ni juste de mettre des droits énormes sur les étoffes et de dégrever les fils à tisser. Au contraire, en élevant les droits sur les fils de l'étranger, on obligera les fabriques de tissus à filer elles-mêmes leur matière première, et par suite, à employer le coton et la laine du pays, pour le plus grand bien de l'agriculture et de l'élevage.
Dans cette matière très délicate de la protection à accorder à l'industrie, il ne faut avancer qu'avec une extrême prudence. La protection ne doit être accordée sous une forme modérée et juste qu'aux industries qui ont réellement une raison d'être dans le pays et qui pourront plus tard vivre sans elle. En Colombie, on doit tenir compte que les moyens de communication faciles et à bon marché manquent dans beaucoup de régions et que des objets fabriqués dans certaines parties de la République peuvent difficilement pénétrer dans d'autres. En grevant de droits très lourds les objets étrangers, en concurrence avec ceux du pays ne pouvant aller partout, on écrase injustement le consommateur, obligé par la force des choses d'acheter l'article provenant du dehors. Le moyen de résoudre
cette difficalté est d'établir un tarif douanier différent selon les ports d'entrée : très bas, là où l'objet national ne peut pas pénétrer, élevé là où il est fabriqué ou peut pénétrer facilement. D'ailleurs, en Colombie les tarifs ne sont pas uniformes dans toutes les douanes; le précédent existe donc.
Les principales douanes de Colombie sont les suivantes, non par ordre d'importance, mais par simple ordre alphabétique :
Araueay Barranquilla, Btienaventura, Cartagena^ Cûcuta, IpialeSt Orocué, Rtohacha, Santa Marta, Tumaco.
En étudiant à la fin de ce chapitre les principaux ports de mer de la République, nous aurons l'occasion devoir l'importance commerciale de ces douanes.
Il n'y a pas en Colombie d'industries qui priment de beaucoup les autres au point de mériter d'être étudiées séparément, comme nous l'avons fait pour les produits du sol et du sous-sol. Nous allons donc prendre une autre méthode et voir successivement, dans chaque département, les initiatives qu'il est intéressant de signaler :
Dbpartbmbnt d'Antioquia. — Nous ne parlerons pas de l'industrie minière et agricole de ce département qui a été traitée dans des chapitres spéciaux, mais seulement de l'industrie manufacturière qui a pris beaucoup de développement depuis quelques années, notamment à Medellin. Qu'il nous suffise de citer les fabriques de chapeaux de paille, de verrerie, de faïence, de machines
et objets de fer, de meubles de bois» d'objets de cuivre et de corne» de corde, de chocolat, de produits pharmaceutiques, d'huiles, de bougies, de bière, de savons, de chaussures, etc.
Les villes les plus favorisées par le commerce et l'industrie sont Medellin, la capitale du département, CaldaSj Itagûi^ Puerto Berrio^ Santo Domingo, dans la province du centre; Carmen, Rionegro, Santuarto, province d'orient ; Amalfi, Remedtos, Segovia, Zaragoza^ province du nord-est ; Sopetrdn, Sucre, province de Sopetràn ; Sonson, province de Aures ; Buriticd Urrao^ province d'occident ; Tredonia, province du même nom ; Yarumal, Cdceres, province du nord ; Jericâ, province du sud-ouest, etc., etc.
En dehors de plusieurs banques très honorables, il existe, dans le département d'Antioquia, deux banques principales à Medellin : El Sucre et El Republicano, qui possèdent Tune et l'autre un capital de soixante millions de pesos (( 60.000.000) papier-monnaie ^ La première est divisée en actions de ( 10.000, qui sont cotées à 120 pour 100 de prime. La seconde a des dépôts pour une valeur de ( 2.500.000 et ses actions sont cotées à 60 pour 100 de prime. Il y a également une banque dans la ville de Rionegro et une autre à Sonson, toutes deux de moindre importance que celles établies dans la capitale.
1. C'est-à-dire, en or, 600.000 piastres ou 3 millions de francs.
11 y a un établissement pour la frappe des monnaies qui doit fonctionner maintenant.
Département de l'Atlàntigo. — Dans ces dernières années, les industries de tissus et de distillation de liqueurs ont pris un grand développement. Il faut mentionner aussi les fabriques de parfums, de bougies, de dentelles, de chaussures, de sandales, de chapeaux, de bière, de glace, de pâtes alimentaires, de confitures, de cigarettes, de verre, de chocolat, d'eaux gazeuses, de mosaïques, de gravures, de meubles, d'articles de poteries, d'huiles, de poudre, de hamacs, d'allumettes, d'éventails et d'objets en fil métallique.
A l'heure actuelle, il y a deux banques, qui jouissent d'un très bon crédit, toutes deux situées kBarranquillay capitale du département : le Banco comercial et la banque V. Dugand e hijo.
Les villes qu'il convient de citer dans ce département pour leur développement industriel ou commercial sont :
Barranquilla, Puerto Colombia, province de Barranquilla, Sabanalarga et Baranoa, province de Sabanalarga.
Département de Bolivar. — Parmi les principales industries il faut mentionner la distillation des liqueurs, la fabrication des chaussures, des sandales, des bas, du savon, des allumettes, des tissus de coton, du tricot ; le raffinage de pétrole, les chapeaux de paille, les hamacs, les produits chimiques, les paniers de paille.
les meubles en boisi la parfumerie» la glace, la dentelle, la poterie dans toutes ses branches et les moulins à blé.
Les villes les plus commerçantes ou industrielles sont : Cartagena^ capitale de la province du même nom et du département, qui, entre autres industries, possède une fabrique de tissus de coton occupant plus de 150 ouvriers et une banque : Martinez et G'*; Corozal, capitale de la province de Gorozal, ville riche et très commerçante; Mompos^ capitale de la province de Mompés ; Lorica, capitale de la province de Sinû ; El Carmen, province du même nom ; Magangué, capitale de la province de Magangué, cité très commerçante^ principalement à l'époque de ses grandes foires ; enfin plusieurs lies de la province de Providencia, dont le commerce est principalement le trafic des noix de coco.
DiÎPARTBMBNT DB Boyâgà. — Parmi les principales industries, il faut mentionner la fabrication des tissus de laine et de coton, au moyen de procédés encore assez antiques. Les villes qui se font remarquer par leur commerce en ce genre d'étoffes sont : Garagoa, Ramtriquif Patpa, Soatdf El Cocuyj Tunja et Gûtcdn. Dans d'autres localités, on se livre de préférence à la fabrication d'engins de toutes sortes, à la préparation des cuirs, etc. La seule fabrique qui possède un bon outillage est celle de fils et de tissus de Samacd (province du Centre) ; elle prend chaque jour une plus
grande extension» grâce à l'excellence de ses produits. On compte aussi différents moulins à farine mus par la yapeur.
Tunja^ province du Centre, possède une fabrique de chocolat, différentes manufactures et deux banques principales : Banco de Occidente et Banco de San Lazaro ; — Chtquinquird, province d'Occident, est une ville très commerçante, qui possède aussi plusieurs fabriques et une banque, le Banco de Occidente ; — Moniquird, province de Ricaurte, fabrique d'excellentes confitures ; — enfin Garagoa, province de Neira, fait un commerce important de ses produits, notamment de ses troupeaux.
Département de Galdas. — Il y a dans ce département des fabriques d'objets de première nécessité» comme les bougies, le savon et autres; on transforme la fibre de Tagavé en sacs d'emballage et en cordes ; la paille d'iraca en chapeaux, industrie qui constitue une véritable source de richesse pour quelques municipalités, comme Aguadas et Santa Rosa de CabaL On rencontre aussi un certain nombre d'établissements industriels, où se fabriquent des boissons, comme bière, kola, cidre et autres, de grande consommation, et toutes sortes de liqueurs distillées dont la base est l'alcool. Le monopole des liqueurs constitue le revenu le plus appréciable du département.
ManizaleSf capitale de la province de Manizales et du
département, possède une fabrique de chocolat, trois
usines pour décortiquer le café, dont une mue par l'électricité et les deux autres par l'eau, et une fabrique oh l'on tisse les étoffes de laine.
Il y a à Manizales quatre banques de change et d'escompte : Banco de Deposito, Banco de los Andes, Banco industrial, Banco de Manizales. La moyenne de l'intérêt de l'argent est le 2 pour 100 mensuel.
Aguadas, province de Manizales, est célèbre par ses chapeaux de paille; Pereira, province de Robledo, a, tous les six mois, une foire industrielle, qui est en son genre la plus riche de celles qui ont lieu dans le pays ; enfin, Riosucio, province de Marmato, soutient un commerce des plus actifs.
Département de Gauga. — Il existe des manufactures de tissus de laine et de coton et des fabriques de chapeaux de paille dans ce département.
A Popaydn, capitale de la province du même nom et du département, on remarque une fabrique de cigares, cinq fabriques de cigarettes, quatre fabriques de feux d'artiGce, deux fabriques de guitares, une fabrique de formes pour chaussures, huit fabriques de briques, une fabrique de bas, etc. II y a aussi à Popayan trois sociétés d'épargne et trois banques principales : Banco del Estado, Banco comercial, Mufioz y G'*.
En dehors de la capitale, nous pouvons encore citer comme villes où le commerce et l'industrie sont assez développés : Caloto, capitale de la province de Gamilo Torres, grand centre industriel et manufacturier, et
Santander^ capitale de la province du même nom.
Département DE Gundinamargâ. — L'industrie ma-^ nufacturière se développe dans ce département. A Bogotiy se sont établies des fabriques de tissus de laine et de coton ; dans la province d'Ubaté, ce sont des fabriques de faïence et autres articles. Le commerce d'importation a son centre à Bogota el est considérable ; celui d'exportation consiste en café, cuir, caoutchouc, tabac, chapeaux de panama et autres articles .
Le commerce d'exportation et d'importation se fait par les ports de Girardot et de Honda.
11 y a dans le département huit banques principales : la Banque de Colombie, la Banque de Bogotd, la Banque centrale, la Banque hypothécaire, la Banque des agriculteurs, la Banque des exportateurs, la Banque de location {Inqutlinato) et la Banque d'économie mutuelle.
Selon les renseignements donnés par le conseil d'administration, pour le premier semestre de 1912, la Banque de Colombie possédait à cette époque un actif en or de { 3.998.391,46.
Elle avait en comptes courants, ( 1.006.839,03.
— en dépôts à vue, $ 306.007,87»
— en dépôts à terme, { 1.428.237,54.
Les actions représentant le capital de la Banque sont au nombre de 12.000. Dans le premier semestre^
1. Ce dividende ne représente certainement pas celui de l'année entière, mais de six mois seulement. 11 équivaut donc à 10 pour 100 environ de la valeur en bourse des actions.
de 1912, il a été réparti un dividende de } 3 or anglais par action. Les actions sont cotées sar le marché 1 65 or anglais.
La Banque centrale est au capital de } 2.300.000; le nombre de ses actions est de 30.821.
Du bilan présenté à l'assemblée générale des actionnaires par le conseil directeur de la Banque hypothécaire, nous extrayons les renseignements suivants :
Sommes versées (60 pour 100) pour les 5.000 actions émises et souscrites, } 300.000.
Obligations hypothécaires, { 635.980,78.
Obligations à recouvrer, ( 46.300.
Intérêts pendants, } 28.836,75.
Fonds de réserve, K 90.300.
Comptes courants, ( 97.263,64.
Dépôts, i 116.937,70.
Dans le premier semestre de 1912, la Banque a réparti un dividende de } 3,60 par action, soit 12 pour 100 par an du capital versé.
La Banque de Bogota^ d'après la balance générale de comptes au 30 juin 1912, possède un actif de {1.475.411,57. Elle a (752.606,02 en comptes courants 01(206.308,23 en dépôts.
Les actions sont en banque au prix de j| 3S mais sur
1. Nous reproduisons le chiffre donné par le Cen$o gênerai de la Bepùbliea de Colombia 4942, mais nous craignons qu*il n*y ait eu une erreur d'impression, un zéro d'oublié, car une action de $ 3 ne peut pas rapporter $ 2 par semestre !
le marché, elles valent un peu plus. Le dividende réparti dans le premier semestre 1912 a été de | 2 or par action.
A l'exception de la Banque de Colombie, les banques donnent» pour les comptes courants, 3 pour 100 d'intérêts par an, sur le solde minimum mensuel. Pour les dépôts, dans toutes les banques, les intérêts sont de 3 pour 100 par an à 3 mois de préavis, de 4 pour 100 par an à 6 mois, et de 6 pour 100 par an à un an de préavis.
II y a une banque de crédit à Fusagasugâ.
Dans le département de Gundinamarca, fonctionnent plusieurs compagnies d'assurances : en premier lieu, la Compagnie générale dassurances^ avec un capital de S 2.000.000 or, puis la Compagnie colombienne d assurances de toutes sortes. Cette dernière possède un capital de H 300.000 or, divisé en 100 actions de ( 3, payables intégralement au porteur ^ Elle répartit un dividende qui varie entre 10 et 11 pour 100 annuels par action. Ces compagnies sont colombiennes. L'Équitable des États-Unis d'Amérique et Le Soleil du Canada ont établi des succursales qui ont bien réussi.
Le département de Cundinamarca a pour capitale Bogota, capitale de la République, dont le commerce est très actif et où se développant différentes industries»
1. n y a certainement une erreur de chiffre, car un capital de S 300.000 ne peut pas être représenté par 100 actions de $ 3. Ce doit être 100 actions de $ 3.000.
Dans ces derniers temps deux fabriques de ciment se sont installées, dont une se consacre spécialement aux carreaux et l'autre au ciment en poudre et aux blocs compacts pour la construction. Elle est arrivée, grâce au bon marché de ses produits et leur excellente qualité, à empêcher l'importation de ciments étrangers. Il y a beaucoup de fabriques de bière et plusieurs fabriques de faïence, des fabriques de chocolat, une verrerie. On doit signaler aussi tout particulièrement la Fabrique nationale de tissus, qui produit des draps de laine, noirs et de couleurs, des couvertures de lit, des couvertures de voyage, des étoffes de laine et des tissus pour robes de dames, le tout de très bonne qua- Uté.
C'est de ses grands ateliers que sont sortis les premiers draps de laine fabriqués en Colombie.
Au collège de Sainte-Gertrude, au monastère du Bon- Pasteur, et dans beaucoup d'autres établissements, fonctionnent de très bons ateliers ; on y fabrique de magnifiques articles tissés en laine, soie et coton; les meilleurs que l'on connaisse parmi ces produits sont ceux des ateliers de la Sainte-Famille, fondés en décembre 19 11, par le docteur Pedro Pablo Garcia.
Bogota renferme encore beaucoup d'autres fabriques, parmi lesquelles il convient de citer celles de cigarettes, de vermicelles, de macaronis et pâtes à potages, de mosaïques, d'allumettes, de cordes pour instruments de musique, de tissus de fibre d'agave (figue), de tapis pour
planchers, de cordes, de café moulu, de malles, de liqueurs iines et de biscuits.
L'Institut salésien, TÉcole des arts et métiers, les ateliers du chemin de fer de la Savane et ceux de la fabrique Ghaves et Ëquitativa travaillent admirablement le fer et produisent de beaux travaux : lits en cuivre, grilles de parcs, moteurs à vapeur, etc. L'Inslitut salésien fabrique des caractères d'imprimerie et édite des livres.
Il y a beaucoup d'imprimeries à Bogota, dont plusieurs sont mues par Ténergie électrique. Le blé de la Savane est réduit en farine par plusieurs moulins, qui non seulement approvisionnent le département de Cundinamarca, mais encore d'autres départements.
Parmi les villes importantes du Cundinamarca, il nous faut citer :
Facatativây capitale de la province du même nom, qui renferme plusieurs établissements industriels. C'est en outre un centre actif de commerce et le point de relâche des marchandises à destination de Bogota. Guaduas, capitale de la province de Guaduas, population riche et commerçante. Girardot, capitale de la province du même nom, le port fluvial le plus important du Ilaut-Magdalena. Caqueza, capitale de la province d*Orient, qui fabrique des étoffes de laine, des couvertures de lit et des objets en fibre d'agave. Son commerce est très actif, parce qu'il sert de lieu d'escale entre les grandes plaines {Llanos) et le plateau de
BogoU. La MesUf capitale de la province de Tequendama, marché très important dd à la riche agricalture de la région et principal centre du commerce établi avec les villes du Tolima. Elle prend un grand développement en raison de sa situation sur la ligne de chemin de fer qui va de Girardot à Bogoti. Enfin, Fusagasugd, capitale de la province de Sumapaz» dont nous avons déjà signalé la banque de crédit et qui jouit en outre d'un commerce très florissant.
DEPARTEMENT DB HuiLA. — En dohors de l'agriculture et de l'élevage du bétail, une des principales sources de richesses de ce département vient de sa fabrication de chapeaux de paille de jipijapa, connue à l'étranger sous le nom de panamas. Non seulement elle représente pour cette contrée des bénéfices énormes, mais elle a en outre l'avantage de donner du travail à d'innombrables bras.
L'industrie des tissus de laine et de coton commence à se généraliser dans le département. Mais ce qui caractérise surtout le département de Huila, c'est le commerce important d'importation et d'exportation qu'il soutient par le Magdalena. A l'étranger, il envoie de l'or, de l'argent, du café, du cacao, des chapeaux, des cuirs et du tabac; mais il commerce aussi avec le Tolima et le Gundinamarca ; et avec le Gauca par les voies directes de Guanacas et las Delicias.
La capitale du département est Netva, qui possède, entre autres industries, une fabrique de cigares en
pleine prospérité. Neiva entretient d'importantes relations commerciales ave^ l'étranger et avec les départements voisins^ grâce à sa situation sur la route de Bogoti à Popaydn, et aux vapeurs et embarcations qui, naviguant dans le Haut-Magdalena, remontent jusqu'à son port.
Département du Magdalena. — C'est l'élevage du bétail qui constitue la principale richesse de ce département. Néanmoins l'agriculture et le commerce y tiennent aussi un bon rang et il y a quelques manufactures. Parmi celles-ci il convient de citer les fabriques de chapeaux de paille, de serviettes, de conserves, de liqueurs, d'objets d'écaillé, de fibre d'agave et de bois.
Le traGc commercial entre Barranquilla, Puebloviejo et la Ciénaga est très important, et le commerce du département de Magdalena avec l'étranger et les Antilles est considérable. Il exporte toutes sortes de produits, notamment du café, des bananes, des perles, de la houille, des cuirs, du dividivi, de l'écaillé, du corozo, des résines, du caoutchouc, des noix de coco et des troupeaux.
Parmi les villes intéressantes à signaler, il y en a deux principales : Santa Marta, capitale du département, une des plus grandes baies de l'Atlantique et une des villes les plus fameuses avant l'Émancipation. — Son commerce va se développer de jour en jour, grâce au chemin de fer qui la mettra en communication avec le rio Magdalena et qui est déjà complètement terminé jusqu'à
Aracataca ; — et R<o Hacha, capitale de la province de Padilla» port très important par son commerce actif avec l'étranger. II s'y fait, avec les Indiens» un gros trafic de corozo, caoutchouc, Jividivi et autres produits à destination de l'Europe.
Département deNârino. — Parmi les manufactures du Narifio, la fabrique de chapeaux en paille de toquilla^ mérite une mention spéciale. Elle constitue le plus beau joyau du commerce du département, et c'est par , le produit de cet article de valeur que le Narino paye la plus grande partie de ses importations. A la confection des chapeaux sont occupées des populations entières et même des provinces, comme celles de Guanambû et La Cruz del Mayo, qui, par contre, ont délaissé l'agriculture, base positive de leur prospérité.
Les fabriques, et spécialement celles d'ébénisterie, de selhrie et de cordonnerie, ont pris un grand développement. Il est h remarquer qu'à l'exposition industrielle de Quito, à laquelle prirent part différentes nations, les deux tiers des premiers prix ont été décernés à des exposants du Narino.
Le développement des industries textiles n'est pas encore au point dans ce département; cependant, la plupart des indigènes qui habitent les savanes de Tûquerres et Obando, font des tissus de laine avec les-