‹ René Roger: La Colombie économique. Avec un extrait du code minier colombienChapitre 168 sur 196 · Voir supra, chapitre · texte numérisé non relu

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pour les finances d'un pays que des emprunts trop lourds, amortissables ou perpétuels, c'est le danger de la dette flottante. L'émission de bons du trésor, qui ne devraient être qu'une simple avance de caisse, est devenue un expédient pour boucler les budgets en déficit, et

La garde qui veille aux barrières du Louvre

n'en défend point nos ministres, surtout quand ceuxci se refusent à un emprunt, chose loyale et claire pour tout le monde, mais peut-être impopulaire, pour se servir de moyens de trésorerie qui passent inaperçus aux yeux des contribuables. Aussi ne pouvons-nous que louer le ministre des Finances de Colombie, M. F. Restrepo Plata, de vouloir que les bons du trésor ne puissent pas dépasser l'échéance d'un an et excéder 6 à 7 pour 100 du budget totale C'est une très sage mesure, car par l'émission exagérée de bons du trésor, à échéance lointaine, la Colombie pourrait retomber dans la situation où l'a mise le papier-monnaie, et dont elle fait de si louables efforts pour sortir.

Pour faire face à des dépenses que l'on peut qualifier d'extraordinaires, mais qui n'en sont pas moins indispensables pour l'avenir économique du pays, M. Restrepo Plata a demandé dernièrement aux Chambres de voter une loi autorisant un emprunt de (22.000.000

i. Informe delministro deBaciendaalCongreso, 1913. BogotÂ.

pour les grands travaux suivants, dont une partie devient de toute urgence, en raison de l'ouverture prochaine du canal de Panama. Voici comment le ministre des Finances de Colombie voudrait que fût faite la répartition du produit de l'emprunt :

Dollars.

Pour l'assainissement et l'aménagement des

ports 4.000.000

Pour le chemin de fer de Tamalameque • • . 5.000.000

Pour le chemin de fer de Narino 5.000.000

Pour le chemin de fer de Villavicencio . . . 2.000.000

Pour la défense nationale 3.000.000

Pour le développement de l'instruction publique et de l'agriculture 1.000.000

Pour divers travaux 1.500.000

Total 20.500.000

Il est certain qu'on voit toujours avec peine un pays déjà lourdement chargé par rapport à sa vitalité financière, contracter de nouveaux emprunts, mais d'autre part, si la Colombie comptait sur ses revenus annuels pour exécuter les grands travaux, qui lui sont indispensables, elle ne les terminerait jamais. Il y a là une sorte de cercle vicieux : les emprunts obéreront évidemment sa situation financière, mais d'autre part, pour exploiter ses richesses et par suite améliorer cette situation, il faut exécuter des œuvres qui les mettent en valeur. Le gouvernement a donc pris peut-être la meilleure solution en demandant à contracter un em-

prunt, mais s'il est décidé et placée il faudra éviter que l'argent n'aille à d'autres fins que celles auxquelles il est destiné, car dans les pays, où l'initiative parlementaire existe en matière de dépenses, on peut s'attendre à tout.

Nous venons de dire que les revenus annuels de la Colombie ne pouvaient suffire à des dépenses extraordinaires : examinons donc comment ont été établis les budgets de ces dernières années.

Il y a plus d'un siècle, avant 1810, les revenus de la Nouvelle-Grenade étaient de ( 1.550.000, répartis ainsi ^ :

V Dollars.

Douanes 600.000

Alcabala 100.000

Ferme ou tabac 300.000

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