Santa*Marta est situé dans le département de Magdalena
de créer dans les parages de Sévilla, d'Aracataca, de Buenavista, etc., seront en plein rapport.
C'est que lout est admirablement organisé par la grande Compagnie fruitière américaine, pour faire de la région de Santa-Marta l'un des fameux greniers dont parlait Humboldt, pour favoriser l'extension et l'exploitation dos bananeries et faciliter le transport et l'écoulement de leurs produits : des crédits sont largement ouverts aux propriétaires qui n'ont pas les moyens de mettre leurs terrains en valeur ; des chemins de fer desservent toutes les grandes plantations et des trains y circulent nuit et jour, recueillant dans les nombreux dépôts installés le long des voies, les régimes qu'on y apporte incessamment en chars à bœufs ; à condition, toutefois, qu'ils ne soient pas maculés de boue, n'aient pas reçu de coups et soient complets ; car toute grappe à Laquelle il manquerait une seule banane, serait rigoureusement refusée par les agents de VAmerican Fruit C«.
Les régimes sont, d'après le nombre, la grosseur et la qualité des fruits, divisés en deux classes distinctes : ceux de la première sont payés au planteur 1 fr. 75, ceux de la seconde 1 fr. 25.
Toute la production bananière de la région de Santa-Marta est acquise d'avance, aux prix ci-dessus, ei suivant contrat, à la puissante Compagnie américaine. Si un planteur, épris d'indépendance, se proposait de vendre ailleurs ses bananes, il ne pourrait le
faire, pour la raison bien simple qu'il lui serait impossible d'obtenir de la Compagnie des chemins de fer, laquelle est sous le contrôle de celle des fruits, un seul wagon pour le transport de ses produits. Mais cela na jamais lteu\ les prix que nous indiquons plus haut étant, pour le moment du moins, des plus rémunérateurs.
On a prétendu, bien des fois, que la banane laissait un bénéfice net de 5.000 à 6.000 francs par hectare; mais il y a là quelque exagération. Ces chiffres sont peut-être exacts si l'on parle de petites plantations situées à proximité de grands centres de consommation, mais lorsqu'il s'agit de bananeries faisant de la culture extensive en vue de l'exportation, comme dans le cas qui nous occupe, les bénéfices se réduisent
1. L'auteur du Voyage en Colombie n*a peut-être pas été bien renseigné, si l*on en croit ce qu*a dit la presse offlciellement et officieusement. (Voir supra, page 78.)
Le ministre des Travaux publics a déclaré que sans Touloir éUidier si les faits incriminés étaient toujours exacts, il les acceptait comme tels, pour pouvoir exprimer son opinion au sujet du chemin de fer de Santa-Marta. Il a constaté que ces faits, insupportables esi euxmêmes, avaient été la base fondamentale de la forte opposition fM^^ par Topinion publique à la Compagnie firuitière et à la Compagui^ du chemin de fer de Santa-Marta. Il a estimé que le moyen de corriger ce qnll pouvait y avoir d'injuste dans l'influence de la Compagnie fk'uitière n'était pas de provoquer l'acquisition du chemin de tet par une autre compagnie, car tout administrateur, même sao* ^® prêter à des abus, ne pourrait faire autrement que d'avoir uae déférence particulière pour la Compagnie fruitière, son principal client- Pour lui, le seul remède serait l'acquisition du chemin de 1er P^ rÉtat. [Memoria del MinUtro de Obraa publica», 1912.)
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à 800 francs, en moyenne, par hectare ; car il faut toujours compter avec certains risques ou aléas, tels que : la sécheresse, les inondations, l'excès de sel du terrain, les cyclones ou les vents violents, les sauterelles, etc., qui compromettent trop souvent le sort des récoltes. >
Les districts de la Giénaga et Puebloviejo, sont les seuls, dans la province de Santa-Marta, où la culture de la banane ait pris un grand développement. Voici quels ont été les chiffres d'exportation pendant une période de dix années ^ :
La superficie cultivée est d'environ 11.000 hectares, dont 3.000 appartiennent à la United Fruit Company ', mais on peut évaluer à 50.000 hectares
1. Rapport du goavernear du département de Magdalena de 1912, inséré dans le Boletin del MinUterio de Relacionea exteriores. Bogoté