‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 114 sur 149 · EN · texte numérisé non relu

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Dans le but d’arbitrer exactement la valeur des marchandises importées et exportées, un décret beylical du 15 mai 1920 a institué une Commission permanente des valeurs de douane, dont les évaluations concordent sensiblement avec les cours des produits similaires de l’Algérie.

Sous l'empire de ce nouveau mode de détermination des valeurs, le mouvement du commerce général de la Tunisie avec la France, l’Algérie et les puissances étrangères a atteint en 1920 (importations et exportations réunies)

972.620.000 fr., total supérieur de 484.830.1 47 fr . , soit de près de 100 G/0, aux chiffres correspondants de l’année précédente.

Ce total se décompose ainsi :

Importations 635.562. 572 francs

Exportations... 337.057.478 —

La différence existant entre les bases d’évaluation respectivement adoptées en 1919 et en 1920 ne laisse pas de compliquer l’examen comparatif du mouvement commercial des deux années. Les valeurs des importations de 1919, basées sur les déclarations des intéressés, sont, dans l’enseinble, assez proches de la réalité et, par suite, leurs taux ne sont pas très sensiblement inférieurs à ceux que la Commission des valeurs a adoptés en 1920. Au contraire, en ce qui concerne les exportations, les taux d’évaluation de 1 année dernière sont trois fois plus élevés que ceux de 1919 qui sont, comme on le sait, les taux d'avant guerre. 11 s’ensuit que, pour être mis valablement en parallèle avec celui de 1920, le montant des exportations de 1919 doit être triplé.

On constate, dans ces conditions, que les sorties de l’année dernière ont, par rapport à celles de l’année précédente, diminué de près de 50 0/0; 337 millions de francs confie 202.000 X 3 =

606.000 francs. Ouant aux entrées, elles ont plus que doublé passant de 285.761 .000 francs en 1919 à 635.562.000 francs en 1920.

Le tléchissement des exportations a été motivé en premier lieu par le déficit de la récolte de céréales en 1920, et aussi parla médiocrité de la campagne oléicole 1919-1920. La même pénurie, causée parla sécheresse, s’est également fait sentir dans d’autres productions, et notamment dans celle des fèves. Aussi la Tunisie, qui avait exporté en 1919 2.781.000 quintaux de céréales en grains et de fèves, n’en a exporté en 1920 que

416.000 quintaux et les importations de l'espèce, qui se réduisaient, il y a deux ans, à 5 000 quintaux, se sont élevées l’année dernière à 637.000. De même, les exportations d'huiles d’olive et de grignons tombaient de 234.000 quintaux en 1919 à 6.000 en 1920. Ce ne sont là, d’ailleurs, que les traits les plus saillants d'un état de choses qui a

affecté, l’an passé, toute la production agricole de la Régence et qu’ont encore accentué des restrictions d’exportation justifiées par le souci du ravitaillement local.

La recrudescence des importations est, d'autre part, la conséquence de la reprise des affaires en France, de l’amélioration des transports et, par tant, de la possibilité donnée au commerce et à l’industrie de la Régence de renouveler leurs approvisionnements, de reconstituer et réparer leur outillage, toutes choses à peu près interrompues depuis la guerre et nécessitant des achats d’autant plus importants.

Le pourcentage français dans le commerce d’importation tunisien qui était en 1919 de 32,16 0/0, passe en 1920, à 46,66 0/0.

Exprimées en quintaux, les importations en provenance de la Métropole se sont chiffrées ainsi qu’il suit pendant les deux dernières années :

soit une augmentation de 602.222 quintaux.

11 convient (le noter que, tandis que l’importation des tissus de coton de provenance française a presque triplé, celle des cotonnades anglaises a, dans le même temps,' diminué de plus de le moitié (25.116 quintaux en 1919,

10 836 en 1920).

Les principaux autres fournisseurs de la Tunisie ont contribué à ses importations en 1920 dans les proportions suivantes :

Etats Unis 13.61 %

Angleterre . 10,89 %

Italie 8,28 %

Algérie 5,06 %

L’importance de la part des Etats-Unis dans ce pourcentage tient aux achats de blés effectués en Amérique par le gouvernement tunisien et aussi à une plus considérable importation de machines.

Comme on l’a vu plus haut, les exportations tunisiennes de l’an dernier ont diminué, en valeur, de près de moitié par rapport à 1919, et cette régression a à peu près exclusivement intéressé les produits agricoles. Cette constatation est reildue particulièrement évidente par l’examen des exportations à destination de la France. A la vérité, leur tonnage est plus élevé en 1920 (8.978.691 quintaux) qu’en 1919 (7.995.217 quintaux), mais cela tient à une plus considérable sortie de phosphates qui, malgré son importance, est loin de compenser, au point de vue valeur, le déficit de produits beaucoup plus riches.

On constate, au contraire, une augmentation importante dans l’exportation, sur toute destination, de matières première? telles que le liège l’alfa, les minerais, le sel marin. Celle des phos-

BULLETIN DU COMITE DE L’ AFRIQUE FRANÇAISE

phates (près de 15 millions de quintaux) a presque retrouvé son intensité d'avant-guerre.

La part de la France dans l’exporlation globale de la Tunisie en 1920 est, en ce qui concerne les valeurs, de 52,44 0/0. Celle des autres pays se chiffre ainsi qu’il suit :

Italie 13,59 %

Angleterre 12,34 %

Algérie 7,54 %

Belgique 2,84 %

Egypte 2,05 %

Tripoli . 1,91 %

Malte 1,91 %

Tous autres pays 5,64 %

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BIBLIOGRAPHIE

La Mission de Pléville-le-Pelley à Tunis (1793- 1794), par Pierre Grandchamp, chef de bureau à la Résidence générale de Fi anceà Tunis ; 1 vol. de xil-136 pages. — Imprimerie Rapide, à Tunis.

Tous les lecteurs de la Revue Tunisienne apprécient les travaux de M. Pierre Grandchamp qui a retrouvé dans les archives de Tunis d’intéressants documents dont il a extrait plusieurs notes sur l’histoire du vieux Tunis. Ces documents inédits sont publiés sous les auspices de la Résidence générale de France à Tunis qu’on ne saurait trop encourager à de telles publications.

L’épisode que raconte le nouveau travail de M. Pierre Gra dchamp se place à la fin du xviiic siècle. En octobre 1793, le Comité de Salut public et ses représentants à Marseille destituent le commandant Vence dénoncé comme suspect et bloqué’ devant Tunis par la flotte espagnole avec son escadre et un convoi de trente navires. Ils envoient pour le remplacer le commandant en retraite Plévillele Pelley qui après avoir débuté comme mousse et corsaire s’est distingué dans les guerres maritimes, et qui devait être plus tard amiral et ministre de la marine. Arrivé à Tunis, une enquête minutieuse lui ayant démontré la fausseté des accusations portées contre Vence, il refuse de lui enlever son commandement et, pour se justifier envers le Comité de Salut public, il écrit jour par jour et presque heure par heure ce qu’il voit et ce qu’il entend. C’est ce journal inédit et fort vivant dont M. Pierre Grandchamp fait la publication. Vence justifia la confiance de son camarade en sauvant sa division, et Pléville, après avoir assuré des envois de blés, put gagner la France et Paris et obtenir du Comité de Salut public approbation de son audacieuse transgression d’ordres formels.

Le journal de Pléville est plein de détails savoureux, notamment sur le rôle du célèbre consul général de F’rance Dévoué, très influent auprès du bey Hamouda, et sur l’etat d’esprit de la colonie française, la « Nation », comme on l’appelait alors même en Tunisie. A son arrivée Pléville est accueilli par un véritable plébiscite des Français en faveur de Vence qu’il vient destituer : et le plus singulier est que les officiers et les équipages de la division navale interviennent aussi par pétitions signées pour le maintien de leur chef : les marins du Duquesne terminent leur requête en suppliant Pléville « de rendre compte de ces particularités aux citoyens représentants du peuple et les assurer du républicanisme qui anime leur cœur, de leur soumission aux lois, de leur serment d’être fidèles au peuple français, it de la haine qu’ils ont vouée aux Rois. »

Pléville, qui avait été un homme brave — amputé de la jambe droite pour blessure de gueire depuis 1744 — et qui se révélait ici comme un brave homme, s’intéresse, dans son journal, à tous les faits politiques et économiques et il en rend compte fidèlement au Comité de Salut public dans des rapports que M. Pierre Grand champ publie également. Voici un curieux exemple de sa sollicitude pour les Français de ’l’unis :

Tunis, le 11 novembre 1793.

« Citoyens Représentants.

« C’est à votre justice ordinaire que je m’adresse encore au sujet

du consul de la République à Tunis (Devoize). Il est connu que l’estime méritée que lui porte le Bey et son Ministre de la Marine a été depuis longtemps fructueuse au commerce et aux négociants nationaux.

« Il est encore démontré que c’est par et pour luy que le Bey a manifesté sa protection à la flotte en ne mettant aucune entrave à ses besoins, accordant même des choses que nulle nation n'a obtenu jusques à ce moment.

« Compte vous en sera rendu sans doute par le Consul et par Vence. Ce Consul, bon républicain, jouit des bienfaits qu’il a procurés et procure. C'est tout pour son cœur. Mais je crois intimement que le séjour des bâtiments de l’État depuis la guerre et celui de la Division icy depuis six mois doivent luy coûter plus de vingt mille livres en sus de son traitement et cela d'après les changes et la localité.

« ’Ces appointements sont de 12.000 1. tournois par an, à ce que je crois, il est payé par quartiers et en piastres : cetle piastre valait ordinairement 35 sol» de France; elle a valu jusqu'à huit livres et depuis quelques jours seulement elle est à 3 1. 150. Le prix moyen de ces changes occasionne donc au Consul un déficit de 75%, de sorte que les 12.0i0 1. sont fictives et ne sont réellement pour sa dépense que 3.000 1. tournois.

« Comparer l'échelle de Tunis à toutes les autres en localités seroit une absurdité ; panout ailleurs qu’ic.y les capitaines, officiers, commissaires et autres employés à l’administrai ion peuvent aller à terre tous les jours pour les affaires du vaisseau et les divisions et revenir dîner et coucher à leur bord, naviguer de nuit, les rades étant tics près des villes de station.

« Icy il y a de Tunis à bord des vaisseaux cinq à six lieues. Chaque jour fournil de nouveaux besoius de venir à terre peur le capitaine, les officiers en son nom et les administrateurs. Ils n’arrivent à Tunis qu’à midy, ils ne peuvent repartir que le lendemain, parce que la chaîne entre la rade et le lac est fermée à cinq heures du soir.

« Leurs appointements ne suffiroient pas à leur diner et souper ; ils vont donc les prendre chés le Consul qui les accueille favorablement ; il ne se passe pas de jour en effet que je ne voye à sa table quatre ou cinq capitaines, officiers ou administrateurs venus pour le service de la Nation. «

Aujourd’hui encore ne pourrait-on pas reprendre le témoignage du bon Pléville en faveur de tel ou tel poste diplomatique, consulaire ou administratif L équemment visité par des missions venues de France? Le consul général Devoize a un peu partout des successeurs qui souffrent comme lui de l’insuffisance des frais de représentation I

Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne depuis les origines jusqu’à, l’invasion arabe, par Paul Monceaux, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; tome cinquième : Saint Optât et les premiers écrivains donalistes; 1 vol. in-8° de 346 pages. — Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte.

On retrouve dans ce cinquième volume les éminenles qualilés des travaux de M Paul Monceaux. Il est consacré à la vie et à l'œuvre de Donat de Carthage et de son école, de Tyconius, de Parmenanius de Carthage et de saint Optât.

Etude sur le dialecte berbere des Ait Segrou-

Cheu (Moyen-Atlas marocain), par Edmond Destaing, professeur à l’Ecole des Langues orientales; 1 vol. in-8° de 412 pages. — Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte.

En dehors des questions de phonétique, de morphologie et de synlaxe qui intéresseront les b-rbérisants, ce volume comprend un certain nombre de textes utiles aux officiers et administrateurs en contact avec cette importante tribu et une notice détaillée sur la tribu elle-même.

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Nous accepterions avec reconnaissance les listes de noms pour la propagande que MM. les Adhérents voudraient bien nous adresser.

Le Gérant ;J. Legrand.

PARIS. — SOC. O" D'iMP. ET D ÉDIT., 17, RUE CASSETTE.

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