‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 75 sur 149 · UNE ALLOCUTION OU MARÉCHAL LYAUTEY · texte numérisé non relu

UNE ALLOCUTION OU MARÉCHAL LYAUTEY

Avant le départ du maréchal Lyautey pour le Maroc , la Ligue maritime et coloniale a donné en son honneur à la Sorbonne une grande réception ou le maréthal et son œuvre ont été acclamés. Il a fait entendre là avec sa vi iueur uccoutumée quelques vérités qu'il faut répandre. Nous publions donc en entier ce discours qui restera comme l'un des plus originaux du maréchal Lyautey et qui fut prononcé en présence de M. Etienne et du général Gouraud.

Laissez-moi d'abord vous dire toute ma surprise et mon émotion, car je ne m’attendais nullement à une telle manifestation. Je comprends certes qu’on en ait organisé de semblables pour nos grands chefs de guerre, pour ceux qui ont sauvé la France, la civilisation et le monde sur la Marne, sur la Somme, sur le Rhin. Mais quand on songe à ce que sont mes titres militaires à côté des leurs, sans aucune fausse modestie, je trouve tout à fait inattendu qu’après le peu que j’ai fait, je sois aujourd’hui à cette place devant une telle assemblée.

Monsieur le Président, si la Ligue maritime et coloniale a voulu organiser cette manifestation et si je ne m’y suis pas dérobé, c’est parce que je sais et je sens qu’elle ne s’adresse pas à moi personnellement, mais bien d’abord à un principe, je veux dire à l’unité et à la continuité de commandement.

Si j’ai fait quelque chose au Maroc, depuis neuf ans, c’est parce que c’est le même qui y est depuis neuf ans.

Il aurait pu y avoir là-bas des hommes d'infiniment plus de valeur et de mérite, mais qui en se succédant les uns aux autres, n’auraient pu obtenir les mêmes résultats. Quel que soit le cocher, il est toujours préférable de ne pas le changer quand l’attelage est en route.

Le gouvernement et la France m’ont gardé pendant neuf ans au Maroc. C’est uniquement à cette continuité de méthode et de commandement que sont dus les quelques avantages que l’on a pu en retirer. Il y a peut-être là un enseignement à retenir.

Mais ce qui m’a fait surtout accepter le témoignage que vous me donnez aujourd'hui, c’est que j’ai senti qu’il s’adressait aux troupes des fronts extérieurs, aux troupes coloniales.

M. Chaumet et M. Rondet-Saint viennent de vous dire que le but de la Ligue maritime et coloniale était de créer en France une opinion coloniale et qu’ils étaient résolus à y consacrer tous leurs efforts. Avant eux déjà, il y a un homme qui a consacré toute sa vie à l’oeuvre coloniale, c’est celui qui est à côté de vous, Monsieur le Président ( M . le maréchal Lyautey désigne M. Etienne).

Personne ne se doute à quel point sa tâche a été

difficile et ingrate, mais personne ne sait mieux que nous quels services inappréciables il a rendus au pays en poursuivant pendant quarante ans avec ténacité, malgré l’ignorance ou l’indifférence du public, la constitution du domaine colonial français.

Le rôle, des troupes coloniales.

Puisque vous m’avez donné aujourd'hui cette occasion de parler au nom des troupes coloniales, j’en profiterai pour dire ce qu elles sont, ce qu elles font, ce qu’on leur doit, ce qu'il faut que désormais on leur accorde, comme tribut d’admiration et de confiance.

On les a réellement trop ignorées. On vous l'a dit tout à l’heure. J’ai le droit de le répéter, car je ne suis entré que très tard parmi elles. Pendant vingt ans, moi aussi, alors que j’appartenais aux milieux militaires métropolitains, j’ignorais presque complètement l’effort quotidien, l’œuvre héroïque, patiente, tenace, qui s’accomplissait sur tous les points du monde, en vue de créer une plus grande France.

Permettez-inoi de vous citer deux souvenirs, non pas certes pour dire quoi que ce soit qui ressemble à une récrimination, d'autant plus que ces souvenirs n’ont rien de personnel, mais uniquement pour servir à l’enseignement de demain.

J étais à Madagascar en 1000, auprès du général Gallieni, au 'moment où se livrait la guerre de l’Angleterre contre les Roers. Le général Gallieni et moi recevions les journaux illustrés anglais, \e Graphie et le Black and White. A cette époque, le général Gallieni achevait la conquête du Sud de Madagascar par les opérations les plus dures, sanglantes, méritoiies et méthodiques. Tous les numéros du Black and White et du Graphie contenaient comme page centrale, cette même page que nous avons vue pendant ces cinq dernières années dans les journaux anglais ét français, que nous appelions le tableau d’honneur et qu’en Angleterre on appelait le « Roll ofhonour ». Alors que cette page centrale était remplie des portraits et de la biographie des officiers et soldats anglais qui avaient été tués ou avaient reçu des blessures dans cette guerre du Transvaal, nous ne trouvions jamais dans un journal français une image ni un mémento en souvenir de tous les hommes qui là-bas tombaient à l’ennemi ou étaient blessés. On les ignorait.

Mais on ne les ignorait malheureusement pas tout à fait, car parfois il y avait des interpellations où l’on vitupérait contre ce que l’on appelait les aventures coloniales, on nous traitait de bandits... On en souriait parmi nos troupes, car on trouvait son plein de satisfaction dans cette œuvre que l’on sentait si féconde, dans cette joie de faire quelque chose et d’agir, dans le sentiment que l'on était, après tout, dans le monde, les seuls Français à se battre.

Bientôt je revenais en France, après neuf ans d’absence; j’étais reçu à bras ouverts par un

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homme qui occupait dans notre. haut état-major une des places les plus éminentes. Il m'avait témoigné beaucoup de bienveillance dans ma jeunesse. En me recevant il me dit : « EnHn, vous nous revenez ; vous rentrez dans 1 armée. — Mon général, je n'en suis jamais sorti. — Oh! depuis neuf ans, vous faites du tourisme. — II y a neuf ans, il y avait déjà vingt ans que j'étais officier et je n'avais jamais entendu un coup de fusil, tandis que depuis neuf ans, je n’ai pas passé une année sans en entendre. — Oh! des coups de fusil de nègres! — Mais ils tuent tout de même, mon général; le général Gallieni vient de mener pour la conquête du Sud de Madagascar, une campagne dans laquelle il y eut dixofliciers par terre, dans les cent hommes tués, et deux cents blessés. — Mais personne ne sait cela. — Cependant il y a eu des rapports envoyés, et je suis parfaitement sûr que le général Gallieni les a transmis, ils doivent être au ministère. — Je ne les ai pas vus. Et puis vraiment, ce n’est pas de la vraie guerre. Votre général Gallieni, qu’est-ce que c’est? — C’est un des plus grands chefs que j’aie approchés. — C’est un très grand préfet, il fait des routes, dirige des plantations, fait des chemins de fer. C’est très bien, mais ce n’est pas un militaire. — Ah! permettez, — Oh! je suis sûr qu’il serait incapable de rédiger un thème tactique ».

Je ne sais comment était rédigé le thème tactique du début de septembre 1914, mais quelle que fût sa rédaction, je crois qu’il ne fut pas étranger au salut de la France et de Paris.

Je rappelle tont cela sans aucune amertume, car il ne s’agissait pas de moi, mais de mes troupes et de mon chef. Et si je le dis, c’est parce qu’il faut que cela finisse et je ne suis pas tout à fait sur que cela soit fini.

Les hommes qu elles ont fournis.

Nos fronts extérieurs et nos troupes coloniales ont vu des choses trop dures pendant la guerre. Certes, je n’oublie pas un instant la différence qu’il y avait entre le fait de diriger, et à travers quels écueils, le grand navire qui portait la fortune de la France et du monde, et les petites chaloupes coloniales qu’il fallait gouverner; mais enfin celles-ci étaient montées aussi par des hommes qui se faisaient tuer tous les jours pour la France.

En août 1914, je renvoyai en France tous mes généraux sauf un, qu’il fallait bien garder pour le cas où il m’arriverait un accident. Et quels généraux: Franchetd'Espérey, Mangin, Dégoutté, Brulard, Humbert, Pellé,... Gouraud,... mon Gouraud (M. le maréchal Lyautey serre la main du général Gouraud aux acclamations de l'assemblée . )

Il fallait bien en garder un, je gardai le plus jeune : par ordre d’ancienneté, ce fut Henrys, que je vois ici à côté de moi. Je lui dis : « Mon pauvre ami, il m’en faut un, vous êtes le plus jeune, c’est vous que je suis forcé de garder. » Je n’ou-

blierai jamais avec quel sentiment d’abnégation désolée mais aussi avec quel regard de dévouement absolu et tendre il accueillit cet ordre qu’il ne discuta pas. C’est ainsi qu’il resta au Maroc de 1914 à 1916, jusqu’au moment où à son tour il fut remplacé et vint remplir son rôle, au front français d’abord, puis au front d’Orient, au front polonais où il rendit les services que l’on sait. Or, pendant trois ans au Maroc, il se battit tous les jours, allant de droite à gauche, pour empêcher de fléchir cette maison branlante, car nous nous demandions chaque jour par quel bout elle allait s’écrouler. Pendant ces cinq années, il n’est pas un seul jour où ses hommes ne se soient pas battus. Que l’on y ait très peu pensé, je ne songe pas à m’en étonner. Quand on était ici, à Paris ou dans le reste de la France, avec les Allemands à 60 kilomètres de Paris, avec le front de Verdun et de la Somme, il n’était pas possible en France de penser à autre chose. Mais aujourd’hui que c'est lini, que nous sommes rassurés momentanément pour nos frontières immédiates, je demande et je supplie que l’on récompense les troupes qui se sont battues, celles qui se battent aujourd'hui et qui vont se battre encore.

On se bat toujours au Maroc.

Ce que je redoute, c’est que justement par suite de ses promesses économiques, pe Maroc apparaisse trop sous forme de chemins de fer, de routes, d'exploitations minières. . C’est extrêmement intéressant, et Dieu sait si j’y applaudis; mais il ne faut pas que l’on oublie cependant que, si tout cela se fait, c’est parce que — je l’ai répété cent fois, hier encore — il existe une muraille vivante qui tous les jours oppose des poitrines aux dissidents, pour permettre au commerce, à l’industrie, aux hommes d’affaires de mettre ce pays en valeur, et que c’est grâce au sang versé quotidiennement que peuvent là-bas se gagner de l’argent, se réaliser des affaires, et se développer le domaine économique et industriel de la France.

Mais ce n’est pas fini. Plus que jamais nous avons besoin que ces troupes soient encouragées.

Au moment de l’armistice, la Croix de guerre se trouvait par suite d’une formule législative — une de ces choses que je ne comprends toujours que difficilement — automatiquement supprimée parce qu’il paraît que légalement elle n’avait été votée aue pour le front français. Nous la recevions pourtant, on la donnait en Orient. Mais voici ce qui est résulté de la formule législative dont je parle. A ce moment nous étions engagés dans de très dures opérations, nous perdions du monde tous les jours. Ces opérations ont duré pendant tout le mois de novembre. Lorsque, à la fin du mois, on lit le bilan des récompenses, il se trouvait qu’un homme cité à l’ordre, amputé le 13 novembre, avait la Croix de guerre, tandis qu’un homme cité et amputé le 15 ne l’avait pas. J’en fus stupéfait et lorsque je demandai des explications on me répondit : « On ne se bat plus. — Comment? On ne se bat plus? — Non, on ne

se bat plus sur la Meuse. — Soit : mais ici, on se bat toujours. » Il m'a été extrêmement difficile de faire comprendre à ceux qui ont perdu des bras et des jambes entre le 11 et le 15 novembre, au cours de ces opérations, pourquoi la Croix de guerre ne pouvait pas être accrochée sur leurs poitrines, alors que ceux qui avaient perdu leurs membres entre le 5 et le 1U novembre avaient droit à cette récompense. A ce moment-là, j’ai fait tous mes efforts pour demander qu'on leur donne la croix qu'ils avaient si bien méritée. Je ne serai pas démenti par le général Gouraud...

M. i.e général Gouraud. — J'a: fait les mêmes efforts dans le même but.

M. le maréchal Lyautey. — On m'a répondu, j'ai le télégramme : — « Avant 1914, les troupes coloniales n’avaient pas droit à la Croix de guerre. Il n’y a aucune raison puisque la guerre est finie pour qu elles la reçoivent maintenant. » Tout d'abopd il n'y avait pas de Croix de guerre avant 191 4, on ne savait pas ce que c'était, mais comme il y en a une maintenant, ne devait-on pas continuer à l’accorder à ceux qui se battaient? (1) Je crois qu’une mesure récente du Parlement reconnaît ce principe. Je ne pense pas cependant que cette question soit complètement sortie des complications juridiques, mais je sais que le général Gouraud et moi faisons tous nos efforts pour que cette modeste récompense puisse continuer à être accordée comme un stimulant aux troupes qui se battent en Cilicie, en Syrie, au Maroc et partout ailleurs pour la plus grande France.

On suit en France avec un grand intérêt et une profonde sympathie ce qui se passe aux colonies. J’ai trouvé ici dans des milieux divers, les plus grands concours. Mais ce que je demande, ce que je désire ardemtnent, c’est que tout en parlant mines, chemins de fer, concessions, phosphates, on ne parle pas moins des soldats, des troupes, parce que rien ne se fait que par eux et grâce à eux.

Or, il reste au Maroc un très grand effort militaire à donner, plus considérable qu’aucun de ceux qui ont été donnés jusqu’ici. C'est ce que l’on ignore en France. Vous savez, vous. Monsieur Chaumet, et vous, Monsieur Etienne, que durant ces dernières années, nous avons tendu le dos, si l’on peut ainsi parler, parce que nous nous faisions un scrupule patriotique absolu de ne consacrer aucune force française à faire quoi que ce soit en dehors du strict nécessaire, alors que l’on avait besoin de tout le monde ici. Aussi aujourd’hui, je le répète, nous reste-t-il un plus gros effort à donner, non pas par passion de

(1) Relevé dans le Journal officiel du 18 juin les médailles militaires attribuées à :

LanotsBeeiie, caporal au 31e bataillon du génie. Titres exceptionnels : très bon gradé. Grièvement blessé, le 13 février 1921, au Maroc, en accomplissant son devoir, Amputé de la jambe droite.

Toumgo Sanou^ sergent au 4e régiment mixte d’infanterie coloniale du Maroc. Titres exceptionnels : très bon sous-officier indigène, déjà cité au front de France pour sa belle conduite. Vient d’être grièvement blessé dans l’accomplissement de son devoir, le 2 mars 1921, au poste de Bel-Farah (Maroc).

conquête, de domination ni d impérialisme, mais parce que actuellement, la garde du Maroc économique telle qu elle est constituée, est terriblement lourde et onéreuse.

Ce que nous demandons au pays.

Comme je le disais ces jours-ci devant une grande commission, on ne se rend pas compte que si une automobile, à l’heure actuelle, passe librement d'Alger à Fez, c’est parce qu’il y a à 20 kilomètres, au sud de Ta/a, un vrai front français, des blockkaus, des postes continus, réunis par des tranchées, des fils de fer barbelés, tenus par Ifi bataillons coude à coude, qui se battent tous les jours. Si nos industries et nos ingénieurs peuvent exploiter des. forêts, développer nos ressources hydrauliques, notre houille blanche, c'est grâce à l’existence d'une garde aussi lourde q u onéreuse.

Ce que je demanderai au pays, c'est de comprendre quel intérêt il y a à donner pendant deux ou trois ans un effort militaire intense, en y appliquant toutes nos forces, en demandant à nos troupes le maximum de dévouement et de vaillance, afin d’en finir avec' ces foyers de rébellion qui pèsent sur tout le reste du pays, afin de permettre à notre France de s’alléger complètement du poids lourd économique que représente pour elle le Maroc, de se libérer complètement d’une charge d’effectifs très lourds, afin de conserver son argent et de consacrer ses troupes à autre chose.

Ce que je demande à la France, ce que je vous demande à vous, à cette opinion coloniale, que vous représentez, c’est, au delà des visions économiques, des visions de promesse de richesses à travers lesquelles on voit le Maroc, au delà des caravanes touristiques, des hôtels, des manifestations artistiques, de voir surtout et toujours et avant tout ces hommes, ces enfants de France, ces soldats quelle que soit leur couleur, qui se battent pour défendre ce capital de la France.

Mais si je parle de ces soldats, dont j’ai la charge, je saisis l’occasion de parler aussi au nom de tousles fronts extérieurs, au nom de Gouraud, parce que je sais combien lourdes sont les charges qui pèsent sur ses épaules. Je sais quelle œuvre française il va accomplir en Orient. II ne me contredira pas si je déclare qu’il demande tous les jours à ses hommes des prodiges d’énergie, d endurance et de vaillance.

Voilà ce que nous demandons au pays de voir, aujourd'hui que les coups de fusil se sont, jusqu’à nouvel ordre, tus sur le Rhin. Je demande que l’on tourne les regards de notre côté, que Ton pense tous les jours à nos troupes, à nos soldats, à ceux qui continuent à se battre.

Je vous remercie de cette réunion si sympathique, si inattendue, si flatteuse pour moi, parce que j’y vois la glorification du soldat français, du soldaùles fronts extérieurs. Je m’adresse à l'opinion pour qu’à partir d;aujourd’hui elle regarde là-bas et pour qu'elle exerce une pression en vue

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de faire accorder à ces troupes, à ces humbles le stimuîant et le réconfort de récompenses auxquelles ils ont si largement droit. Le pays ne saurait les oublier.

Le concours des Marocains :

El Hadj Thami El Glaoui.

J’ajoute un mot, car je serais un ingrat si je ne le faisais pas.

Je vous ai parlé tout à l’heure de l’effort que nous allions avoir à faire. J’attends avec impatience que le gouvernement ait réglé les questions qu’il étudie avec moi, avec une extrême bienveillance, pour retourner là-bas afin d’y reprendre ma tâche. Cet effort, nous le réussirons grâce à vous tous, mais grâce aussi au concours sans réserve que nous donnent là-bas tous ces Marocains et tous ces chefs, à commencer par le plus élevé d’entre eux, le Sultan, qui nous ont accordé dès le premier jour l’aide la plus loyale et la plus complète. Je n’oublie pas que l'année dernière, alors que je ne savais plus où prendre des troupes, que j’avais un front sud à dégager, El Hadj Thami ElClaoui, ici présent, a levé luimême 10.000 hommes et que je lui ai confié une batterie française commandée par nos officiers. Pendant quatre mois il a mené cette campagne en vrai chef, et m’a permis de ne pas avoir de préoccupation sur le front sud du Maroc.

C’est avant tout pour nos troupes que je vous demande votre concours pour demain et aprèsdemain pour qu’en France elles obtiennent enfin Injustice et les récompenses qu’elles méritent si largement.

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