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BOTANIQUE

La nécessité d’établir l’inventaire raisonné des richesses naturelles d’une Colonie n’est pas à démontrer et elle n’est d’ailleurs pas contestable. Il n’est pas moins certain (pie la dispersion des matériaux d’étude constitue la condition la plus défectueuse pour l’établissement de travaux d’ensemble. Le Muséum national d’histoire naturelle est tout désigné pour recevoir ces matériaux, pour les conserver et pour les confier momentanément à ceux qui peuvent en poursuivre l’étude, que ces travailleurs soient d’ailleurs les attachés du Muséum ou des savants appartenant à d’autres établissements.

En ce qui concerne le monde végétal, l’inventaire est toujours et inévitablement une œuvre incomplète si les matériaux sont exclusivement recueillis par les explorateurs, dont les itinéraires ne peuvent ni être variés, ni assez rapprochés pour couvrir d’un réseau serré toute la surface d’un pays. Eu outre, l’explorateur ne faisant habituellement que passer dans une localité, ne peut suivre le développement des plantes et recueillir souvent que des matériaux en Heurs mais sans fruits ou avec fruits et sans lleurs.

Seuls, l’administrateur et le missionnaire séjournant un certain temps dans une même région, se trouvent en mesure de récolter des matériaux complets et de rassembler en même temps par une enquête auprès des indigènes, les renseignements nécessaires sur les propriétés connues et les usages locaux de certaines plantes ou de produits tels que des bois, gommes, résinés, des fruits, etc...

Il serait donc désirable de voir l’Administration centra'e de chaque colonie organiser méthodiquement des recherches en invitant ses Agents à recueillir peu à peu autour d’eux, et dans leurs moments de loisir, des matériaux d’étude dont l’administration pourrait d'ailleurs se charger de centraliser les envois au Muséum.

Si un agent des Colonies recueillait seulement une plante par jour, ce qui n’exigerait pas beaucoup de temps, on voit quel formidable ensemble constituerait ce travail pour la totalité d'un pays comme le Congo par exemple.

Bien entendu, le Muséum d’histoire naturelle qui est un établissement scientifique, accorde son attention à tous les objets naturels, qu’ils soient utilisables ou non. c'est-àdire que leur importance économique soit grande ou au contraire nulle. Mais il n’a jamais manqué de poursuivre

avec un soin particulier 1 étude des produits utilisables qui peuvent lui être signalés et qui sont susceptibles de devenir une source de richesses pour le pays.

Malheureusement son personnel travailleur est restreint, il serait donc désirable de fournir à notre établissement le moyen de s’attacher momentanément des savants du dehors, chaque fois qu'une étude d'ensemble est demandée et qu elle exige un effort exceptionnel hors de proportion avec ses ressources.

Il convient de ne pas oublier, et je pourrais citer des exemples mémorables, que les enquêtes confiées à une personnalité unique, si qualifiée que soit cette personnalité, se trouvent un jour suspendues par la maladie ou arrêtées irrémédiablement par la disparition d'un homme. Le Muséum, au contraire, est un établissement où des savants travaillent en collaboration, se succèdent en se transmettant le résultat de leurs études; la disparition d’un de ces hommes n’arrête rien, car à cet homme en succédera un autre animé du désir de continuer et de compléter l’œuvre de son devancier.

Et c’est parce que les administrations coloniales ont trop souvent perdu de vue les considérations précédentes, qu’elles ont parfois, avec les meilleures intentions, provoqué des efforts et engagé des dépenses dont les résultats restent insignifiants où. en tous les cas. hors de proportion avec l'envergure projetée de la tentative.

Le 26 novembre 1919.

Le professeur de botanique,

Lecomte. '

Principaux travaux botaniques sur la flore du Congo

1901. — Autran : Etude sur les bois du Congo.

1885. — Bâillon, professeur : Etude sur l’herbier du Gabon.

1901. — Baudon : Note sur la flore et les plantes économiques du Bas-Congo.

1895. — Bouisson : L’agriculture au Congo Français.

1895. — BouHarie : Fermes d'essai aux colonies.

— — Domestication de l'éléphant.

— — Nombreux articles, livres et brochures.

1895. — Dr Briard : Bruxelles, Congo illustré.

1880. — Bureau, professeur : Aperça de la végétation du Congo Français.

1899. — C. Chalot : Le jardin d’essai de Libreville.

1898 à 1910. — Cheval.er : Différentes missions scientifiques.

— — Enumération des plantes récoltées en

Afrique Tropicale.

— — Nombreuses brochures, livres et

articles.

— Chevalier et Hua : Nombreuses brochures, livres

et articles.

— Chevalier et Perrot Nombreuses hrochures,

livres et articles.

1894. — Dewebre (belge) : Récolte des plantes au Congo.

1893. — Dybowski : Végétaux et plantes exploitables.

— — Articles et brochures.

1895. — A, Franchet, professeur : Contribution à la flore du

Congo (graminées).

1885. — llcckel, professeur : Végétaux utiles de l’Afrique Tropicale.

1891. — I.ecomte, professeur : Les produits végétaux du Congo Français. Livres, articles et brochures.

— Le Testu : Plantes du Gabon.

— Missionnaires du Gabon : R. P. Klaine, Duparquet,

Buléon, Lejeune, Sacleux et autres : Contribution à la flore du Congo Français, articles et brochures.

1910. — Perrot, professeur : La flore et les plantes économiques du Bas-Congo, La Mission de Kisantu.

— — Nombreux articles et brochures..

1885-85. — Rouvier, capitaine île vaisseau : Missions au Congo. 1885-95. — Thollon : Reconnaissances botaniques et géologiques. 1900-06. — Wildemann (belge) : Flore duCcm.tr.

— — Nombreuses brochures.

1918. — A. Berlin : Les bois du Gabon.

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