II. — Resserrement des liens avec la Métropole
1° Multiplier les moyens de liaison entre la colonie et la métropole, obtenir la franchise télégraphique entre la colonie et l’agence économique de l’Afrique Equatoriale f rançaise, coordonner les efforts des volontés individuelles et leur donner un caraclère de continuité et de permanence;
2° Faire connaître en France les besoins de la colonie et notamment des indigènes, pour augmenter les exportations de France à destination de la colonie ;
3° Faire connaître dans la colonie les besoins de la métropole, en matières premières qui peuvent lui être fournies par la colonie pour augmenter les importations de la colonie en France.
III — Augmentation de la production.
1° Exécution du port sur T Atlantique et du chemin de fer de Brazzaville ci la côte , pour lesquels les premiers crédits de la loi d'emprunt sont déjà affectés. L’ouverture d’un débouché sur la mer est la condition déterminante de tout aulre progrès dans la colonie ;
2° Amélioration des voies fluviales. — Augmentation des moyens de transports fluviaux, diminution du fret. Tous les moyens de transports se complètent loin de s’exclure. Le Moyen- Congo est un pays de rivières où les transports par eau seront augmentés du fait de l’ouverture d’un chemin de fer;
3° Création de routes, lignes télégraphiques, pistes, postes de T. S. F., débroussements et entretien. — Dans ün pays où les communications sont lentes, tous les moyens de les activer facilitent en même temps et activent la production. Les divers travaux à effectuer sont d’ailleurs déjà prévus, il suffit de passer à l’exécution ;
4° Création cl’un jardin d'essais et d’un service agricole, utilisation en attendant des jardins d’essais des colonies voisines et du jardin colonial de Nogent, pour déterminer les cultures qui conviennent à chaque région, les provoquer, les suivre, les aider et les contrôler. Le Moyen-Congo est un pays agricole qui vivra par l’agriculture et par le transport et l'exportation de ses produits agricoles;
5° Création de centres d'élevage dans les régions à l’abri de la mouche tsé-tsé en profitant de la volonté des chefs indigènes de créer des associations agricoles pour développer l'élevage
du gros bétail et du mouton, nécessaire à l'alimentation locale, et dont l’excédent trouvera facilement un débouché au Congo belge ;
6° Réglementation libérale des mines et des forêts encore inexploitées qui constituent des réserves pour l'avenir, et dont il faut provoquer l’exploration, en évitant leur pillage. Le maintien des forêts du Moyen-Congo, pays marécageux sur les pentes d’un vaste plateau en forme de cuvette, est une condition nécessaire de sa fortune, résultant de sa constitution géologique; mais les règlementations trop détaillées dans les pays neufs sont inefficaces, facilement tournées faute de contrôle possible, et laissant perdre de vue le but proposé.
7° Amélioration de l'exploitation des essences à caoutchouc, des palmiers à huile, copaliers, et par l’aménagement des cultures l’organisation du travail, une rémunération suffisante de l'indigène, le contrôle de la qualité du produit;
8° Utilisation dés chutes d'eau , à alimenter les industries locales éventuelles d'éclairage, électrolyses, scieries mécaniques, huileries;
9° Emploi de la main-d'œuvre locale en lui assurant une alimentation convenable, des conditions d'hvgiène et d’existence meilleures, une rémunération suffisante;
10e Emploi de capitaux effectivement appliqués à un travail sérieux et à la poursuite ininterrompue d’un programme de longue haleine.
Guide pratique dune mission d'études au Moyen Congo.