‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 108 sur 123 · II. — NOTICE · texte numérisé non relu

II. — NOTICE

sur les principaux produits exportés.

Peaux de bœufs. — Cet article représente en 1917 plus de 40 0/0 en valeur des exportations abyssines : il avait atteint en 1914, malgré une baisse de prix, 38 0/0 et représentait en 1916, 35 0/0. C’est dire que les peaux de bœufs sont le produit fondamental exporté en Ethiopie.

Ces peaux sont envoyées brutes en Europe simplement séchées au soleil. Cependant, à Djibouti, les peaux qui doivent y séjourner avant l'embarquement, sont plongées dans l'eau de mer et ensuite etendues au soleil, jusqu à ce qu’elles soient redevenues sèches (1).

Les cuirs les plus beaux et les plus lourds, bien dépouillés, propres, sans chair ni suif, d’un poids moyen de 7 à 8 kilogrammes, proviennent d’Addis-Abeba qui est le principal marché. Balli, aux Aroussis, Bâti au Ouollo, Lecca au Ouallaga, sont aussi d’importants marchés. De Bâti proviennent à Tadjourah des cuirs également lourds, mais mal nettoyés, souvent mangés par la vermine.

Pour, les expéditions en Europe, les transitaires à Djibouti, intermédiaires presque obligatoires pour beaucoup d’exportateurs qui n'ont pas d’agents dans ce port, réunissent ces cuirs lourds sous de simples cordes par 25, et par 50 pour les cuirs légers.

Les principaux débouchés étaient Liverpool, Hambourg, Anvers et Marseille où, depuis les guerres balkaniques, une sélection était faite en vue de la réexportation.

Peaux de chèvres et de moutons. — Ces peaux étaient surtout exportées en Amérique, en Angleterre et en Autriche. Elles représentaient en valeur, par rapport à l’exportation totale abyssine, de 1913 à 1915 environ iü 0/0. en 1916 plus de 15 0/0, en 1917 moins de 13 0/0. C’est un article auquel nos industriels paraissent s'être peu intéressés jusqu’ici.

Cafés en fèves. — La valeur des cafés en fèves (harrari et abyssin) représentait avant la guerre près de 40 0 0 des exportations. Le café harrari, le plus recherché sur les marchés européens était le plus souvent réexpédié d’Aden en Angleterre et aux Etats-Unis. Il conimençaft à être connu en France et en Allemagne. Au triage, il donne 60 à 80 0 0 de grains à exporter. Ce café, comme son nom l'indique^

(1) Ce traitement a surtout pour but de permettre l’emballage en diminuant lé cubage.

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Exportations (via Djibouti) (en milliers de franes).

Marchandises exportées

Peaux brutes, bœufs

Chèvres et moutons

Café en fèves

Cire brute ..

Dents d’éléphants

Or en lingots

Bœufs et taureaux

Moutons et chèvres

Mules et mulets

Chevaux et juments

Civette

Viandes de boucherie

Plantes tinctoriales (wors, henné)

Légumes secs

Farine de froment

Froment en grains

Beurre indigène

Céréales autres, légumes frais, œufs, volailles, kath et autres produits non dénommés

Détail des exportations (via Dirré-Daoua), avec indication des provenances

Qualités des cafés

d’après les statistiques abyssines.

Septembre 1915 à

septembre 19 1 G

Septembre 1916 à

septembre 1917

Provenances

Café trié

Kilos

Kilos

Dirré - Daoua

Harrar

Totaux

Addis- Abeba

Brisures de café (1)

Dirré-Daoua

Harrar

Totaux

Café noir (1). . .

Dirré-Daoua

Harrar

Totaux

Hasher et Kécher (1)

Dirré-Daoua

Harrar

Totaux

Djafal (2)

Dirré-Daoua

Harrar

Addis-Abeba

Totaux

Wahber (3) . . . .

Dirré-Daoua

Harrar

Totaux

est snrtout cultivé dans la province du Harrar Des régions sud-ouest et ouest de l’Abyssinie, vient le café dit abyssin dont une partie est expédiée via Gambella : il croît à l’état sauvage : sa cueillette a lieu surtout de fin août à fin novembre 11 est moins estimé què le harrari, son grain est plus gros et plus irrégulier et il se vendait avant la guerre 12 à 15 francs de moins que le harrari.

(1) Résidus de café provenant du triage.

Le café en fèves de moyenne qualité donne environ 58 C/0 de café entier et 42 0/0 de brisure», café noir, hasher et kécher. Ces résidus sont presque entièrement consommés dans le pays ou les contrées environnantes.

2) Café non décortiqué.

3) Café enfève sibant de l’arbre avant maturité.

Cire bi ute. — AddisAbeba est presque l'unique marché de la cire en Ethiopie. C’est là que se fait l’épuration pour éviter des frais de transport inutiles. Le déchet eu poids est de 15 à 30 0/0. Elle est coulée en pains de 50 kilogrammes et 90 kilogrammes. Hambourg et Marseille étaient les deux principaux points d’arrivée eu Europe. De faibles cjuantités allaient aussi en Angleterre directement, mais c’était la Russie qui était, de beaucoup, le principal acheteur.

Ivoire. — Les ivoires d’Ethiopie sont très appréciés, surtout les ivoires dits « vivants ». Ils proviennent des régions du Borona, du Sidamo dans le bassin de la rivière Webbi et sont centralisés à Addis-Abeba. Le commerce n'est d’ailleurs pas libre ; il constitue un privilège pour

Produits alimentaires exportés d’Ethiopie (via Dirré-Daoua).

(D’après les statistiques abyssines). — L’année abyssine se compte du 11 septembre au 10 septembre suivant du calendrier grégorien.

Septembre 1915 Septembre 1916

septembre 1916

septembre 1917

Dirré-

Daoua

Harrar

Addis-Abeba

Kilos

Kilos

Dourah (sorgho)

Orge

Blé

Farine de blé

Pommes de terre.

Légumes secs

Oignons

Légumes frais

Beurre indigène

Part de la France et de ses colonies (en milliers de francs) dans les exportations abyssines transitant par Djibouti.

France

Années Étranger et colonies Totaux

Quantités de caoutchouc d'Ethiopie exportés (via Djibouti).

1910 330 tonnes

En 1916 et 1917 le caoutchouc ne figure plus dans les statistiques.

l’empereur et les grands chefs qui prélèvent ordinairement au moins la moitié du produit de la chasse. L’exportation est en diminution constante depuis sept ou huit ans. En 1911 l’ivoire exporté valait 2.500.000 francs; en 1914 sa valeur dépasse à peine un demi-million pour tomber à une centaine de mille francsen 1917. C’étaient Anvers, l’Angleterre, Hambourg et les Etats-Unis qui absorbaient toute la production.

Civette. — La presque totalité de la civette exportée va en France d’où une partie est dirigée sur l’Angleterre, mais c’est la France qui demeure en définitive le principal acheteur. C’est Addis-Abeba qui est l’unique marché, mais les quantités offertes paraissent aller en diminuant.

Plumes pour parures. — Nous croyons intéressant pour nos industriels spécialistes d’attirer leur attention sur l’extrême diversité d’oiseaux existant dans ce pays et dont les dépouilles peuvent être utilisées pour les multiples besoins de la mode. Les marabouts, les merles métalliques et tricolores, les tourocos, les vautours divers, les gypaètes barbus, les colibris, les hérons et même les aigrettes sont assez communs dans le pays. L’autruche existe également. Il y a peut-être un élément d’affaires dont pourraient s’occuper certains spécialistes et qui est presque complètement négligé.

Produits dérivés des animaux. — Même remarque pour les cornes, os et poils des animaux abattus De même les boyaux d’animaux, secs ou salés, pourraient peut-être faire l’objet d’un commerce intéressant.

Chariots et voitures. — Il y a encore fort peu de routes en Ethiopie. Cependant les Abyssins commencent à se rendre compte de leur utilité et il serait peut-être possible, dans un temps relativement prochain, de vendre des chariots et voitures de charge en ce pays.

Sont également exportés annuellement (via Dirré-Daoua) 15 à 20.000 œufs et 6 à 8.000 poulets.

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