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C’est également à la situation économique générale qu'est imputable la diminution des sorties de minerais de plomb el de /.inc et des lièges.

Exportations. — Les exportations tunisiennes à destination de la France atteignaient avant la guerre 40 à 50 % de l'ensemble des sorties. Cette proportion s’était élevée pendant les hoslilités,

sous l’influence des mesures prises par le Protectorat en vue d’intensifier le ravitaillement de la Métropole. Le retrait de ces mesures, le retour au régime de la liberté commerciale devaient nécessairement se traduire par la diminution de la part de la France dans l’exportation globale tunisienne. Il était à peu près inévitable, en effet, que les pays étrangers qui, avant la guerre, avaient coutume de s’approvisionner en Tunisie, missent à profit, dès qu’elle leur aurait été rendue, la possibilité d’y renouveler des achats qu'ils avaient interrompus en raison uniquement des prohibitions de sortie dont les produits de la Régence étaient frappés.

Au cours de l’année 1921, la liberté a été progressivement restituée au commerce d’exportation des produits qui constituent les éléments principaux de la production tunisienne. En ce qui concerne ceux d’entre eux dont la sortie était encore prohibée en principe, l'ouverture de crédits d’exportation largement calculés, ainsi que l’octroi de dérogations libéralement consenties, ont, en général, permis aux exportateurs tunisiens de satisfaire intégralement aux demandes de l’étranger.

A. la faveur de ce retour au régime normal, la part de l'étranger dans l’exportation globale de la Régence a augmenté, tandis «pie celle de la France a diminué : de 52,44 % , en 1920, elle n’est plus en 1921 que de 41,72 %. Ce dernier chiffre est sensiblement égal aux chiffres correspondants des années ayant précédé immédiatement la guerre (40,92 % en 1913 : 43,82 % en 1912).

La part des autres pays dans l’exportation tunisienne en 1921 si' chiffre ainsi qu’il suit :

Italie 20,42 %

Angleterre 9, 65 %

Espagne 7, 49 %

Belgique 3,97 %

Malle 2.73 %

Algérie 1,88 %

Tripoli 1,34 %

Egypte 0. 79 %

Tous autres pays 9.99 %

Importations. — Si on étudie, par catégories de marchandises, le mouvement des importations au cours des années 1920 et 1921, on relève certaines particularités qu'il n’est peut-être pas sans intérêt de signaler.

C’esl ainsi que l’année 1921 se différencie delà précédente par une diminution très sensible des importations de marchandises qui peuvent, à certains égards, être considérées comme des articles de luxe.

Cette régression n'est d’ailleurs pas spéciale aux articles de luxe. Elle a également affecté les machines et matériaux, ce qui peut s’expliquer par l’importance des achats similaires au cours de l’année précédente.

On sait que l’année 1921 a vu se dessiner un mouvement vers la diminution du coût de la vie ; le prix d’un certain nombre de denrées alimentaires a baissé légèrement. C’est, sans doute, à cette cause qu’il y a lieu d’attribuer la recrudescence de l’importation des denrées figurant au tableau, denrées que la Régence ne produit pas ou

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

fabrique en quantités insuffisantes pdur les besoins de sa consommation.

La Régence, en effet, n'a pas, à l’exemple de la Métropole et de la plupart des autres puissances, adopté des dispositions destinées à atténuer les effets de la dépréciation des monnaies et de la rupture d’équilibre des changes (coefficients de majoration, surtaxes compensatoires, paiement j des droits de douanes en or, etc.). Sauf en ce qui concerne les produits allemands, son tarif doua- | nier est sensiblement celui de 1944.

L’augmenta lion des entrées des carburants J (houille, pétrole, essences, etc.), parait due égale- j meut à la baisse des prix.

La part du commerce français, dans les importations tunisiennes, avait décru progressivement au cours des hostilités, pour des raisons qu’il est inutile de rappeler longuement (ralentissement de la production nationale presque totalement absorbée par les besoins des armées; difficultés de transport, etc.). En 1918, les importations en provenance de la Métropole ne représentaient plus que 30,83 % des importations totales (valeurs). Cette proportion ne s’était guère modifiée pendant l'année 1919 (32.31 %).

Mais, dès que les commerçants et industriels métropolitains ont été à nouveau en mesure d'alimenter le commerce d’exportation et de satisfaire aux demandes qui leur étaient adressées, la situation s’est notablement améliorée et de 32.31 % , le pourcentage français a passé à 46,66 % en 1920.

Ce progrès s’est accentué eu 1921 ; la part du commerce français représente plus de la moitié des importations totales (50.93 %); ce chiffre est sensiblement égal aux chiffres correspondants des années ayant immédiatement précédé 1914 (52,84 en 1913 ; 51,36 % en 1912).

11 importe, d’ailleurs, pour en saisir toute la portée, de rappeler que la concurrence internationale peut s’exercer sur le marché tunisien dans des conditions qui lui sont éminemment favorables.

En réussissant à fournir actuellement à la Régence la moitié des marchandises qu'elle achète, et ce sans bénéficier sur le marché tunisien d’avantages plus marqués qu'avant la guerre, le commerce métropolitain réalise donc un effort vraiment remarquable.

L’accroissement des importations de fabrication française en Tunisie, au cours de l’année, est particulièrement sensible en ce qui concerne les tissus de coton.

La part de la France dans le tonnage global des importations de l’espèce a passé de 30 % en 1920 à 49.50 % en 1921, tandis (pie, dans le même temps, la part de -T Angleterre rétrogradait de 39 à 33 % , celle de l’Italie' d’un peu moins de 24 à 11.7 % et celle des autres pays de 6,3 à 5,8 %. Four la première fois, enfin, les importations de cotonnades de fabrication française l’emportent en poids, et dans une très notable proportion, sur les importations correspondantes d’origine britannique, qu’elles dépassent de moitié.

Pour appréciable que soit ce résultat, les industriels français ne le jugent pas, et avec raison, suffisant. Ils font valoir que l'importation de leurs I issus en Algérie est proportionnellement beaucoup plus élevée et ils insistent pour que les droits de douane applicables en Tunisie aux tissus de coton étrangers, et qui sont ceux du tarif minimum français, soient majorés des mêmes coefficients.

Il II II Il I I I I I I I I I I I I I II I I I I I I I I I I I I I I 1 1 I I I I I I I I I I I I I I I II I I I 1 1 l I I I 1 I ! I I II

BIBLIOGRAPHIE

Autour d une route : L Angleterre, l’Isthme de Suez et l Egypte au XVIIIe siècle, par Fra.nçois-

Chaiu.es Rocx; un volume in-8° de 382 pages; prix 13 fr.

Paris, Plon et Nourrit. 8. rue Carancière.

Poursuivant la série de ses études sur les compétitions européennes autour de l’Isthme de Suez, M. F. -Charles Houx nous instruit, dans son dernier volume, des luttes dont ce centre d'intérêt mondial a été le théâtre au xvm* siècle.

L’Angleterre fut lente à s'intéresser à l'Egypte, le Considal britannique du Caire, occupé d’une façon intermittente, ne retrouvant d’activité qu'aux périodes pendant lesquelles notre influence s’affaiblissait. Il y a là toute une suite de luttes âpres, menées avec des fortunes diverses, aux péripéties parfois roeambolesques. poursuivies par de bons serviteurs de l'expansion française et qui prouvent, quoi qu'on en dise trop souvent, la modestie et la persévérance de nos efforts colonisateurs. Cependant l’importance de l’Egypte comme x'oie économique vers ie- Indes n'apparaît pas et seule la roule habituelle par le cap de Bonne-Espérance retient l’attention britannique alors que des démarches diplomatiques à Constantinople, l'envoi de missions marquaient l’éveil de l’intérêt français, tout d’abord pour assurer le facile passage des marchandises transportées d’un navire à l’autre à travers l'isthme, puis la perspective entrevue du percement du canal; tous projets incompris, semble-t-il, du Gouvernement anglais, malgré qu’ils fussent répandus par des publications à grand tiragejlirious-nous aujourd’hui, comme le Parfait nêfforiunt de Jacques Savary (lf>79) ou la Description t/e l'Kgypta de l’abbé Le Mascrier (1733).

Quand F Angleterre s’émeut, c’est non pond pour essayer elle aussi quelque réalisation parallèle, mais pour empêcher seulement par des intrigues les tentatives de ses concurrents commerciaux. Au reste quelles perspectives pouvait alors présenter l’Egypte pour le Royaume Uni? La Compagnie anglaise des lnties résistait à toute innovation qui aurait diminué Ja valeur de son monopole commercial par la route de l’Océan, en ouvrant des voies méditerranéennes dont sa charte lui interdisait l’usage ; Londres, faute d’agents actifs ou intelligents, se trompait sur la consistance même des ressources égyptiennes. Cette nonchalance résistait au coup de fouet des événements importants traité de Paris 1 703, usurpation d’Ali-Bey, 1706, décadence de la puissance turque); bien plus la même politique jalouse lui fait refuser une île de l’archipel turc, dans la crainte qu’un autre lambeau do l’empire tombe entre les mains des Français ou des Russes.

Pourtant un ancien consul anglais à Alger, envoyé en 1708 au Caire, James Bruce, après un long voyage d’études en Ethiopie et sui’ les rives de la Mer Rouge, obtenait pour ses compatriotes des privilèges importants (droits de douanes réduits). Ce succès qui ne valut â Bruce aucun compliment de son gouvernement, si heurtait d’ailleurs à itne autre hostilité, celle de la Sublime- Porte! Celle-ci prétendait interdire à la navigation chrétienne l’accès de la Mer Rouge, au moins au nord de Djeddab. Aux prétextes religieux mis en avant par le sultan, s'ajoutait l’opposition des commerçants turcs désireux d'empêcher l'établissement d’une concurrence maritime il la ligne de transports terrestre établie des Indes à Constantinople par Alep et Bassorab. Cependant les initiatives locales anglaises ne manquaient pas: Warren Ilasling envoyait des Indes vers Suez une reconnaissance dont le résultat fut un traité négocié par John Shaw et dont les avantages complétaient ceux obtenus par Bruce (1773). Sous l’impulsion d’un ageut de la Compagnie des Indes, Baldwin, prototype

île ces aventuriers à la Jameson, qui nont jamais manqué à l’Angleterre, le trafic par Suez se développait en dépit des oppositions turques, des hésitations de Londres, des manœuvres sournoises des autorités locales. Les voyages de certains navires anglais sont de véritables vaudevilles, celui de Y Aventure, nom prédestiné, en particulier.

Cette activité n'avait pas manqué d'inquiéter les consuls français et la Sublime-Porte, qui soupçonnaient, a tort du reste, l'Angleterre de visées annexionnistes sur l’Egypte, alors que l'ambassadeur anglais à Constantinople, sir Robert Ainslie, nourrissant la même pensée à uotre égard, insistait auprès du sultan pour obtenir la libre circulation des courriers entre Londres et les Indes par Suez, liais si les métropoles, ignorant l’importance de la question, montraient quelque répugnance à s'engager, les intrigues en Orient continuaient de pins belle; menées du côté français par 1 ambassadeur Saint-Priest et le baron de Tott, du côté anglais par l’infatigable Baldwin qui n’hésitait pas à venir à Constantinople assurer la réussite de ses vues. Ainslie concevait -i mal l’intérêt de l’ouverture par Suez d’une route vers les Indes, qu’ayant échoue, il n hésite pas à se féliciter de son propre échec puisque du même coup il assure celui de la France, le firman de 1179, par lequel la Porte renouvelait avec des menaces précises 1 interdiction du trafic par Suez, dût-il servir de prétexte à des vols et causer la mort de ses compatriotes eux-mêmes. Aussi quand le pillage d une caravane ramena à Constantinople Baldwin réclamant des sanctions, Ainslie, aidé d’ailleurs par les incartades de 1 aventurier, obtint-il et le départ île celui-ci et I approbation de son gouvernement pour sa politique. Parallèlement à ces intrigues anglaises, des tentatives diverses autrichiennes et surtout françaises s’affirmaient, et avec «-Iles la perspicacité tenace de notre ambassadeur Saint-Priest. A ses yeux notre établissement en Egypte apparaît comme susceptible de « contrebalancer les avantages que les puissances voisines (Russie et Autriche) et la Turquie peuvent se promettre d’un démembrement de cet empire » et aussi comme une acquisition fructueuse, puisqu’elle « seule peut, dit-il, surpasser en revenus la dépense qu’elle occasionnerait, remplacer dans un climat sain, les riches productions des cdlonies dévorantes d’Amérique et offrir à la politique de Votre Majesté un moyeu de prépondérance dans l’tiemisphère ». Combien prophétique cette dernière parole pour une France dont le destin devait être de dominer l'Afrique du Nord!

Tandis que Saint-Priest prêchait ainsi à Paris, des traites étaient négociés par le chevalier de Truguel, aidé d’un commerçant Magnlon et de sa femme, et que Choiseul (îouffier, successeur de Saint-Priest, s'efforcait de faire ratifier par le sultan. Ainslie, voyant d’autres près de réussir là oii il avait échoué, excitait la Porte contre l'indocilité du bey d’Egypte et lui arrachait les ordres les plus formels interdisant Suez aux Français. Puisque l'Angleterre ne peut passer, et passer seule, personne ne passera. Au reste, Paris tergiversait malgré les bonnes volontés groupées sous l'influence du maréchal de Castries autour des initiatives du commerce marseillais prêt à se déclancher, tandis que Baldwin de retour à Londres parvenait à changer les dispositions du gouvernement et, prophète à son tour, persuadait l’Angleterre de la nécessité pour elle, si elle voulait continuer « à être ce quelle est, la première puissance maritime du monde », de s’assurer de l’Egypte qui sans cela sera « le lot naturel de la France » et « La France en possession de l’Egypte possédera le commerce du monde ». Convaincu, le gouvernemeul anglais nommait Baldwin consul général en Egypte, envoyait îles instructions précises à Ainslie à la disposition duquel des fonds spéciaux étaient mis, et organisait avec une précision remarquable le mécanisme pratique pour la transmission des dépêches via Suez.

Des circonstances diverses empêchèrent l’exécution de ce programme, dont la réalisation entre autres motifs fut contrecarrée par la lutte entre le sultan et les beys égyptiens, la mésintelligence toujours vivace des représentants anglais et, brochant sur le tout, la guerre russo-turque, qui laissait craindre en 1791) un raid de la flotte moscovite dans ta Mer Rouge. De, leur côté les Français poursuivaient leu1’ dessein, mais le statut incertain dans lequel ils se trouvaient leur occasionnait des vexations san< nombre auxquelles n’élail pas étranger Baldwin, dont le poste avait été cependant supprimé et qui malgré cela avail arraché au bey d’Egypte en 1794 de nouveaux accords formant le pendant exact du traité signé une dizaine d’années auparavant avec Truguet. L’Angleterre, toujours inintelligente de ses intérêts égyptiens et estimant sans valeur les tentatives françaises, refusait de ratifier, supprimait définitivement son consulat du Caire

dans le même temps que sous la pression ardente de notre consul Magalion, le Directoire faisait étudier la possibilité d’une expédition. C’était le moment où Paris cherchait, dans sa lutte contre l’Angleterre, sur quel point le plus sensible: Irlande. Indes, Egypte, devait porter son effort. Cette expédition d’Egypte servait trop les projets de politique mondiale de Bonaparte et île Talleyranil pour ne point l'emporter, et en avril 1798, le Directoire décidait l’occupation de l'Egypte, « moyen sur, écrivait Talleyranil. d’affaiblir et de ruiner les Anglais dans l’Inde ». M. Charles Roux a projet de raconter dans son prochain volume l’histoire de l’ Angleterre et de l’expédition française en Egypte.

Ce résumé trop succinct rend mal l’intérêt historique de ce volume.. L’ouvrage, écrit dans un style agréable, est d’une lecture attachante, documenté à des sources peu fréquentées jusqu’ici, il apporte quantité de détails nouveaux, dont l’attrait a d’ailleurs un peu trop séduit Fauteur. M. Charles Roux, captivé par les intrigues qu’il a débrouillées, fait une place peut-être trop grande à l’anecdote, aux dépens des idées générales que l’on volt çà et là pourtant se dégager dans son récit; au lieu de sacrifier aux vieilles habitudes des historiens pour lesquels les événements sont déterminés par des volontés ou des activités individuelles, ou aurait aimé le sentir distinguer plus nettement les poussées d’intérêt collectif dont ces individualismes n’ont été que la personnification momentanée. L’auteur intéressé par des personnalités aussi caractéristiques que les Baldwin ou les Magalion sacrifie l’ambiance géographique de la route, économique (rivalité des intérêts commerciaux turcs, anglais, français et lutte des compagnies privilégiées), politique (l'hégémonie, perçue comme nécessaire et recherchée par la France en Orient).

Par contre, le livre de M. Charles Roux met bien en valeur l’activité de nos coloniaux. Ils apparaissent sur ce’théàtre comme sur taut d’autres, actifs, jamais découragés, n’épargnant ni fatigues, ni peines, ni risques, doués de cette intelligence aiguë cpii leur fait apercevoir, non pas l’intérêt du moment ou la satisfaction de leurs visées personnelles, mais cet intérêt national dont la compréhension et la poursuite rendent si superbement homogène l’histoire de notre expansion mondiale, malgré ce que tes accidents ou certaines faiblesses ont pu lui enlever de résultats effectifs. Aussi bien, par antithèse forcée du livre de M. Charles Roux, sort un nouvel exemple de l’inaptitude britannique à concevoir autre chose qu’une politique à courte vue de profit momentané etile réalisation immédiate, soutenue il est vrai, mais sans élégance, par la plus brutale et la plus égoïste des ténacités. Parce que la route connue des Indes contournait l’Afrique, l’Angleterre installée au Cap ne réalisait pas la possibilité d’une autre route. Son intervention très admissible, si elle avait eu pour but île dépasser ses concurrents même en s'appropriant le résultat de leurs efforts, restait comme négative puisqu’elle n’avait pour objet que la satisfaction égoïste de contrecarrer un dessein qu’elle ne comprend pas. Cela, le livre de M. Charles Roux le met en pleine lumière, mais très discrètement: ce sont moins les efforts persévérants de certains Anglais qui ont contribué comme il le dit à envoyer eu 1798 les Français en Egypte, que les conditions géographiques, historiques, économiques de notre situation méditerranéenne et de notre expansion mondiale. L’auteur voit plus justement que l’expédition française d’Egypte a par contre éveillé et formé l’intérêt de l'Angleterre pour ce pays. Mais ce passé-là est-il si lointain du triste présent, où tant d'autres « Egypte » donnent à notre Alliée d’hier île trop nombreuses occasions de s’affirmer égale à elle-même ?

Les publications du Service de la Santé et de 1 Hygiène publiques au Maroc ; en vente chez l’éditeur Larose, 11, rue Victor-Cousin.

Le Service de Ja Santé et de l'Hygiène publiques du Maroc ne s’est pas contenté de présenter aux visiteurs de l’Exposition Coloniale de Marseille des graphiques, des schémas, clairs et bien lisibles, une riche collection de grandes photographies documentaires; il a offert à la curiosité et à l’intérêt du public toute une série d’ouvrages où se manifeste l'active pensée de son corps médical. Tout n'est-il pas lié d’ailleurs, et dans une grande manifestation économique pouvaiLon ne pas tenir compte de ce qui protège et répare le capital humain? A côté de l’étalage de ce qui a été matériellement réalisé dans ce domaine, pouvait-on ne pas publier la production intellectuelle?

Une série de plaquettes consacrées au folk-Iore médical du Maroc, à l’histoire de la médecine, à l’historique de certaines formations hospitalières, à l’étude des coutumes médicales ac-

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tucllos, ii d'intéressants projets île prophylaxie sociale, ont été tirées à 2.">0 exemplaires numéro lés par l'imprimerie officielle du Protectorat. Qu'il nous soit permis au passage d’admirer le soin apporté à ce tirage, le goût sobre de la composition, les originales couvertures qui reproduisent de vieux l'ers marocains du xvne siècle sur des papiers doubla couleur offre la riche gamme des reliures de Fez. Certains vieux praticiens du Livre ont manifesté leur admiratif étonnement que le Maroc soit déjà à même de se suffire pour d’aussi élégantes typographies. Il ne nous est malheureusement pas loisible de louer chaque auteur en particulier comme il convient et comme l’a fait la Société française d'Ilistoirc de la Médecine dans sa séance d’avril 1922. .Nous les énumérerons néanmoins :

|k Bourgins : A propos du Marabout de Sidi-Bcl-Gacem ; élude sur la prophylaxie de la lèpre; !)r Gaud : Contribution à l'étude d'un essai d’organisation de police sanitaire du bled marocain; Pr Guichard : L’assistance médicale à Marrakech; D' Mauran : Considérations sur la médecine actuelle au Maroc; Dr du Mazel : Visite au Maris tan de Siili-Fredj à Fez; D1' A.-P.-J. Renaud: Etat de nos connaissances sur la médecine ancienne au Maroc; I)r Rousseau : La trépanation en tribu Sraghua; D1 Henri Routhier : Chez le Cheik Saïd Tigzirin; Dr Paul Yaleton : Le Maristan de Salé. — Le Marabout de Sidi-Ben-Achir ; ses rapports avec l'assistance publique; l»r Valette : L’infirmerie indigène de Beni- Mellal de 1917 à 1921.

Répondant au poignant souci de la défense de la race, de la protection de l’enfance qui inspira à Mme la maréchale Lyautey l’admirable organisation marocaine, le Dr Bienvenue de Casablanca et le U1' Bouveret de Mogador avec le ü1' Yallery-Radot ont produit deux remarquables manuels de Puériculture. Ils ont condensé non seulement ce que toute mère doit savoir pour organiser dès le premier instant l’hygiène de son enfant et l’allaiter normalement, mais encore les mille notions précises, pratiques et simples que toute femme doit connaître pour assister utilement, en toute circonstance, la jeune maman et son tout petit. Ce qui fait l’originalité de ces deux ouvrages et leur donne une valeur toute particulière, c'est que leurs auteurs, connaissant à fond le Maroc, ont tenu compte pour chaque conseil qu'ils donnent de la façon doul l'enfant réagit au climat et aux conditions locales de l’hygiène, des ressources sur lesquelles peut compter la mère suivant qu’elle réside Ldans la ville ou à la campagne. Le Dr Bienvenue semble avoir composé un bréviaire indispensable à la mère souvent isolée dans le bled, loin des ressources médicales et hospitalières de la ville; les !>« Yallery- Radot et Bouveret, préfacés par le professeur Nobécourf, un manuel destiné à éclairer la jeune fille en fin de scolarité sur les meilleures méthodes qui lui permettront de remplir les futurs devoirs de la maternité.

Avertir le jeune médecin qui débarque au Maroc du statut administratif qui va le régir; lui faire connaître les villes, le bled et la vie qu’on y mène; lui présenter en quelques pages d’analyse attachante et substantielle ses futurs clients : le fonctionnaire, le colon, le musulman et l'israélite; ses collaborateurs : les infirmiers indigènes; le mettre au courant avec clarté de ses multiples devoirs; laisser parler une franchise pleine d'expérience qui avertitles nouveaux venus de la rude tâche à laquelle ils se vouent; mais laisser parler aussi la foi et l’enthousiasme qui promettent les hautes satisfactions morales : voilà les conseils d'aînés renseignés que les l)r’ Bouveret et Pouponneau ont rassemblés pour leurs jeunes confrères sous ce titre : Le médecin d'assistance au Maroc. Une vie intense anime toutes les pages de celte très belle œuvre, reflet de l’ardente activité de ses auteurs. Une charmante présentation de M. le médecin inspecteur Oberlé marque, une fois de plus, l’intérêt constant et plein de bienveillance qui unit le chef à ses collaborateurs.

Les Drs Colombani, sous-directeur des Services de la Santé et de l’Hygiène publiques, et Mauran, inspecteur général des formations sanitaires, publient : Le ministère de la sauté et de l'In/gicne jmbliques (tu Maroc. « L’un, le U1' Mauran, écrit le maréchal « Lyautey dans sa préface, a été un de mes collaborateurs de la ,< première heure; nous avons ensemble posé les fondations de ■i l’œuvre. Le second, le Dr Colombani, plus lard venu, a apporté « une intelligence et un entrain qui lui ont fait doubler les « étapes. Tous deux, avec d'autres dont je ne citerai pas les u noms — ils sont trop — poursuivent leur effort avec la eon-

viclion sans laquelle tout est stérile. » Cet ouvrage expose au « public, « dans une étude d’ensemble, les grandes directives

qui ont présidé à l’évolution de l'assistance médicale, de « l'hygiène et de la prophylaxie dans l’Empire chérifien et les « réalisations obtenues sous les ministères successifs, grâce à

« l'unité de doctrine, à l'esprit de méthode et de continuité dans « l'effort, conditions indispensables pour faire œuvre forte et « durable ». Œuvre particulièrement délicate qui a consisté à « créer en moins de dix ans une organisation « qui tout eu s'ins- « piranl des derniers progrès scientifiques, ne heurtât pas les « susceptibilités légitimes d’un peuple vivant dans une mentalité « et des croyances très éloignées des nôtres ». Les auteurs passent au crible des faits les principales théories de l’assistance indigène appliquées dans nos colonies et montrent qu’au Maroc le meilleur en a été retenu; ils étayent, des résultats probants de l’expérience marocaine, certaines formules hospitalières originales et neuves : les « hôpitaux conjugués », les « hôpitaux jumelés ». Ils exposent une organisation prophylactique rapide, souple et puissante dont le principe, fort des victoires remportées, ne manquera pas d'être pris en considération dans l’élude qui se poursuit de la réforme de la loi d'hygiène dans la métropole. Tout cela, nourri de chiffres, de précisions, que charpente une dialectique serrée et lumineuse; avec très souvent des élans < [u i atteignent la plus persuasive éloquence. L’axiome est toujours vrai : Peclus est quod diserlos faeit. L'illustration documentaire est abondante et soignée. Sur la couverture, une miséreuse hâve tend sou enfant athreptiqu ■, vision poignante que le canif robuste et sûr du I)r Paris a taillée daus le bois. Uct ouvrage répond au vœu récemment émis par le professeur Calmelte: « de voir publier bientôt, pour chacune de nos grandes « colonies, un ouvrage qui soit à la fois... un traité de géogra- « pli i** médicale et un programme d’organisation sanitaire ».

On ne saurait terminer cette revue de la vitrine aux livres, sans signaler la présence de notre luxueux confrère Le Maroc médical dont les sommaires affirment la noble tenue scientifique et les hautes préoccupations déontologiques.

L,'0rient vu de l’Occident, essai critique, par E. Dix et

et Sliman ben Ibrahim; 1 vol. de 106 pages. Piazza,

19, rue Bonaparte.

Réquisitoire ardent contre les orientalistes (l’Occident qui, d’après les auteurs, étudient Mahomet avec une mentalité d'Occidentaux et le voient aussi mal qu’un Chinois qui étudierait Richelieu. L’étude de la civilisation arabe seule peut rajeunir l’orientalisme qui s'est attaché à des œuvres de pure érudition.

L'Annuaire Colonial, édition 1922 ç3;j« année), ouvrage unique en son genre, contient toutes les possessions françaises : Algérie, Tunisie et Maroc compris, donnant les renseignements les plus complets au point de "nie commercial, industriel et agricole.

Prix : 23 francs (Port en sus).

Départements, colonies et étranger, joindre mandat 28 francs.

Annuaire colonial, 1S3, Péristyle de Valois (Palais-Royal) Paris.

Mission économique française en Syrie.

Le général Gouraud nJest pas seulement le chef militaire que chacun sait, c'est encore un administrateur des plus actifs et des plus avisés. Aussi, au premier plan de ses préoccupations met-il le développement économique des régions placées sous le mandat de la France.

Sur son invitation une mission économique vient de se rendre en Syrie. Elle est composée de spécialistes dans les questions qui intéressent plus particulièrement le commerce, l'industrie et l’agriculture de la Syrie.

La Compagnie des Messageries maritimes, dont on connaît les très anciennes et très étroites relations avec les pays de la Méditerranée orientale, a été heureuse, à cette occasion, de prêter dans la plus large mesure son concours à l'organisation de la mission, au transport de ses membres, à la visite des escales où ceux-ci doivent s’arrêter.

Nul doute que les relations commerciales avec la Syrie et le développement de ce riche et intéressant pays ne bénéficient des éludes de la mission.

Le Gérant : J. Legrand.

paris. — ;oc. a“ Vmp. et d'édit., il, rce cissetts.

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ET

PUBLIÉS PAR

le COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE et le COMITE DU MAROC

SOMMAIRE

LE MOZAMBIQUE. - Pierrr Taf 2 T 3

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