ANALYSE DES RESULTATS
Considérons les résultats de la statistique de la Clinique de la Parisière et les observations de MoREL et LAFAURY.
Les résultats de réparations des lésions nerveuses au niveau de la main et des doigts sont bons; ils sont même excellents. Il ne s’agit pas là d’un phénomène particulier, d’un groupage heureux de résultats choisis, agréable à présenter dans une thèse : il faut savoir que la réparation de ces nerfs donne les meilleurs résultats de toutes les sutures nerveuses en général.
Sutures immédiates.
Un seul échec de réparation; il semble qu’il faille imputer ce mauvais résultat aux complications de suppuration qui ont suivi l’intervention. :
L’accidenté qui avait quitté le service quatre jours après l'opération est revenu sé montrer une dizaine de jours plus tard avec une infection considérable, ayant largement désuni les sutures cutanées. Il est probable que la suture nerveuse a été, également, léchée et mordue par la suppuration avec ici aussi désunion.
Revu au contrôle, le blessé ne présente pas de séquelles graves de section nerveuse; seule persiste la zône d’anesthésie cutanée correspondant au collatéral sectionné.
Dans notre cas n° 26 la reprise de la sensibilité a été totale, mais un phénomène curieux s’est instauré : le blessé présente une hyperesthésie à la chaleur dans toute la zône de récupération de la sensibilité. Cet « accident » doit être lié à des réactions vaso-motrices de vaso-dilatation excessive à limpression thermique. 4
Tous les autres cas représentent des guérisons à 100 %. Les anciens opérés ne constatent aucune différence entre les
doigts réparés et ceux qui n’avaient pas été blessés. Le cheminement progressif”/de la reprise de la sensibilité peut se vérifier semaine par semaine par un petit examen précis à la pointe de l'aiguille.
Sterling BUNNELL a écrit que la vitesse de progression est d’un segment de doigt par mois. Il semble que cette « repousse de la sensibilité » se fasse plus rapidement (G jours).
Sutures secondaires. £ -
Un seul échec inexplicable d’ailleurs; aucun incident per ou post-opératoire n'étant venu se glisser (cas n° 36). Une faute de technique a dû faire que le rétablissement anatomique de la gaîne de SCHWANN n’a pas eu lieu et le cheminement des axones est devenu impossible.
Les huit autres cas ont été couronnés de suecés, même ceux pour lesquels les complications de sections nerveuses étaient graves, avec des lésions paraîssant irréversibles. Il faut bien noter d’ailleurs que la reprise de linflux nerveux cylindraxial se manifeste d’abord par la disparition des troubles de séquelles (troubles trophiques, plaques de gangrène, etc...), avant la reprise de la sensibilité vraie. Toutes les récupérations sensitives se manifestent « ad integrum ».
Le temps nécessaire pour la régénération des cylindraxes des névrômes n’est pas plus long que dans les cas de réparaon immédiate.
Pourquoi insister alors pour la réparation la plus précocé possible des lésions nerveuses ? C’est uniquement pour éviter l'installation de troubles « parallèles >» intéressant les autres éléments du doigt.
Prévenir vaut mieux que guérir.
Quelles sont les raisons expliquant ces bons résultats ? Deux paraissent absolument évidentes :
au niveau de la main et des doigts il existe, pour le tissu nerveux une différenciation fonctionnelle, c’est-à-dire que chaque nerf est soit uniquement sensitif, soit uniquement moteur (avec bien entendu pour chacun d’eux des incidences sur la vaso-motricité périphérique et la tenue tissulaire).
; HG 2e
— la puissance de régénération du système nerveux augmente à mesure que l’on va à la périphérie; il y a même une proportionnalité bien établie dont on a pu préciser les règles. En effet, au niveau du système nerveux central où il n’y a pas de névrilemme, les axones ne régénérent pas alors qu’à la périphérie les fibres nerveuses sont incroyablement vigoureuses, allant jusqu’à pousser et pénétrer dans des greffes cutanées épaisses (whole thickness) en de véritables proliférations périphériques plus ou moins arborescentes. Pour permettre cette régénération nerveuse si providentielle, le chirurgien n’aura qu’à « canaliser » cette tendance régénérative en réparant la gaîne de SCHWANN.
Pourquoi ne pas saisir cet appel de la Nature ?
Salliei
We ANS