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Répertoire bibliographique des travaux de M. Charles de Robillard de Beaurepaire: 1850-1900

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des Travaux de

M. Charles de Robillard de Beau repaire.

passants le considéraient, avec une crainte mêlée de respect, et se disaient entre eux : Voilà celui qui revient de l'Enfer.

Lorsque, le front pensif, vous sortez des Archives, où votre vie s'écoule au contact des générations disparues, vos contemporains pourraient dire, à leur tour : Voilà celui qui revient du moyen âge.

Pardonnez-moi, vénéré maître, d'avoir, par mon langage, offensé votre modestie et jugez plutôt de mon embarras. Si je parlais, j'étais sûr de vous déplaire ; si je me taisais, cet auditoire pouvait, malgré son indulgence, me reprocher mon silence. Mon discours a été bref; c'était, je l'espère, l'unique moyen de concilier des exigences contraires.

Nous avons voulu exprimer notre gratitude envers vous par un signe extérieur et répondre au voeu secret de nos souscripteurs. Le don, que nous allons vous offrir, n'aura pas réellement le mérite d'être gratuit ; nous le considérons, à vrai dire, comme une simple restitution.

Nous avons demandé à notre compatriote, le sculpteur Guilloux, de perpétuer vos traits sur le bronze, et à l'un de vos fils de dresser, en vous prenant pour modèle, l'inventaire des ouvrages et des mémoires si nombreux que vous avez publiés, sans interruption, pendant un demi-siècle.

Au nom de sa famille, de ses amis, de ses collègues et de ses disciples, dont les cœurs battent, en ce moment, à l'unisson, j'ai l'honneur de remettre « à l'Archiviste éminent de la Seine-Inférieure, depuis cinquante ans, ce gage de reconnaissance et d'amitié. »

Après ce discours, et au milieu des applaudissements, M. le docteur Coutan a remis à M. de Beaurepaire, au nom des souscripteurs, le Répertoire imprimé de ses travaux, le médaillon et la médaille gravés par A. Guilloux.

M. de Beaurepaire a remercié, en prononçant l'allocution qui suit :

Mesdames, Messieurs,

Je suis très flatté, et en même temps véritablement confus, de l'honneur que je reçois en ce moment, par une faveur bien imprévue et toute gratuite de votre part. Normand de naissance, habitué à considérer la ville de Rouen comme la tête et le cœur d'une province à laquelle me rattachent mes plus chers souvenirs, il ne pouvait que m'être extrêmement agréable de me trouver préposé à la garde d'une partie notable des documents qui concernent leur glorieuse histoire. Il ne m'était pas interdit d'en user pour des études en rapport avec mes goûts; et j'acceptais avec bonheur le devoir d'en faire profiter les autres pour des travaux plus importants, dont il me paraît inutile de nommer ici les auteurs.

Dans cette occupation modeste, étrangère aux passions qui divisent, la vie s'écoule paisiblement, sans incidents qui permettent d'en jalonner le cours. Me voici donc arrivé (presque sans m'en douter) à la cinquantième année révolue de mes fonctions, tel officiellement que j'étais à mes débuts. De la manière la plus aimable du monde, vous m'avertissez de la longueur du chemin que j'ai parcouru, et vous me félicitez de l'avoir suivi sans m'en écarter jamais.

Je suis amené par là tout naturellement à une pensée sérieuse, c'est que le terme est proche. Je devrais aussi me demander quel a été le résultat de tant d'années consacrées à un labeur persévérant. Mais grâce à vous, Mesdames et Messieurs, j'échappe au trouble qu'en toute autre circonstance cette question eût pu me causer. Devant vous il ne me convient que de bénir cette suite d'années, auxquelles je dois un gain qui dépasse tout ce que j'aurais pu rêver, alors que j'étais jeune et que l'ambition m'eût été pardonnée, la conquête de ces précieuses sympathies dont vous m'apportez ici le trop éclatant témoignage, et dont (veuillez en agréer l'assurance) je vous suis et vous serai toujours infiniment reconnaissant.

La séance a été levée ensuite, et l'assistance est venue apporter ses félicitations à M. de Beaurepaire, ainsi qu'à M me de Beaurepaire, qui assistait à la cérémonie.

Rouen, le 25 mai 1901.

L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de J Rouen est ensuite entrée en séance, et, sous la présidence , de M. le docteur Coutan, son président, a procédé à l'installation de M. Georges de Ro billard de Beau repaire,, docteur en droit, avocat à la Cour d'appel de Rouen. Celui-ci avait pris, pour sujet de son discours, la vie de l'abbé de Saint-Pierre, d'après des papiers et une correspondance inédits, que l'orateur avait eu la bonne fortune de rencontrer tant à la Bibliothèque municipale de Rouen que dans la bibliothèque d'un de ses amis. M. le Président, dans sa réponse au récipiendaire, a essayé une restitution de la cathédrale d'Avranches, détruite dans les premières années du xix e siècle.

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