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DÉTERMINATION DES TYPES CHROMATIQUES

62. Conditions essentielles des vrais types. — Un type, avons-nous dit, c'est la représentation matérielle aussi approchée que possible de l'idéal que l'on doit se former d’un objet. Il résulte de cette définition que les types chromatiques doivent satisfaire aux deux conditions suivantes : d'abord ils doivent correspondre à l'idée la plus juste que l’on puisse se former des différentes couleurs, et ensuite réaliser matériellement cette idée avec toute la perfection possible.

À l’aide des trois couleurs fondamentales le rouge, le jaune et le bleu, en y joignant les deux couleurs auxiliaires le blanc et le noir, on peut, en peinture, reproduire toutes les teintes possibles. M. Chevreul a pris ce fait comme point de départ, nous le prendrons aussi; nous avons donc à déterminer successivement

les types de ces couleurs primitives et les types des couleurs qui en dérivent.

S 1. Détermination des types des couleurs primitives.

63. Importance de cette détermination. — Les types des couleurs dérivées devant dépendre des types des couleurs primitives, la détermination de ces

derniers est d’une importance capitale. Il y a bien des nuances diverses de rouge,

de jaune et de bleu; chacune de ces nuances peut être plus ou moins intense; à quelle nuance (nature spécifique), à quelton (intensité chromatique) faut-il s'arrêter pour offrir un type enlevant tous les suffrages? Quelle est l'idée qu'il faut s'en

faire ?

64. Caractères de la nuance et du ton typiques. — En chacune des trois couleurs primitives, a nuance type doit être absolument exempte de toute trace des deux autres. Le rouge ne doit avoir aucune trace ni de jaune ni de bleu, donc il ne doit incliner aucunement ni vers l’orangé, ni vers le violet; le jaune doit être également exempt de tout rouge et de tout bleu, le bleu de tout jaune et de tout rouge (1).

Quant au ton type, il doit être absolument franc, ni lavé, ni rabattu, ni grisé si peu que ce soit; il doit donner le maximum chromatique de la couleur.

Tout le monde, ce me semble, sera d'accord sur ces caractères. C'est là l'idéal

qu’il faut chercher à réaliser.

65. Réalisation pratique de ces types. — On parviendra pratiquement à réaliser l'idéal par la méthode des approximations successives, à peu près comme

on arrive à déterminer le rapport de la circonférence au diamètre à l'aide de polygones inserits et circonscrits. C’est en mettant en présence différents échantillons du rouge qu'on pourra approcher du type rouge; chaque approximation devient un point de repère qui permet d'en obtenir une plus grande qui circonscrit de plus en plus le champ des recherches, et donne un type réalisant de mieux en mieux la nuance idéale. Celle-ci obtenue, on procédera de même pour atteindre le type du ton franc de cette nuance.

Inutile de le faire remarquer, les yeux exercés d’un teinturier, d'un tapissier ou d’un peintre lui permettront d'arriver beaucoup plus vite et beaucoup plus sûrement au résultat que ne pourrait le faire quiconque est moins préparé à ce genre

de recherches.

(1) Dans la détermination de ce caractère nous nous plaçons exclusivement au point de vue physiologi-

que, car physiquement toute couleur primitive doit contenir au moins partiellement les nuances dérivées

qu'elle engendre (49).

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