REPRODUCTION D'UNE TEINTE DONNÉE QUELCONQUE
122. Conditions du problème. — Il s'agit de reproduire une teinte quelconque, n'eût-on à sa disposition que les trois couleurs primitives avec du blanc et du noir. Nous supposons /a teinte figurée en notations chromatiques; dans le cas où elle serait donnée en nature, on commencerait par déterminer sa formule comme dans le premier problème.
123. Solution du problème. — Si la formule contient des couleurs dérivées, on les exprimera en fonction des couleurs primitives(17); prenant alors et mélant ensemble les quantités de couleurs primitives ou de couleurs auxiliaires indiquées par la formule, on obtiendra la reproduction de la teinte en question.
Quand cette teinte est rabattue ou grisée, au lieu d'introduire du noir dans le mélange, on peut l'y faire naître par la rencontre des complémentaires (42). Pour y arriver, on augmente la ou les couleurs proprement dites d'une quantité égale à la moitié du rabat exigé et l'on y ajoute une égale quantité de la ou des couleurs complémentaires.
Par exemple, soit J4\Fo la teinte donnée; \Eo = Ji + Ba, cette valeur substituée dans la formule la transforme en J5B:1; il suffira donc de mélanger une partie de bleu à cinq parties de jaune pour avoir la teinte voulue.
Soit encore la teinte RaNo à reproduire; la moitié de Noest N:,1a complémentaire de R est X, je w’aurai done qu'à mélanger RÉSNRTEM\E pour
reproduire la teinte proposée sans adjonction de noir.
124. Remarques. — Nous avons résolu le problème avec les seules couleurs primitives et les couleurs auxiliaires. Il est clair que l'on pourrait se servir de couleurs dérivées. Mais pour les unes comme pour les autres, il importe avant tout de formuler sous le rapport, soit de la nuance, soit du ton, les pigments dont on veut se servir, afin de ne les employer que selon les exigences du problème
Si la teinte est donnée en formule contenant plus de six sixièmes de couleur, il faudra ramener cette formule au type des équivalents, c'est-à-dire, à ne renfermer six sixièmes. Voici comment on procède : s’il y a du noir explicitement figuré,
que :
il suffit de réduire les éléments de la formule proportionnellement à leurs indices ;
jèmes prélev
RaN;, par exemple, contient deux sixièmes de trop; ces deux si sur R et N, proportionnellement à leurs indices 3 et 5, il restera RæN3, formule conforme au type des équivalents. Si le noir n'est pas explicitement représenté, mais résulte de l'excès de couleur, cet excès étant partagé proportionnellement aux indices des composantes, on évalue le rabat qui provient de chacune des parties, on augmente d'autant la somme à retrancher des éléments donnés et l’on fait figurer le rabat dans la formule. Soit RaV 1 a teinte donnée, cette formule contient trois sixièmes de couleur en excès, ils sont à prélever sur R et V proportionnellement à leurs indices 3 et 6: c'est un sixième d'excès en R et deux sixièmes en V produisant un rabat d'environ un sixième de (20) qui ajouté aux trois autres en excès, fait quatre sixièmes à retrancher 2 R et de V. Il reste RoV3 et finalement R\3N: pour la formule cherchée.
Si les équivalents des couleurs à notre disposition ne sont pas déterminés, on se contentera d'estimer au jugé leur équivalence, et cette estimation malgré ses incertitudes permettra d'atteindre une approximation souvent suffisante (1).
(1) Depuis que cet ouvrage est sous presse, un de mes amis et collaborateurs m’a suggéré, au sujet de la détermination des équivalents chromatiques, le procédé suivant pour les trois couleurs fondamentales :
“ Sapposant ces pigments, dont je veux fixer l'équivalent, dans les mêmes conditions et leur quantité très exactement mesurable en volume, je prends une certaine quantité À de rouge, j'y mêle une égale quan-