RAIES DES SPECTRES DE LUMIERES ARTIFIGIBLLES
elles sont à peine visibles. Les chlorures de fer, de zinc, de cobalt, de nickel, de mercure, de magnésie, donnent naissance à une bande très-faible dans l'espace vert. Le'bicblorure de mercure produit une ligne brillante près de G dans l'indigo.
M. Miller a expérimenté ensuite la lumière produite par l'ignition de différentes substances an sein d'un jet enflammé d'hydrogène et d'oxygène. Dans le spectre du charbon de bois, très-près du milieu de l'espace compris entre D et £, on voit une raie brillante trèsétroite.
La cbanx et la strontiane donnent les mêmes apparences que quand on trempait la mèche de coton dans leur solution.
Le zinc, le fer, l'acier, le platine, donnaient des spectres brillants, mais il n'y avait de mies que vers D. Le cuivre, le plomb, l'antimoine, fondaient sans produire une lumière suffisante pour des observations régulières.
U est intéressant de faire remarquer que lorsque la lumière solaire était transmise à travers une flamme qui donnait par elle-même des raies sombres, ces raies apparaissaient de nouveau dans le spectre composé, pourvu que la lumière du jour ne fût pas trop intense relativement à celle de la flamme colorée. Cette expérience réussit trèsbien avec la lumière rouge du nitrate de strontiane. Il semble résulter de ce fait qu'il existe des atmosphères lumineuses, dans lesquelles non-seulement il manque certaines raies, mais qui encore exercent une influence d'absorption positive sur d'autres lumières.
M. Miller a laissé à M. Wheatstone, qui l'avait devancé sur ce point, k mérite de mettre en évidence des faits non moins curieux» observés dans la flamme des substances mises en ignition aux pôles de la pile par l'action du courant voitaïque. Il y a six ans que le mémoire de M. Miller est écrit, et M. Wheatstone n'a pas encore publié ses expériences. Or, pendant ce trop long laps de temps, M. Foucault a publié une note curieuse sur les spectres produits par les corps qui brûlent entre les deux pointes de charbon fixées aux pôles d'une forte pile. Nous avons aussi répété ces belles expériences slvec M. Soleil ; nous pouvons même dire que nous leur avons donné un plus grand éclat en projetant ces spectres sur un écran, sans leur rien faire perdre de leur splendeur. Ce qui avait frappé surtout U. Foucault, c'est la persistance de la raie brillant D que l'on retrou**
Tait dans tous les spectres, quel que fût le métal employé, or, argent, cuivre, mercure, etc« Cette persistance, signalée aussi par M. Miller, est un fait singulier. Dans la combustion de Targent et du cuivre, il y a une raie verte qui surpasse en intensité les rayons les plus illuminés du spectre solaire. Le spectre du cuivre était éminemment reconnaissable par ses raies vertes; celui du zinc par ses merveilleuses raies violettes; dans la flamme du laiton composé de cuivre et de zinc, on admirait les raies vertes du cuivre et les raies violettes du zinc ; le maillechort, dans des expériences plus récentes, et que M. Jules Dubosc, gendre de M. Soleil, avait disposées avec plus d'art encore, a présenté des apparences beaucoup plus splendides : l'œil ne se lassait pas de contempler un nombre étonnant de raies brillantes et sombres, où Ton retrouvait toutes les raies lumineuses des métaux qui entrent dans la composition de cet alliage multiple. Avec un peu d'expérience, on arrive à faire, par l'observation des raies, l'analyse, sinon quantitative, du moins qualitative des combinaisons les plus complexes de métaux très-dissemblables. La beauté et la netteté de nos expériences nous amènent à conclure que les observations de M. Miller laissent beaucoup à désirer; nous en sommes presque à regretter de les avoir si complètement analysées. Dans le spectre du zinc, du fer, de l'acier, du platine, M. Miller a vu à peine la raie D ; dans le spectre du cuivre, du plomb, de l'antimoine, il n'a rien vu : c'est bien certainement parce qu'il n'a pas su former convenablement son spectre; sans doute qu'il n'employait pas la lentille convergente dont M. Soleil a tiré un si admirable parti dans ses projections sur un écran des phénomènes optiques, et sans laquelle oo n'obtient que des effets insigniûants.
En terminant, tirons encore une fois des faits que nous venons de décrire notre argument invincible contre la composition prétendue du spectre, défendue avec tant d'opiniâtreté par sir David Brewster. Les raies brillantes rouges, orangées, jaunes, vertes, bleues, indigo; violettes, quelle que soit la lumière que l'on analyse par le spectre, apparaisseiit constamment dans les espaces de même nuance ; or, Si réellement le spectre en chacun de ces pointsf était un mélange de rouge, de jaune et de bien, il serait impossible de ne pas admettre que quelquefois au moins une raie rouge, jaune, bleue, etc., serait dé*
INDICES DE REFRACTION DES RÂlES FIXES. 4245
placée et brillerait sar un fond de conlear étrangère. Il n'en est jamais ainsi : donc M. Brewster a tort.
Sur les indices de réfraction des raies fixes dans le spectre so^ laùre formé par la lumière quia traversé des milieux différents ; par M. Baden-Powell.
L'auteur, dans ses longues et difficiles recherches, a saivi les méthodes employées par Frannhofer et Rûdbei^.
Ses expériences se faisaient à Taide d'un appareil dont les parties essentielles consistaient 1** en un cercle gradué, au centre duquel se trouvait un prisme ; 2*" en une petite lunette achromatique munie d'un micromètre à fils très-fins. La lunette grossissait à peu près dix fois. Elle était constamment dirigée sur le prisme et se mouvait avec ce dernier autour du centre du cercle. Le diamètre du cercle était de 10 pouces; son limbe d'argent était divisé, chaque division correspondait à dix minutes, deux verniers munis de loupes et placés vis-à*vis Fun de l'autre permettaient d'apprécier des angles de 10'^
La fente qui représentait la source de lumière était large d'environ 0,05 pouces, et formée des bords de deux plaques de laiton. Elle faisait ainsi partie d'un volet dont le côté extérieur portait un héliostat ou un porte-lumière, qui projetait le rayon lumineux dans la direction voulue. De cet appareil au prisme on comptait environ 12 pieds. On observait directement la déviation absolue de chaque rayon issu du point O, ou du point milieu de la fente, dont Timage apparaissait trèsdistincte dans la lunette. Il n'était pas difficile de donner à Tarète du prisme une position bien parallèle à la fente, et de déterminer, à l'aide du croisement des fils et pour chaque raie fixe, la position du minimum de déviation.
De la déviation observée on déduisait l'indice de réfraction |x à l'aide de la formule connue :
log f*=log sin — ~ — log ^,
dans laquelle i est le minimum de déviation et t l'angle du prisme.
Dans les expériences avec les fluides, on se servait de prismes creux, formés de verres à faces exactement parallèles» et dont on dé-
i246 DI8PBRSI0N m vàFnkcrion de u lumibre.
terminait les aogles par un procédé particulier. Un thermomètre placé dans les prismes accusait la température.
Pour s'assurer de Tidentité des raies avec les raies de Fraunhofer, ou plaçait à côté du speetre solaire l'admirable dessin des Mémoires de Munich et des Annales astronomiques de Schumacher.
Dans l'appréciaiion de l'exactitude des observations et de leur concordance, il ne faut pas oublier que les prismes fluides étaient nécessairement exposés pendant tout le temps à l'action calorifique des rayons solaires, et que par conséquent les indices de réfraction subissaient continuellement de petites variations, que Ton ne pourrait éliminer qu'en multipliant les observations. £n général, les expériences faites à des températures très-élevées méritent peu de con- Gance.
Les indices de réfraction des différejits milieux ne peuvent pas être comparés avant leur réduction à une température commune. La diminution admise des indices de réfraction proportionnellement à l'élévation de la température n'a lieu que dans des limites très-étroites.
Dans beaucoup de milieux, les rayons bleus et violets sont absorbés; dans d'aulres, ce sont les raies qui sont peu visibles, quoique Ton puisse reconnaître quelquefois leur position à l'aide de verres colorés.
Pour donner une idée de l'immense travail de M. Powell,nousdirons qu'il a opéré sur les milieux suivants : huile de cassia, sulfure de carbone, huile d'anis, créosote, huile de sassafras, acide sulfurique, acide chlorhydrique, alcohoi, vinaigre de bois, eau distillée, solutions de soude, acétate de potasse, sel gemme, chlorure de calcium, sel ammoniac, salpêtre, nitrate d'argent, chlorure de barium, sel de Glauber, chlorure de zinc, nitrate de bismuth, acide nitrique, acétate de plomb, etc., etc.
Gomme exemple des résultats obtenus par M. Powell, nous citerons les valeurs des indices correspondants à diverses températures, et relatifs à l'huile de cassia. Voici ces nombres :
DÉCOMPOSITION DES COULEURS d'iNTEBFÉBENGES. 4247
YIII. Décomposition prismatique des couleurs (Tinter férence ,
par J. MûLLER , à Fribourg.
Pour déterminer si les coulears des corps transparents s'expliquent on non par des interférences^ il faut les comparer avec les couleurs d'interférence. M. de Wrede a, le premier, démontré que, dans la décomposition prismatique du blanc de premier ordre , il se forme an spectre sillonné par une série de bandes noires semblables aux bandes qui s'observent dans le spectre , quand on fait passer la lumière à travers des vapeurs d'iode on de brome. M. Erman a mesuré, dans les deux cas, les distances des bandes, et il essaie de démontrer qu'elles suivent la même loi que les distances des bandes données par une lame de mica , de telle sorte qu'on puisse admettre que les bandes données par la lumière qui a traversé les vapeurs d'iode et de brome sont , comme les bandes de la lame de mica , un phénomène d'interférence. Or, la lumière qui a traversé une feuille de mica est blanche; c'est une couleur d'ordre supérieur, tandis que la lumière qui a passé par des vapeurs d'iode et de brome est colorée. M. de Wrede a montré que cette coloration n'est pas en rapport direct avec les bandes» et qu'il faut considérer la lumière qui a traversé les vapeurs d*iode et de brome, pour ainsi dire, comme une combinaison d'une couleur d'un ordre inférieur avec un blanc d'ordre supérieur.
» En réalité , on rencontre souvent le phénomène de l'absorption chromatique sans qu'on observe, en même temps, le phénomène des bandes. Dans le spectre formé par la lumière qui tombe sur un prisme, après avoir traversé des fluides colorés, on n'observe que quelques minima d'intensité , mais point de bandes régulières ; d*où il résulte évidemment qu'il faut , pour arriver à la solution de la question relative à la production des couleurs des corps , comparer ces couleurs avec des couleurs d'interférence d'ordre inférieur, lesquelles, seules, présentent une coloration belle, brillante et trèsdistincte.
» Les plaques assez minces pour produire les couleurs de Newton d'ordre Inférieur sont trop fragiles pour pouvoir servir aux expériences faites par MM. de Wrede et Erman sur des feuilles de mica ,
1248 DISPERSION ET r£fragtion de la lumières.
bien plus épaisses. Sons ce rapport , la décomposition prismatiqae des couleurs d'interférence d'ordre inférieur offre de grandes difficultés. On peut cependant les lever en employant des feuilles de gypse, chaux sulfatée, et de la lumière polarisée*
» Une lame de gypse, qui est déjà trop épaisse pour manifester à elle seule une coloration , présente des couleurs dans Tappareii de polarisation. Ces couleurs des lames de gypse dans la lomière polarisée sont identiques aux couleurs de Newton. Or, on peut coller des lames de gypse entre des plaques de verre , et se procurer de cette manière une collection de lames qui présentent des couleurs différentes , et sur lesquelles on puisse facilement opérer.
» En plaçant de telles lames dans une position convenable , entre deux prismes de Nicol, leurs couleurs apparaissent très-belles et très-pures; et voici la manière la plus simple de les décomposer prismatiquement et de les soumettre à l'observation :
» On projette le spectre sur un écran de papier et on l'observe à travers une lame de gypse placée entre deux prismes de Nicol,
M Quand on place entre les prismes croisés de Nicol une lame de gypse donnant une couleur de premier, second ou troisième ordre, l'intensité de la'Iumière est très-affaiblie et presque effacée à un endroit du spectre , qui , suivant la couleur de la lame , occupe le milieu oa se rapproche de l'extrémité. Exemple : le violet, pourpre foncé, du second ordre produit dans le jaune une bande sombre; le jaune du second ordre efface l'extrémité violette du spectre, etc., etc.
» Les couleurs du quatrième ordre présentent déjà deux bandes sombres. Exemple : le vert du quatrième ordre fait apparaître dans le rouge une bande sombre , et une seconde bande dans le bleu.
» En employant successivement des lames toujours plus épaisses, on observe 3,^,5,6, etc., bandes sombres.
» Si Ton veut mesurer les distances des bandes, ce qui peut être de quelque importance dans beaucoup de recherches , on n'a qa'à dessiner sur l'écran une échelle divisée.
» Je laisserai de côté les observations faites sur des lames de gypse plus minces , et je me bornerai à décrire les phénomènes de bandes d'interférence donnés par quelques plaques plus épaisses. Les quatre observations suivantes se faisaient sur des lames dont je désignerai
DECOMPOSITION DES COULEURS d'IiNTERFÉRENCE. 1249
répaisâear par I, IL III, IV. I était la lame la plus mince des quatre et domiait le vert du quatrième ordre ; les autres ne donnaient que le blanc. Le spectre, sur l'écran, embrassait l'espace compris entre les lignes de division 33 et 69.
» La lame I présentait deux bandes sombres ; le milieu de l'une se trouvait à 50,5, c'est- h-d ire dans le bleu; le milieu de la seconde à 65, c'est 5-dire dans le rouge.
» La lame II produisait cinq bandes sombres^ dont les milieux coïncidaient avec les divisions
^0; 47; 54; 60 et 65,25; c'était un très-beau phénomène.
» La lame III faisait apparaître 1 1 bandes ; la position de la dernière de ces bandes, dans le rouge , ne pouvait plus être bien distinguée ; les autres occupaient les lignes de division
66 ; 63,r> ; 60,75 ; 58,25 ; 55,25 ; 52 ; 48,5 ; 45 ; M ; 36,75* La première de ces bandes tombe dans le rouge , la seconde dans l'orangé; la troisième occupe la limite entre le jaune et le vert; les deux suivantes se trouvent dans le vert , etc. , etc.
Dans l'observation avec la lame III, on avait changé un peu la position de l'écran : l'extrémité violette du spectre était à 22 , la rouge à 71. Le nombre des bandes, dans ce spectre, était 30. La position des dernières bandes, aux extrémités de la série, ne pouvaient plus être bien distinguée ; voici l'emplacement des autres :
» Plus le nombre des bandes augmente, plus leur largeur diminue ; mais si elles deviennent trop minces, elles ne forment plus, dans ce mode d'observation, des bandes sombres nettement dessinées: elles deviennent par trop diffuses. Si cependant le nombre des bandes comprises dans toute l'étendue du spectre n'excède pas 70, on peut encore très-bien les distinguer. Si ce nombre continue à augmenter, les bandes conimencent à devenir de plus en plus invisibles , et disparaissent enfin entièrement.
» Les phénomènes dont il vient d'être question sont produits par de la lumière polarisée qui , en tombant sur une lame de gypse , est divisée en deux faisceaux de rayons , dont l'un devance l'autre d'un
iS50 DISPERSION ET REFRACTION Dl LA LtJMIBRfi.
certain nombre de longdenrs d'ondes « snivant l'épaisseur de b lame. Après avoir traversé 2a lame de gypse, les deux faisceaux de rayons «ont ramenés , par le second prisme de Nicol , & un même plan de vibrations, et l'interférence est redevenue possible. Quand les prismes de Nicol sont croisés» ou à angle droit , les dent rayons se détruisent mutuellement , si l'un a devancé l'autre dans la plaque de cristal de 1, 2, 3, à, etc., etc., on , enfin , d'un nombre entier de longueurs d'ondes.
» Or, si, par rapport aux rayons rouges qui correspondent à une portion déterminée du spectre, l'un des faisceaux de rayons a devancé, dans la lame de gypse, l'autre faisceau de n longueurs d'ondes , l'avance de l'un des faisceaux , par rapport aux rayons pins réfrangibles, c'est-à-dire aux rayons jaunes, verts, bleus, etc., etc., dans la même feuille de gypse, dépassera h longueurs d'ondes.
» £t, si maintenanton regarde le spectre à travers cette lame de gypse renfermée entre deux prismes de Nicol , la portion rouge sera effacée , ou mieux , elle sera remplacée par une bande sombre. La différence de marche d^ deux faisceaux dans la lame de gypse , relative à cette bende ^ sera exactement de m longueurs d'ondes. Si Ton considère la bande sombre b plus rapprochée de k dernière da oôté de l'ettrémilé violette du spectre , la diBérence de marche sera de n -4- i » ^Oè sera de n + 2 longueurs d'onde relativement à h bande suivante, etc.
)» tJne lame de gypse , dont la couleur est le vert dii quatrième prdre» présente, comme nous l'avons déjà indiqué dans la décomposition par le prisme , deux minima , dont l'un coïncide à peu près avec la bande située au sein du rouge , l'autre avec la bande située au sein do bleu. L'avance de l'un des rayons dans la lame de gypse qui donne le vert du quatrième ordre est de k longueurs d'ondes pour la lumière bleue , et de 3 longueurs d'ondes pour la lumière rouge. Une lame de gypse, dont l'épaisseur serait double de celle qui donne le vert du quatrième ordre , produirait des bandes somtares aut mêmes endrdts que le vert du quatrième ordre ; mais la différence daAe la mardie des deux rayons , pour la bande au sein ém bteU) serait 8; pour la bande au sein du rooge, 6 longueurs
' DÉCOMPOSITION IIES COULEURS d'iNTëRFBRBNCE. 1251
d'ondes : et, par conséquent, ces lames {dus épaisses produiraieal encore une nouvelle bande obscure entre les deux premières.
« Une lame trois fois plus épaisse que celle qui donne le vert du quatrième ordre produira encore une bande au sein du rouge et une bande au sein du bleu , exactement aux mêmes endroits que la lame précédente : mais la bande au sein du bleu répond , dans ce cas^ à une différence de marche égale à 12; la bande au sein du rouge à une différence de marche égale à 9 longueurs d'ondes : donc, au milieu de ces deux bandes, on en retrouvera deux autres, comme l'expérience le montre.
• En partant de ces calculs tout à fait élémentaires , on parvient facilement à trouver pour chaque lame la valeur de l'avance de l'un des rayons interférents sur l'autre dans chaque partie du spectre.
» Supposons que la différence, de marche pour une lame A et une bande quelconque soit de n longueurs d'ondes, celte différence sera, par conséquent, pour la bande la plus rapprochée du côté violet , de n -h 1 longueurs d'ondes.
» Or, si l'épaisseur d'une autre lame B est un multiple de l'épaisseur de la lame A , la lame B produira deux bandes aux mêmes places où se trouvaient les deux bandes de la plaque A, provenant des différences de marche de n et n + 1 longueurs d'ondes. Mais pour la lame B on aura , en outre , entre ces deux premières bandes, plusieurs bandes nouvelles dont le nombre dépendra du nombre qui indique combien de fois la lame B est plus épaisse que la lame A.
» Si B est 2, 3, h, 5... m fois plus épaisse que A , il y aura eritre les deux bandes primitives, par l'interposition de la lame plus épaisse, i, 2, 3, û... m — 1, Nouvelles bandes. Réciproquement, si deux bandes d'une lame plus épaisse coïncident avec deux bandes d'une lame moins épaisse , se succédant immédiatement , et que pour la lame plus épaisse on compte , entre ces deux bandes communes , un nombre m de nouvelles bandes, la seconde lame sera m + 1 fois plus épaisse que la lame plus mince ; et la différence de marche , pour les bandes Correspondantes à la lame plus épaisse, sera aussi m + 1 fois plus grande.
» En appliquant ces principes à la détermination des différences de marche des deux rayons interférents , qui correspondent aux bandes
produites par la ]ame IV, nous obtiendrons les résultats suivants : » Les expériences relatives à la lame IV ne pouvaient pas être directement comparées avec celles relatives à la lame I, parce que, dans la dernière série d'expériences , le spectre avait une autre position que dans la première. Pour ne pas être obligé de faire des calculs de réduclioa difficiles , j'ai répété l'expérience sur les deux lames , avec la même position du spectre. Ce dernier s'étendait de la ligne de division 19 à la ligne QU; pour la lame I, les deux minima se trouvaient à 58,5 et Al, 5. La lame IV donna une bande sombre à /il, 25, une autre à 58,75, et entre ces deux bandes-limites ou en observait encore lit. Ces deux bandes-limites coïncidaient à peu près avec les deux bandes de la lame I : on pouvait en conclure que la lame IV était 15 fois plus épaisse que la lame I, et par conséquent la bande-limite au sein du rouge correspondait à une -différence de marche égale à 3 X 15, ou U5; la bande limite au sein du bleu à une différence de marche égale à k X 15, ou 60 longueurs d'ondes, ' quantité dont l'un des rayons a devancé l'autre dans la lame de gypse.
» Au delà de la bande-limite au sein du rouge, il y avait encore cinq bandes correspondantes aux différences de marche, UU, 43, 42, 41 et 40 longueur d'ondes. Au delà delà bande-limite au sein du bleu, il y en avait encore neuf, correspondantes aux différences de marche, 61, 62. 63, 64, 65, 66, 67, 68 et 69 longueurs d'ondes.
» On sait que les indices de réfraction des rayons colorés ne sont point proportionnels au rapport inverse des longueurs d'ondes : par conséquent, la portion bleu et violet du spectre est plus étendue. Par la même raison , la distance entre les bandes sombres dont il est ici question ne peut pas être la même dans toute l'étendue du spectre : au contraire , ces distances doivent augmenter depuis l'extrémité rouge jusqu'à Textrémilé violette. Ainsi , par exemple , pour la lame III , le dernier intervalle à l'extrémité rouge est de 2,5 , l'avantdernier de 2,75, tandis que les deux derniers intervalles à l'extrémité violette sont de 4 et de 4,25.
» Lerapportsuivantlequel les intervalles entre les bandes noiresaugmentent depuis l'extrémité rouge jusqu'à l'extrémité violette dépend de la nature du prisme , qui produit le spectre, et » par conséquent^
DÉCOMPOSITION DES COULEURS d'iNTERFÉRENGE. 4255
la loi de cette augmentation en largeur ne saurait être trouvée que par voie empirique.
» £n comparant la distance entre les bandes noires, on trouve d'abord qu'elle augmente vers Textrémité violette du spectre. Or, en divisant la grandeur d'un intervalle par la grandeur de l'intervalle suivant du côté violet , on obtient presque toujours le même quotient : il est donc probable que la grandeur des intervalles augmente en progression géométrique. Cette hypothèse , que la grandeur des intervalles augmente en progression géométrique , s'accorde assez exactement avec les résultats de l'expérience.
» Quand on divise chacun des intervalles observés pour la lame III par l'intervalle suivant , on obtient une série de quotients qui sont à peu près égaux ; la moyenne de ces quotients est 1,09113. Si maintenant on désigne la largeur de Tintervalle entre la bande correspondante à la division 66 et la bande suivante par /, le facteur 1,09113 par n, le premier intervalle suivant sera, par conséquent, in, le second /n^, etc., etc. La distance de la première et de la dernière bande 66 — 36,75, ou 29,25, est la somme de touscis intervalles. On a donc :
puisqu'il y a neuf intervalles.
Substituant à n sa valeur 1,09113, il résulte de cette équation / = 2,2357: le premier intervalle suivant est alors 2,^395, le second 2,6618, etc., etc.
» Ayant calculé la grandeur de chaque intervalle, on peut, en partant d'une bande quelconque, déterminer la position des autres bandes. L'accord entre les résultats du calcul et les résultats de l'observation est une preuve concluante en faveur de l'hypothèse de la croissance en progression géométrique des intervalles entre les bandes. La discussion des expériences prouve que cet accord subsiste pour les lames III et lY : l'hypothèse ci-dessus énoncée peut doncêtre considérée comme une loi de la nature.
9 Pour savoir si les bandes d'absorption, produites par les vapeurs d'iode et de brome, suivent la même loi que les bandes d'interférence des lame3 de gypse , il faudrait seulement examiner s'il existe entre les bandes d'absorption de ces vapeurs et les bandes d'interfé-
rence d'une lame de gypse un rapport semblable ï celui qui eiiste
entre les bandes d'interférence des lames III et IV.
• D'aprèi les recberches de fU. Erman, l'existence de ce rapport est très- probable. ■
Dana un second mémoire sur le mSme sujet, M. Hiiller indique comment il a considérablement perfectioODë sa mélbode d'obsemtion. Nous venons de voir en quoi elle consistait.
On faisait tomber un rayon de lumière b travers une fenie mince dans une chambre obscure , et l'on décomposait ensuite ce rayon par un pri.sme, après lui avoir fait travcmer une seconde fente placée fc six ou huit pieds de distance de la première ; on regardait le spectre reçusnrun écran •■ travers une feuille de gypse, maintenue dans une position convenable entre deux prismes de Nicol. Le spectre alors était sillonné par les raies noires que nous avons décrites. Maintenant M. Millier place la feuille de gypse, maintenue entre les deux prismes de Nicol , immédiatement devant ou derrière la seconde fcnie , de telle sorte que ce n'est plus de la lumière ordinaire , mais d« la lumière déjï modiliée par l'eiïet de son passage h iraver^i les deux prismes du Nicol et la feuille de gypse , qui tombe sur le (H-ismc. De celte manière , les raies noires apparaiâseni plus disllnclcs dans le spectre, et peuvent être vues de plusieurs personnes ï la fuis.
les ûguresl, 2 et 3 représentent l'appareil qui sert h installer convenablement la feuille de mica et les prismes de Nicol , soit devant, soit derrière la seconde fente. Les prismes de Nicol , enchâssés h l'ordinaire dans dD liège oà du lailon, sont engagés dans une garniture ou enveloppe en bois, formée de deux bottes , comme on le voitdaos la figure 1 . La boite n, qui renferme le prisme de Nicol b, peut fitre
vissée sur le prolongement de la boîte c, aptes qn'M a interport la feolllfl de gypse o, enfermée onUe denx plaques rondes de terre.
DÉCOMPOSITION DBS COULEURS d'iNTBRFÉRENCI. 1355
L'eiiTeloppe en bois peut être fixée sur an pied , fig. 2 , et placée dans la position convenable auprès de la secondeiente.
Si les raie$ doivent paraître dans le qwctre, il faut que la section
principale de la feuille de gypse forme un angle de 45'' avec la sec«
tion principale du prisme a de Nicol , et que les sections principales
des deux prismes de Nicol soient parallèles ou perpendiculaires entre
elles. Afin de pouvoir bien placer dès le commencement les feuilles
de gypse, la boîte de bois, qui renferme le prisme de Nicol a, porte^
fig. Z, des marques ou points de repère. Cette figure représente U
boîte c avec son prisme de Nicol, vue de b , après qu*oa a dévissé
Fécrou n; ff sont les deux repères marqués sur le bord extérieur de
la boite. La ligne qui les réunit partage en deux parties égales l'angle
obtus du prisme de Nicol ; la droite qui joint les repères gg par-
tage en deux l'angle aigu de ce même prisme. Les marques hfa sopl
situées de telle sorte, que la droite hb partage eâ deux l'angle dr^
formé par ff et gg. On indique de même sur les plaques de verre,
tBtre lesquelles se trouve la feuille de mica, à l'aide d'un trait dt
diaoïant, la direetimi de la section principale, qu'on trouve lidie*
ment à l'aide d'un appareilde polarisation de Norembefg. On plaes
le miroir analysenr de manière que le champ de viûon soit sombre :
si alors on met la feuille de mica renfermée entre les plaques de
verre rondes, fig. 3, sur le support du milieu de l'appareil de pola»
itaÉtoa , e^ie feuille paraîtra en général édairée ; mais on la tourne
de manière que sa lumière soit éteinte , et qu*en conséquence «lie ne puisse plus exercer aucune action dépolarisante. Puis, avec^a pointe du diamant , on trace sur la plaque de verre supérieure une ligne qui passe par le centre de la plaque, et coïncide avec lé plan de réflexion du miroir polarisateur de Tappareil. Ce repère une fois obtenu sur la plaque de verre, il est très-facile de placer la feuille de gypse dans la position qu'elle doit occuper entre les prismes de Nicol. On n*a qu*à la poser de manière que le trait de diamant tombe dans la direction hh, fig. 3. Ënfm, on visse alors la boîte n avec le prisme de Nicol b, autant qu'il est nécessaire pour assujettir les plaques de verre, avec les feuilles de gypse.
Le second prisme de Nicpl b doit être tourné dans sa boîte de telle sorte que la droite, qui coupe en deux parties égales son angle obtus, coïncide avec la ligne correspondante du prisme de Nicol a , ou qu'elle lui soit perpendiculaire. Supposons que les prismes de Nicol soient placés en croix, des raies sombres apparaîtront à certains endroits du spectre. Si maintenant on tourne le prisme de Nicol a sur son axe, les raies sombres deviennent plus pâles, et les points où la lumière était plus intense diminuent de clarté jusqu'à ce que le prisme ait tourné de ^5° ; toutes les raies alors sont disparues. En le tournant encore de (iS*", les raies reparaissent, mais dans les endroits qui, primitivement, étaient les plus éclairés: les points où apparaissaient d'abord les raies noires sont à présent les points les plus lumineux.
Il était facile de prévoir ce renversement, car la couleur de la feuille de gypse, quand les prismes de Nicol sont croisés, est complémentaire de celle qu'on observe quand les prismes sont parallèles.
Afin de pouvoir faire tourner dans son plan la feuille de gypse, on a pratiqué dans la boîte de bois c, qui la renferme, deux incisions diamétralement opposées l'une à l'autre, ainsi qu'on peut le voir fig. 2.
Quand on tourne la feuille de gypse dans son plan , les raies deviennent plus faibles et disparaissent entièrement après une rotation de Zi5« ; mais elles reparaissent aux places primitives, après une nouvelle rotation de US'*,
Pour projeter les raies noires sur un écran, il faut la lumière solaire, une chambre obscure et un béliostat, ou du moins un portelumière.
Si on renonce à les projeter, on pourra n'employer que la lumière