ACTION DU MAGNÉTISME SUR LES AXES OPTIQUES
comme on sait, la situation des axes optiqaes, joue-t-e)lè un rôle particnlier 7
Par une bonne fortune incroyable, 1\1. Pliicker essaya d'abord une plaque taillée de tourmaline, semblable à celles dont on se sert pour polariser la lumière, et dont Taxe optique était parallèle au plus long côté. Cette plaque, à cause du fer qu'elle contient, était magnétique, puisqu'elle était attirée de loin par les pôles de l'aimant. On la suspendit de trois manières, par un fil de cocon, entre les armatures de l'électro-aimant munies de pointes aiguës. Le long côté était d'abord vertical, ce fut ensuite le plus petit; dans le troisième cas enfin, la tourmaline pouvait osciller librement dans le sens horizontal. Suspendue de la première manière, la tourmaline se comporta comme un corps magnétique : dans les deux derniers modes de suspension, au contraire, chose vraiment étonnante, la tourmaline se dirigea comme un corps dia-magnélique, c'est-à-dire de telle sorte que sa plus longue dimension cherchait et occupait la position équaforiale. Tout, dans ces deux cas se passait comme si l'axe de la tourmaline était repoussé ; ce qui ne pouvait pas avoir lieu dans le premier mode de suspension, parce que l'axe optique était parallèle à Taxe de suspension, et que tout, par conséquent était symétrique autour de lui : de plus, ce qui n'est pointa négliger, celle répulsion à cause de la forme de la plaque, ne devait apparaître que lorsqu'il lui était possible de vaincre l'attraction magnétique tendant à la diriger en sens contraire.
M. Plûcker substitua ensuite à cette plaque des prismes ou cristaux de tourmaline, recueillis en divers lieux, opaques ou transparents. Tous, à l'exception des cristaux qui étaient à la fois limpides et transparents, étaient magnétiques, et suspendus librement entre les pôles, ils se dirigeaient de telle sorte que les axes des prismes, coïncidant avec la plus grande dimension, coïncidaient aussi avec la ligne qui joint les pôles.
Mais, quand on éloignait suffisamment les pôles l'un de l'autre, ou bien quand on élevait le cristal au-dessus des pôles en raccourcissant le fil de cocon, le cristal tournait aussitôt, tordait le fil de 90 degrés , triomphait de l'attraction magnétique , comme le font les substances dia- magnétiques, et se dirigeait de telle sorte, que l'axe optique était perpendiculaire à la ligne des pôles.
1,^8 cristaux limpjtfesfeiixmjSiQ^s prirent coostapimeQ^ çet(^ o^^loie position transversale. Gomme les tourmalines, si on les chauffe, mapi-; feât^ntpnepolaritéélectrique, on serait peut-être tenté de croire qpe cett^ électricité joue un certain rOleda|)s laprodqptipu du ptié^oii^è^ip décrit. Pour se mettre à l'abri de cette objection, M. Plûcker fit Qsci)lep les cristaux 4s^ps i'efiu : il^ prjrent encore, diu^a ce cas, |a qa^rpep^T. sitipn que dapi Tair, et il fallait nécessaireuient pn cf^nclqre qiie I4 CQojectiire énoncée n V^it ai^pun fon4ment rép).
D|. Plîiclter arriva ainsi à ge convaipcrç qp^ )p5 foif^ 9t>sf r^éi* par Igl étaient yrainoQai; nquye^ux ; il partit 4^ là pour tnettre ea exppr ri^Dce 4'autr^s priçtapx; efftrc autres e( 4'^bordf le^p^ttf calf^ire^ fl{| spi^tb d'Idaq4e» cristal ccrUipempnt di^rmagtiétique. Il ^mplQYJi i^^e ]mfi 4qnt le3 façe^ étaient p^rpen4iculaire« k V^^ pptiquç, et qui^ d^RS ]à Iflpijèrepolarjsée, Riqntre, PPfflrpfi pa saif, des cojjrbf^ isqcfirftjnatjque».
li'axe dç la lame, q]iand Ie9 pôle? é\^mi irès-fapRfPfihéSi ?8 plaça daa$ la direction des pôles à caqse du di^^-magqétjsptg cl^ j^ mftssi^ l^aîil, quand qu élqjgqa puPris<|jmineu|; les p01e^, te n^âmp pç se pl^^ trj|n?yersaleai(ant , copimc si le crisfal ét^t dpvch}| mn^n^r tique : |in rtlPO^boèdre de spath calcaire çeniblable à ceux que ];i par tiirp produit, se dirigea constaiumept de tell? gqrte gu^ l'ai^g qptiqifg faeileiT^^nt indiqué p^r la forme crista||jnp fiJt situé dans h plaïf psrpendîcnlaire à la ligpe des 0^s , plan que nou^ d^^îS^l^rons sous le nom de plan équatorial
Tqufpfoig, si par hasard l>xe QpjiqqQ daqs l'acte dç 1^ jffl^ppnsipn étjiit v<^tical, le cristal $e dirigeait cQuaine une subi;(auce dia-rp^gpé: tiqH(». |.e })éril, la diop^idp» la vésuvie^ne, pr^t^nx \o\\^ P^gatif^t etce^u'il irppprfp de repaarqper, tous doués, fljqs j (juib la tQ^rW" Une et le spaths de )a doubip réfr^ctiqa attractiye» i^e purupqrtèr^ffi al^luiDeiyt de la fpôoap fnapière qpp les dep^ cristaux précédenti^ M. Plûcker put ainsi énoncer la loi suivante :
Tç^t cristal (ioubiep}ent r4fmg$nu à m aaçe et négatifs su^p^du mrei l§$ p^Us d'un aimant, s$ dirige, comme n l'cmi Oip$iSHfi ùait rfpaus^é par chacun des pâl^s. Jm force qui détermine çe^U dir^ectim, quand an éloigne (es p^les, s'affaiblit plm kn^en^nt gm eeile par laquelle la nmse mùère en auirép efu repoussée.
Il était naturri d<^*i)ûf s de penser que lai crialanx à diUK
ACTION W ||4<iMWMI|E SU» LPS ^p$ OrTIftl^CS. l^dT
9fef spraffm io^aeacé^ k kar okanière par le i|i|gqitism«| i]^ il fallait dépouf f ir si |a forcç m^S^^étiqufi 4fiî^it $Mr les axe$ ei|x-in<fl|^ AH sur b ligoç i|ié4iaiie qui 4ivise §n ^eo^ prti^ ^ate? l'îlQgl^ d^ ^PS- Pour résoudre celte difficulté. M* BlAcker suspendit uoç liiQe iQÎiice |iorôoi»tale de mic^, eu ayant sqîq que la dirçcUoo 4^ I4 Imft W^Miape agpfiidM 9?eG 1^ 61 de cocoa : U feviUe fte ipica ae dirigea de telle aorte que le piap des deqs wes deiîpt ^QâtQrâl» p'eat^i^dire conufie ai ies denx aie» ét#ieoi ie« poqs^ç. 14, Blucl^er cgofrtau pe Mi ep {919401 ^pparaSt^ ta système» d'^imeepi k Tiiide 4e h Inmi^ pf»)ari^ Mai» le rùm e^t up cria* tal p^tif, et p|naiepr9 ipti es oriaiaiix , quaut k la petore de le refra$«iîQn, se dirigirepi comme le mice : op ppavaii dope éooqcsr c^teaecttidfilei:
letnetit par les deux pâles de l'i^imané.
4prte ayojr repi9rqiié )a position que le qqarts, et la topeze prennent eptre te9 p^len de Taioiant, position iocertaioen aouvent, et mmni aeitemt^pt trencbie k ceqse dea aobaunceç étaangèr^s qui adb^^m i, çea q'igtaqx, (on a^it que pour exciter le magnéliame daqa }e Qiiirt^, il fipffit de le frotter evec nue liwe^ où de le frappev avefi Tapier), M. Pliicker étendit trop ligteemeot celte mftqie loi k ton^ (ea Pf i¥) fiui^ ppaitii^ et p^tifi , et teripiq« ajnai aop preipiDr m^fpoire aur le répulsion dea aiea optiqpea» par toa p6)ea dei aHp^qts, iqaéré den» 1^ toq^e Ui{I 4e8 4m^ ^ ^S^Vfi 2JijiiiUeU8ftL
Les ptiQ^e^ ep étaient \\, l^rsqp^ TiUpstre V^rs^y décc^qyrit iip« nqqyelle s^ie de pbépotp^qes analpgnes i eeux que nons venons de décr jre , et les énonça dans deux mémoires présentéa à b S^ociéti royale de Londres. Ce sai^ani si ingéqieux» reconnut suc plnsieuca cristaux» d-ahord» que h ligne perpendiculaire au plan de clivagt principal , ligne i^pelée par lui magnécriatallique, nop-s^utement n'était paarepoussée p|ir les pôles de Fannaat, mais était réellemeqtat-t tirée ; p^, que cette attr^tion, comme M . Plilckec ravail montré pour la répulsion des axes qitiqiies, dirigeait seulement, mais ne déplaçait pas le e6ttU« de gravité ; enân, que cette force dirigeante était nuHe< quand F-axe magnécristaHIque était vertical. Comment , lorsque le cWiMPe. laraday lui comnuiniqttaces faits, ne lui sereit^ii pas xep» ^
ridée que les lignes magnécristalliques étaient des axes optiques» qui dans ces corps seraient non repoussés, mais attirés. Il publia aussitôt cette opinion dans les Annales de Poggendarff^ tome LXl^, 27 mars 18^9, sous ce titre : D*une nouvelle action du magnétisme sur quelques cristaux , ^ tf i possèdent un système dominant de faces de clivage : influence du magnétisme sur la formation des cristaux.
En effet, ces phénomènes étaient tout à fait semblables à ceux obser- Tés par lui; de plus^ dans tous les cristaux uni-axes, l'axe magnécristallique coïncide ayec Taxe cristallographique principal ; et, ce qui est non moins remarquable, parmi tous les cristaux appartenant au système tesséral on cubique , il n'en est aucun , quoique doué de clivage, qui manifeste rien de semblable. Mais à i'encontre de sa manière de Toir se présentaient les expériences qu'il avait faites sur le quartz et la topaze, et le fait singulier qu'il n'apparaissait rien quand l'axe magnécristallique était vertical.
Parmi les corps qui manifestent le plus nettement le phénomène dont il est ici question, l'illustre Faraday citait le bismuth , l'antimoine , l'arsenic , les sulfates de Nickel et de fer. Les cristaux de ces métaux ont la forme rhomboédrique, et peuvent, parconséquent, être considérés comme uni-axes. En les examinant, M. Pliicker reconnut que le bismuth et l'arsenic présentaient très-clairement le phé« nomène découvert par Faraday. Le prisme taillé dans un cristal de bismuth, etdont l'axe longitudinal était perpendiculaire au plan de clivage, était avec violence dirigé axialement, malgré ledia-magnétisme de la masse , comme si c'eût été un corps magnétique. L'arsenic était magnétique, et une lame mince de ce métal dont les surfaces parallèles étaient en même temps des plans de clivage, prenait la position équatoriale comme l'aurait fait une substance dia-magnétique. Mais l'antimoine expérimenté par lui présenta un phénomène entièrement contraire à celui décrit par Faraday. Une lame mince d'antimoine, préparée comme la lame mince d'arsenic, quoique dia-magnétique, se dirigea comme une substance magnétique, c'est-à-dire que le plande clivage devînt le plan axial. Quoi donc l'empêchait de considérer l'antimoine comme un cas particulier de la loi formulée par lui, et d'admettre, au contraire, que les axes optiques du bismuth et de l'arsenic, ou plus généralement les axes de tous les cristaux positifs étaient attirés ? La manière d'être du sulfate de Nickel