DIFFRACTÏOW DE LA LUMIERE
silé d^aclion d'auiant moindre que la direction est plus oblique , et après un temps d'autant plus long que la distance à laquelle die s'exerce est plus longue.
Il serait donc possible, absolument parlant, à Taide d'une semblable hypothèse, d'arriver à se passer de Téther dans t'explication de la propagation de la lumière , puisqu'on retrouverait ainsi , quant à la substance, les phénomènes que la présence de l'éiher rend sensibles; mais on voit en même temps que ces hypothèses entraînent avec elles des difficultés plus grandes et qu'il est plus simple par conséquent d'admettre la présence de l'éther.
Sur Pinflexion de la lumière^ par lord bROtJGHAM.
Les expériences du «oble lord ont été faites à Cannes, eu ProvipjM» ■wwt un appareil exécuté par M. Soleii, constmcleur avssi de l'itér- Mosiet» qai maintenait le rayon solaire au même point pendant aiie -grande partie du jour. Voici le résultat principal ob^nu par lord BfOttgham : si nn faisceau de lumière divergente a subi une première fois rinflexion d'un premier bord métallique ou non métallique, de forme ou de substance quelcon([ue, il présente des j)ropriétés différentes, suivant qu'un second bord arrive en contact avec lui pai* Bes divers cotés. Supposons, par exemple, que le faisceau soit horizontal, f u'il ait été diffracté par un premier tranchant placé (an dessus, et qu'on lui fasse affleurer un second bord, il se diffractera de nouveau ou ne se diffractera pas, suivant la position donnée au second tranchant, suivant qu'il sera au-dessus ou au-dessous du faisceau une première fois diffracté.
Ces expériences faites avec patience et habileté ramènent l'exchancelier d'Angleterre aux premières années de savie scientifique. Nous le félicitons du bel exemple qu'il vient de donner, de cet admirable emploi de ses vacances parlementaires.
Nous enipruntons les détails qui suivent à une communication récente faite à l'Académie des Sciences. ,
Recherches expérimentales et analytiques sur la lumière, par lord
Brougham.
♦ f*h>positit>n I, ^ ta ftextoh d'tin fnpft îffefeccfauou ifitriîtftrti).
DIPPRAGTION Dfc LA LUSUÈtlE. 4409
soit de lomière composée, soit de lumière homogène, est propor* tionneKe à la largear des franges colorées formées par les rayonl après avoir passé près du corps fléchissant. Ces franges ne sont pas trois, mais beaucoup plus nombreuses ; et elles diminuent avec leorl distances de Tombre du corps fléchissant; ce sont de véritables inages do corps lun^eux doitt les r^vom les forment. Leur éioiçoement des rayans directs est aussi wmt oiesare de ia fleMn qliî les forme.
» Dans lo spectre prismatique, les franges, par conséquent) sont aoD' seulement les plus larges dans les rocigâs, kë frius minces dans les ¥iotets, mais les franges rouges sont les plus éloignées de l'aêce da spectre, les franges violettes les pi^ rapprechées de oet axe.
» Proposition II, -— les corps agissent sur la lumière en la flé- Dlrii^aRt pei*pendiculairenjent auk rayons. L'action est en même trtnpfeen ligne perpendiculaire îi la très-petite portion de la surface fléchissante, qui seule fléchit la lumière.
» Proposition III. — Les rayons fléchis par on corpsJ)rts»duquel ils passent sont mis ou jetés dans un état ou condition telle que lenr c^é près du premier corps devient polarisé ^ou difficilement fléchi fur on denxièmc corps, tandis que leur côté opposé est disposé ^ <ou devient beaucoup plus facrkment fléchi ptr le second cerps, et te nyon est beaucoup plus fléchi par ce cerps qne s'il n*afvait été €éehi et disposé par le premier corps.
• Cette proposition est piroavée par des expériences nouvelles et lussi par dès phénomènes déjà connus et qui sans cette plropoBitixm aeMit pas explicables.
» Proportion IV. — Après qu'une première flexion a disposé M côté du rayon et polarisé l'autre, une Seconde flexion éépùiarùe ce côté-^i, ^t le dispose h être plus fléchi, de sorte qu'un trdsième corps placé du même côté avec le premier corps, et du côté du rtifon opposé au second, fléchit les rayons que là première ftèxîon uvait po- "hrisés, tandis que le côté que la première flexion avait dispv»é et* vient par la seconde flexion polarisé à stfn tour.
• Proposition V. — La dîsp^sltioh côiîfimuttkjttéè aux rayons par la flexion est alternative, de sorte que, s'ils ont été iofléchis, la dispsshioo qne lenr donne cette flexion est 4*étre faeitenient défléobls ; s'ils ont été défléchis, la disposition donnée «st dWIreifaéiiMMittiit-
1500 DlFFBAGTiaM DB LA LI^MlfiRB.
fléchis. Et après une inflexion ils doivent être défléebis, avant de poavoir être infléciits une fieconde fois: après une déflexion iis doivent être infléchis, avant de pouvoir être défléchis une seconde fois.
» Proposition VJ, -— La disposition communiquée par un corps fléchissant aux rayons, scût d'être infléchis, soit d'être défléchis^ est pins forte à une distance plus petite du second au premier corps, et elle décroit avec cette distance.
» On prouve par l'andyse, comparée avec les expériences, qu'il n'y a pas moyen d'expliquer les phénomènes, ni par la dispersion, ni par Tinterférencc, ni par aucune supposition, excepté celle 4e la disposition donnée par une flexion préalable.
» Proposition VIL — Les rayons de flexibilité différente diffèrent aussi dans la disposition qui leur est communiquée, par une première flexion, d'être fléchis par un autre corps, les plus flexibles étant aussi les plus disponibles.
• La polarisation est qualité négative, ainsi it n'en peut pas ètredes degrés.
» Proposition VIIL — La disposition et la polarisation se font sur les deux côtés opposés des rayons, c'est-à-dire les côtés qui sont parallèles aux sùrdaces fléchissantes, et les deux autres côtés ne sont pas affectés ni par disposition, ni par polarisation, par le corps fléchissant. * -* .
9 Le côté droit polarisé, le côté gauche est disposé ; le côté supérieur et le côté inférieur des rayons ne sont aucunement affectés.
» Proposition IX, — Les phénomènes de flexion et de disposition ont un accord complet avec les résultats de l'analyse instituée sur les forces flectives, tant d'inflexion que de déflexion.
» i** L'analyse fait voir que les franges formées par une inflexion suivie d'une déflexion doivent aller en décroissant à proportion qu'elles s'éloignent des rayons directs, et que leur éloignement l'une de l'autre doit aussi diminuer, tandis que le$ franges formées par l'inflexion après la déflexion doivent aller en croissant.
» Les expériences donnent le même résultat.
» 2^ L'analyse fait voir que les franges déflécliies après l'inflexion doivent être mmns larges et moins élojgnées que celles que l'inflexion iorm fipfès la déflexion .
DÏFFHAOTION DE U LUMIERE. 4501
» Les cxt)éricnce8 donnent le même résultat. » 3* L'analyse et l'expérience s'accordent aussi à prouver que cet deux diversités des deux espèces de franges deviennent plus petites en raison de la proximité des deux corps fléchissants l'un après ou derrière l'antre, et que les deux suites de franges deviennent égales* lorsque les deox corps, an Ken d'être placés l'un après l'autre , sont placés vis-à-vis l'un de l'autre.
» 4* Les expériences font voir que, lorsque les deux corps sont placés vis^à-vis l'un de l'autre, les franges vont en croissant , mais lentement, et pourtant avec quelque peu d'accélération en s'éloignant du centre de la ligne qui joint les deox corps. » L'analyse le confirme.
• Il n'y a pas de possibilité à expliquer ces expériences et ces calculs par l'interférence.
» l** Les largeurs et les distances dans mes franges donnent la proportion des triangles similaires. Chez Newton, les franges de cheveux (interférence) donnent une tout autre proportion.
» 2« Les franges d'interférence (internes de l'ombre) disparaissent si l'on intercepte la lumière du côté opposé : les franges externes, point du tout ; elles ne sont pas affectées.
» 3° Les largeurs des franges suivent uoe règle tout à fait différente de celle d'interférence. Elles sont les plus grandes là où par interférence elles devraient être les plus minces.
» k"" Les bords agissent successivement, dans mes expériences, sur les mêmes rayons, tous les deux bords ou tous les trois; ainsi il n'y a pas d'interférence du tout. »
Observation faite par Al« ârago après la lecture du Mémoire de lord B&oughâm.
« Mylord^ » J'ai écouté avec beaucoup d'attention la commtinicaiion que vous venez de faire à l'Académie. Il me semble, contrairement à votre opinion, que les résultats que vous avez signalés peuvent être rattachés à la doctrine des interférences; mais j'attendrai , pour me livrer, à cet ogard, à un examen circonstancié, que votre Mémoire ait été imprimé et qu'on puisse apprécier dans tous leurs détails vos intéreef antes expériences. »
1802 MuiWiHioN ROf^wnifi. >
Nons ayons ^u les eiyiriMieei de ^rd Swighw^ et QOiis aAr« QiODS sass cr<tinte qu'elles soot uue coniiéqueQce façil« çt Ojéccssaire d«8 lois de la diffractioa et des interférences établies p^ Y^upg et FresfieL En sortant de cette séance ihicressaote |iops avoosTivçnp^ çegreMé qvie lord Brpughaa[l ^*eût ps^ chaîné M, Soleil d^.répëtoc ces Ciirieuses modifications de3 phéaoœè^iÇ^ ç^serv^i^ pgr Kewtw «ur son banc d'interférences et de diiïractjoa : ellp3 ^ns^at été incomparablement plus saillantes, et I0 f^ayaiu lord l^iruaêoie aurait été profondément étonné. Nous ^i ménageo|)q cett^ W^éabl^ si^rpçi^p i son prochain voyage.
POLABISATION BOTATOIRE, OU mieux, p^S^^f^Sipilî: ]:|S§.f4.ANS DE POLAÏ^ISATION.
Note et Mémoire sur la polarisation du quartz^ par M. JâMIN.
Oa sait que M. Àiry, pour expliquer les phénomènes présentés par le quartz dans des directions obliques à Taxe, a suf^posé que le rafoo polarisé incident se décomposait en deux faisceaux eiiptiqaemenl polarisés^ de rotation inverse, et nsarchant dans le cristal avec des vitesses différentes : les ellipses d'oscillation do ces rayons àe^ viennent des cercles dans le cas partii/uUer où le cristal est traversé dans le seqs de son axe, et des lignes droites si la lumière le Uaverae perpendiculairement. Au moyen de cette hyp<Hbèse générale, etsaus ri^n statuer ni sur la différence de vitesse, ni $ur le rapport dos axes des ellipses de ces dpnx rayons , U. Aiiy a expliqué géaéiraieiiient les apparences présejitées par le quartz , soumis à la lumière polarisée, dans un grand nombre de circonstances ; mais pour pouvoir soumettre ces phénomènes au calcul, il était nécessaire de déterminer par des expériences positives r
V Les vitesses inégales des rayons dans le crtsMt ;
?*> te rapport dfcs ^xes ^^s^^ljipsf^ d'o«ftiHatio|i sons des ifiçlioaisoz^s déterminées ; c'est ce biM que c'est prftpt^é Al. Jamini
II polarise k cet eUet i^ ornière iniîidenii^ dans h plan de la section principale du cristal : le rayon émergent se trouve géi^ra* lement forme par deux composantes; Tnae, dirigée dans la section principale; Tautre, dans la section perpendiculaire : il mesure le rapport des amplitudes et la différence des phases de ces composantes.
ii il 4é4>»U 9f^ à/^ foronik» simples les àêxa qaaniUés qa*il jCidliiit
ie rapport 4a» ates dea eUipges oicîUafiiHrâa.duiMue, comme on devait. M'y dtl<3Nh?a» de t ik 0% Qttêttd TtocideaiDe dti rayoo, çornp«te ifiartir d» là^edu (srislal» sogeaeiitei.la deriiière IjaiUe ea ^rè^ in^ pidem^&ti atteioUj Ypioi quel^es-^ns des noq^es trouvés : lOGideneet 2*; i^ 17; 9« 15'i i5- W; 1Ô«A2'; 24- M'j
Rappert de» a»8 0,9^9; 0,6iil ; 0,309; 0,135; 0^M7; Q>9â3<
Quant à la différence de marche de ces deux rayons «^fq««8 , eHe est proportiMmëlIê à l'épalsseor de la lame de qmHz if rmt9ée ; ^te est r«pnâ6efftée par la lot d'Hayghens, quand le rayon incadeiil 8^éeart9 <le Faia d'un aii|sie égal ou sapévieiir à 30^, mais elle suti vue marche ^Krente en4ro tes incidences 0 et 30^.
iesrésubftls «oiTants exprimant, en fonction de la loagoeur d'o9« dulatioo, la différem^e de marche des deux rayons elliptiques dans um lame de quartz perpendicolaire hYa^e de l millimètre d'épaisseur.
Incidences. Ô-; 5' 26'; 11» 0'; 15*33';ilO**9';25^175
Dlflérence de marche. 0.120; 0,135; 0,273; 0,490; 0,2=19; l,t31;
Il était important de lier par une loi théOTiqpBi^ ces résultats de rexpérience. M. Jamin espérait que M. Cauchy voudrait bien soumettre ee problème au calcul, et faire connattre les véritables lois de ces phénomènes compliqués : ses espérances se sont réalisées.
Dans un mémoire présenté récemment k rAcadémie, M. Jaurin A déveli^pé la note kie par lui à la Socléfô pbilomatique, et nous empruntons avec bonhenr à ce beau méfnoire c^uelque» développer ments pleins d'intérêts.
Quand, au lieu de tailler une plaque de cristal de roche perpendiculairement à Taxe, on en détache tine lame parallèle à Taxe, on reconnaît tous les phénomènes communs aux cristaux à un axe, sans rien remarquer de particulier ; Taciion rotatoire anormale du quartz a disparu, mais elle reparaît quand on incline Taxe sur le rayon, et complique Teffet ordinaire de la double réfraction.
Pour expliquer cette particularité, Al. Àiry admet que les deux
i504 POLARISATION RetAVoiBc:.
rayons polarisés circulairetneiit de Fresnel se traimformeiit qaandi Taxe est incliné sur le rayon transmis en deux rayons polarisés eHip*^ tiqnement, et dont les Tibrations s'eiécatent toujours en seas* iaverse. Les axes de chacune des eilipsesi égaux soif ant l'axe du cristal, deviennent de plus inégaux quand on incline Taie do crisul sur le rayon, et se réduisent à un seul, pour le cas oà la transmissimi se fait perpendiculairement à Taxe. Alors les deux rayons sont rectilignement polarisés et constituent les rayons ordinaire et extraordinaire.
Sans rien préciser ni sur h loi dej» variations des axes des eitipser, ni sur celles des vitesses des deux rayons réfractés, en admettant seulement que ces deux éléments du problème varient d'une manière continue entre les valeurs qu'elles atteignent aux limiteB extrêmes, M. Airy a déduit du calcul les phénomènes généraux présentés par le quartz ; il les a ensuite discutés avec un soin extrême, de manière à prouver que la théorie reproduisait les expériences dans leurs apparences générales : c'était assez pour justifier l'hypothèse admise par lui comme point de départ
Il restait à compléter cet excellent travail, en déterminant le rapport des axes dans chacune des ellipses correspondantes aux deox rayons réfractés, et la différence de vitesse de propagation, et tel a été l'objet du mémoire de M. Jamiu.
£n désignant par k, k' les rapports des axes des deux ellipses^ par Z la différence de marche des deux rayons, après qu'ils ont traversé le cristal, par A, B les amplitudes ou par Â^, B> les intensités des rayons émergents produits par la superposition des deux rayons elliptiques, par ^' — ^ leur différence de marche, M. Jamin établit les deux formules :
ung (y '— y) --= lang 2 jpr-^ = w
(A 4- iy — iAAi'sin^l
h sur -
Il fait remarquer ensuite que m et n peuvent se détoraiiner expérimentalement au moyen du compensateur formé de deux lames
POLARISATION ROTATOliŒ. 1505
de qpariz, iégèremeut prisii^tiques, taillées parallèlement à Taie et superposées de manière à croiser leurs axes à angle droit et à opposer la partie la plus épaisse de Tune à la partie mince de l'autre. Tout faisceau qui traversera ce sysièmé donnera dans le premier deux rayons, ordinaire et extraordinaire, qui deviendront extraordinaire et ordinaire dans le second; et par conséquent leur différence de marche dépendra delà différence des épaisseurs traversées.
Si Ton place ce quartz dans le trajet d'un faisceau polarisé à 45 d^rés de leurs axes, et éteint par un prisme de Nicol, on verra une' frange noire sur les points d*égaie épaisseur, et à droite et à gauche des bandes alternativement brillantes et obscures, larges de deux millimètres environ.
L'une des lames de quartz est mise en mouvement parallèlement à elle-même par une vis micrométrique appréciant un centième de millimètre. Quand on la fait marcher, on déplace les épaisseurs superposées et on amène successivement leur milieu en contact avec deux fils parallèles très-fins qui servent de point de repère au4nilieu du champ de vision : si c'est la frange centrale, les deux rayons qui ont traversé le quartz n'ont pas de différence de marche ; si c'est la suivante, ils en ont Hine égale à une longueur d'onde, et si on a fait marcher la vis micrométriqoe d'une fraction quelconque de l'intervalle qui sépare deux franges, on a entre les fils de repère une différence de marche égale à la même fraction de longueur d'onde.
Revenant à l'expérience du quartz, interposons dans le trajet du faisceau qui a traversé la lame le compensateur que nous venons de décrire : les composantes du rayon se réfracteront sans se diviser, et leur différence de marche, 9>' — f, se retranchant de. celle occasionnée par le compensateur, déterminera un déplacement des franges qui sera mesuré par le micromètre; 9>'— 7 sera, au signe près, égal à la différence de phase du compensateur, et s'exprimera par une fraction de longueur d'onde égale à la fraction de largeur de frange qui marquera le déplacement.
En second lieu, ces mêmes composantes n'éprouvant pas de décomposition dans le compensateur, et leur différence de phase y étant compensée dans l'étendue de la frange obscure, elles reproduiront un rayon polarisé reclilignement, et l'azimut de la vibration
Drgitized
résoUante, qui a poar tangente ~ cti m, se mesurera [Jar la condition qoe la frange prenne son maximum d'obscurité.
L'expérience fournit ainsi les râleurs de m et de n, qoe Ton subfltitnera dans les équations précédentes, oà se trouvent trois inconnues, d, k et k'. Le problème resterait ainsi indéterminé si on ne pouvait tronv^ ane équation de condition, mais cela est henrensement possible.
Une discussion facile appuyée d'une expérience très-simple conduit en effet M. Jamin à la relation kk'=^\.
Ainsi, les ellipses d'oscillation dans les deux rayons réfractés sont semblables, mais placées à 90 degrés l'une de l'autre, de sorte que le pellt axe de l'une est parallèle au grand ate de l'autre, résultat qu'on est tenté d^admettrc à priori quand on considère qu'aux deux limites extrêmes les ellipses dégénèrent en même temps en cercles ou en lignes droites, etqu'il ne faut cependant considérer que c mnie approximatif, puisque les deux faisceaux ne suivent pas la même direction dans le cristal.
Cette relation entre les coefficients k et ^' permet de ramener les équations du problème à la forme très-simple :
.ang| = „« + l-±!L' * tnr
Au moyen de ces deux formules on calculera la différence de vitesse B et le rapport k des axes. £n posant
== msm if' — f) = tang a,
la seconde de ces équations devient
A = ± (tang a ± l/^i ^ tang» a),
d ou 1 on lire A = ± tang — ;; — o\xkz=z ^ cot . Le
double signe correspond aux deux variétés de quartz à rotation
byGo.ogle
POLARISATION ROTATOIRB. 1507
droite ou gaache ; la tangente et la cotangente de — - — expriment
' dâ
Aetj-, k
On rencontra dans l'exécution une difficulté qui tient à la dispersion produite pctr le quartz, dispersion sensible déjà quand il est peu épaisy et tellement grande quand la lame dépasse quelques millimètres que toute mesure devient impossible ; un verre rouge interposé dans le trajet de la lumière ne diminue cette impossibilité que pour les petites incidences et la laisse subsister en entier quand Tinclinaison dépasse quelques degrés. La lumière solaire décomposée par le prisme est toujours mêlée de blanc et ne réussit pas mieux ; mais tine lampe à altohol ôalé, à double couraht d*air, et à mèches superposées, fournit une lumière qui ne laisse Hen à désirer.
La méthode expérimentale qtie nous venons de faire connaître a donné des résultats fort précis, mais elle peut être amenée à un plus grand degré de simplicité.
Tous les physiciens savent qu'en plaçant entre deux tourmalines croisées une lame de quarte perpendiculaire à Taxe on aperçoit des. «nncâux concentriques alternativement brillants et obscurs, et que la croix noire qui accompagne ordinairement ces apparences dans les cristaux à un axe ne se manifeste qu'à une certaine distance du centre, c'est-à-dire quand la lumière est très-oblique à Taxe. Si au lieu d'éclairer le cristal par une lumière convergente on le place dans le trajet d'un faisceau parallèle toujours polarisé dans le plan d'incidence et éteint par un prisme de Nicol, on verra apparaître ces mêmes anneaux en inclinant le quartz, et ils produiront dans le thàmp très-restreint de la vision des minima et des maxima alternatifs pour des incidences que l'on pourra mesurer et qui serviront à trouver B. L'on a en effet
A2=: 4sin2 - ,
etpuisque te lumière est polarisée dans le plan d'incidence, les anneaux obscurs ou brillants apparaîtront quand A prendra des valeurs mi-
S nima ou maxima, et cela aura lieu toute» les foi» que sin ^deviendra
1508 POLABISATIOM BOTATOIAE.
inégal à 0 ou à 1 ; les anneaux correspondront aussi aux valenrs A ^^ ^^ 6ic 8it . ^
AT
^"^ ^-... briUants.
On pourra ^onc sans le secours du compensateur déterminer lesincidences pour lesquelles $ prendra des valeurs connues. En opérant sur des lames de diverses épaisseurs, ou pourra multiplier les résultats, et comme les différences de roarciie sont proportionnelles aux épaisseurs traversées, on en déduira celles ()ne donnerait une plaque de 1 millimètre d'épaisseur: ce sera diviser les erreurs commises par les épaisseurs des plaques.
Dans le cas des incidences correspondantes aux anneaux obacon
et brillants» les formules qui donnent Beik deviennent
tang r^=r QO,» -00,- — fe = 2m.
On placera le compensateur de manière à donner aux rayons qui le traversent une différence de marche égale à 90<^, et comme la différence de marche f>' — a> des rayons sortis du quartz est égale ï on
multiple impair de-, la polarisation sera rétablie, et l'azimut de
la vibration résultante sera mesuré ; k sera alors fourni par la seule détermination de m.
Après avoir fait des expériences par la méthode générale que noos venons de développer , et par la méthode simplifiée qu'il en avait déduite, M. Jamin devait se préoccuper de la loi des Tariations dek et ^. Il a alors prié M. Cauchy d'appliquer au cristal de roche sa théorie générale de la double réfraction. L'illustre géomètre a bien voulu s'occuper du problème, et il est arrivé k des formules qnelqae peu compliquées dans le cas général, mais qui se réduisent à des équations ^très-simples * quand les angles de réfraction sont très-petits i ce que Ton peut toujours admettre dansjune première approximation, d'autant plus que les phénomènes particuliers au quartz cessent d'être sensibles h une petite distance de Taxe^
POLABISATION ROTATOIRE. 1509
£d appelant d le retard d'ondulation éprouvé par l*un des rayons elliptiques sur Tantre, au sortir d*une lame c^e ^ millimètres d'épais* seor, (f^ la valeur de ce retard sous Tincidence normale, / la longueur d'onde, n, n' les indices ordinaire et extraordinaire, et posant
mrr '^ (n' l ^ M
A = ^ tang» r.
H. Cancby trouve que la valeur de k est donnée par l'équation M. Jamin, comme nous l'avons vu, avait trouvé de son côté
Dans la formule de M. Cauchy, h a une signification théorique, tandis que, dans celle de W. Jamin, m et n étaient des nombres déterminés par l'expérience. M. Jamin ajoute : « Mes expériences sont terminées depuis plus d'une année, et en priant M. Cauchy d'en faire la théorie je ne lui ai pas fait connaître les résultats auxquels j'étais arrivé. C'est donc sans aucune donnée expérimentale, sans aocun antre guide que lui-même, que M. Cauchy a trouvé la solution du problème ; et quand elle m'a été connue, il m'a suffi de quelques heures de calcul pour reconnaître qu'elle reproduisait les faits avec une exactitude merveilleuse, sans qu'il ait été nécessaire ou de modifier les formules pour les rendre exactes, ou de recommencer les expériences avec Ja préoccupation de les faire coïncider avec la théorie. »
Non» l'avons dit il y a longtemps, M. Cauchy est en pleine possession d'une théorie complète de la lumière ; puisse-t-il la publier bientôt! C'est quelque chose d'étonnant que cet accord, cette identité absolue entre les résultats des expériences de M. Jamin et les conclusions théoriques de M. Cauchy. Gomme il avait calculé autrefois les quantités de lumière réfléchie à la surface des métaux sans aucune expérience de photométrie, il calcule les rapports des axes des ellipses décrites par les molécules éthérées au sein du quartz et
1510 POLARISATION ROTATOIUE.
les différences de vitesse sans unej seule expérience de ce genre, et il assigne à Tavance une signification précise à des constantes que Texpérience laissait complètement inconnues dans leur nature ia« timc : c*est un fait inouï dans les annales de la science.
Ajoutons encore un mot : les efforts réunis de M. Cauchy et de IVJ. Jamin viennent ^e constituer une nouvelle preuve écrasante, irréfragable, irrécusable de la vérité de la théorie des ondulations , une nouvelle réfutation inévitable , absolue de Thypothèse de l'émission. En effet, la théorie des ondulations affirme que dans telle§ circonstances les molécules lumineuses se partagent en deux groupes décrivant des ellipses distinctes ; elle assigne les rapports des axes de ces ellipses^ calcule à l'avance la différence de vitesse des deux ra]^on^^ et quand on fait appel à l'expérience, l'expérience donne ces mêaies ellipses, ces q^êmes rapports de leurs axes, cette n^ême différence de vitesse, etc. Les ellipses sont donc certainement existantes et non pas iniaginaires, les molécules lumineuses oscillent donc réellement en décrivant ces ellipses, etc. , etc. MM. Biot et Brewster rendront-ils cette fois les armes noblement et loyalement? nous le désirons ardemment ; ce serait un bel exemple, et l'apothéose glorieuse au terme de dçux des plus illustres vies scientifiques des temps modernes, Mais. . .!
Sur la structure et /a propriété rotatoire du quartz cristallisé , par