Krokonatfi (T oxyde de cuivre
La forme cristalline de cette substance rappelle celle de certains cristaux de spath pesant ou d'angléslte, sulfate de plopdt».
La lumière réfléchie dans toutes les directipos à la surface des cristaux offre un écl^t demi-métallique bleuâtre très-vif. Les feuilles minces transparentes sont d*une teinte brun-jaunâtre claire, ou orangé-brunâtre.
£;n examinant avec la loupe dichroscopique la largie surface diagonale rhombique dettes cristaux, Timage supérieure 0 paraît plus claire que l'image inférieure £; toutes les deux sont d'une teinte brun-orangée, semblable è celle de la brookite. Le caractère des axes optiques^est donc positif, c'est-à-dire opposé à celui des axes des cristaux précédents.
Cette fois le chatoiement superficiel bleu-azur occupe une posiiion opposée ; il est polarisé, non dans la direction de l'axe principal, mais perpendiculairement à cette direction. Dans la position longitudinale, l'image supérieure est blanche, l'image inférieure d'un beau bleu-azur; dans la position transversale, l'image supérieure manifeste un éclat blanc-bleuâtre très-brillant, semblable aux reflets du dianoant, tandis que l'image inférieure est sans éclat.
Ces observations confirment la loi déjà énoncée^ savoir, que la di-rectian de polarisation du chatoiement superficiel orienté coïncide avec la direction de polarisation du rayon plus absorbé des cristaux à doubbe réfraction.
Les cristaux précédents sont tous d'une couleur iaune, quelquefois très-foncée et presque brune. Les nuances complémentaires sont par conséquent bleues, et le phénomène par rapport aux couleurs est aussi simple que possible. Dans la suite de ses recherches, M. Haidinger a retrouvé d'autres combinaisons de couleurs qui comprennent le spectre tout entier; et, quoique l'on puisse dire qu'en générai la nuance du chatoiement superficiel soit complémentaire de la
plroghooÎ^me; d«8. cristaux. 1565
couleur d« lau lumière traosmise, il cmt devmr difiérer encore d'énoncer cttte. proposition générale.
Sur le pléocftrmme des cmtaux^ par Mi HÀIDtNGBB.
Dans Torigine on se servait exclusivement de l'expression dichrmme , pour désigner le phénomèi^e de deux coqjbeijirs différentes, observées dans diverses directions sur un cristal parfaitement homogène. Quoique ces deux couleurs principales soient liées entre elles par des teintes intermédiaires, on a conservé Texpression de. dichroîsme pour les cristaux à un axe optique. Perpendiculairement ^ Taxe, la tourmaline est de couleur verte ou brune; parallèlement à cet axe, elle est presque opaque, et toujours plus foncée que dans la première direction. La cordiérite nommée dichroîte, en raison de ce phénomène, est encore très souvent décrite comme présentant deux couleurs, quoique déjà sir John Herschel ait distingué trois couleurs d^érentes dans trois directions perpendiculaires les unes aux autres. Mais, lorsque plus tard M. Soret et d'autres savants eurent observé dans la topase et d'autres espèces une différence triple entre les teintes du cristal, observées suivant ses trois axes perpendiculaires les uns aux autres, cette propriété nouvelle reçut le nom de trichroïsme. M. Beudant les comprend tous les deux sons le nom de polychroTsme. Si Ton taille les cristaux qui présentent les phénomènes en question sous forme de sphère, on ohserve à côté des teintes pures ou des teîntesrlimites tomes les teintes intermédiaires. Ces cristaux présentent donc, sinon beaucoup de couleurs, au moins plusieurs couleurs, et parce qu'il fallait un nouveau mot pour exprioaer des propriétés nouvelles, iM. Haidinger a choisi le mot pléochroisme^ qui comprend comme cas particulier le dichroîsme et le trichroïsme.
Moth d'observaiian. — Il est des cristaux, comme la tourmaline, la cordiérite et d'autres, qui déjà dans la lumière ordinaire manifestent dans diverses directions des couleurs différentes.
Observé dans la lumière polarisée, le phénomène est pins saillant. Si l'on regarde à travers un même ensemble de surfaces parallèles, on remarque, suivant la position du plan de polarisation, deux couleurs différentes. M. Brewster dit, dans son Mémoire sur la lumière polarisée» Philos. Trans. 1819, que« dans ses expériences, il plaçait le cristal ou parallèlement, ou perpendicuhirëment au plan de polari-
4566 OPTIQUE MINBRAL06IQUB.
sation du rayon réfléchi par me glace. MM. Soret, Arago et Biot, se servaient d'une ouTertare pratiquée daos on fond sombre, defaAtfaK quelle ils plaçaient le cristal, et ils reiaminaienf ^ tn?ers un prisme achromatisé de sptth d'Islande.
n est un appareil très-sioqrie et facile à manier, qui devrait se trouver entre les mains de tous les minéralogistes : c'est la Umpe dichroscopique. Elle est formée essentiellement, comme on Ta vu plus haut, d*nn spath doublement réfringent, mince, obiong, muni à chacune de ses deux extrémités d'un prisme de verre de 18"*, et combiné avec une loupe ordinaire. Une petite ouverture lumineuse circulaire ou quadrangulaire vue à travers cette loupe apparaît doublée.
Les houppes lumineuses de polarisation que l'on retrouve en observant attentivement et comparativement les deux images indiquent la direction des plans de poIari3ation, et permettent facilement de s'orienter.
Dans le rayon ordinaire 0, la houppejaune se montre dans le phm qui coQtient les deux rayons : dans le rayon extraordinaire E, elle est perpendiculaire à ce pl«l« en supposant que la position de l'axe principal soil restée bmém^ Grice ao contraste^on observe de cette manière heaiQCoup plus sftremeut qu'avec les procédés ordinaûres. M. Badea Powell a joint un appareil «emblaUe à l'appareil de pola« risation dont il se sert poor éiwUer la rotation dn plan de polarisa-* tion par l'aaioo des fluideSb
Quand 00 se sert de prismes acbromatisés de spath calcaire , les images sont divergentes, tandis qu'ici elles sonttoiqours très-rapprocbées l'une de l'autre, ce qui rend leur comparaison plus exacte.
DtehrcUsme des cristaux à un axe.
En examinant, au moyen de cette loupe , on cristal de tourmaline dont l'axe est vertical , on observe une image supérieure notre , et une image inférieure beaucoup plos claire qoe la lumière transmise à travers le cristal naturel.
Quand on regarde dans la direction de l'axe ou perpendîcolaire* ment à la face extrême, l'image supérieure et l'image inférieure sont de la même teinte noire. On peot considérer cette teinte A comme couhur de la base ou de la face extrême. La loupe dichroscopiqoe
PLÉOCfiBOfeMIS DES €M«rAUX.
la montre ooiApOdée éèdeox imagos égaies O et E , qui dans chaque direetioa se ressedibleot ou se font équilibre. La couleur des feces B du prisme se compose d'un rayon ordinaire O de la couleur de la base et d'an rayon extraordinaire B de la eouleur des faces latérales* On peut l'appeler la touleur de l'axe. Elle s'observe dans le ebanafp fnfirieor de le loupe éicbroseepique » à chaqoe rotation do cristal autour de Taxe vertical. Ces mêmes apparences relatives e*observent dans tous les cristaux rbomboédriqnes et pyramidaux ft on ne. Pour les comparer eofx ph6non(èBes que présentent leserîstaax prisroatîfoes , nom nous représentons un prisa» quadratique pyramidal , fig. 1. dont la base serait de la cooieor A, ses faces latérales de h cou-
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le«r B et sonaxede la eonleor a. En creisani deux lames de tourmaline, il est évident que l'image E de la première , devenue l'image 0 par l'effet de la rotation de 90^, sera absorbée par la seconde lame.
La liste suivante , donnée par M. Haidinger, renferme un extrait des observations' faites sur la plupart des cristaqx reconnus dichromatiques :
L'indication de la couleur de la base est donnée par l'image supérieure O, celle de la couleur de l'axe par l'image inférieure E du dicbroscope.
À. Cristaux rhomboédriques.
!• 4 un axe opli^r^^ négatif,
Apatite de Gabo de Gâta. O, couleur de la base, jaune de vin; E, couleur de Taxe , vert asperge. Spath calcaire de Saint-Denis; O , jaune de miel rougeâtre ; E , jaune de vin pâle.
1568 OPTiaUË MINÉRALOGIOUfi.
Mica du YésQYe. O , vert d*ail foncé; B , roage^yaeimhe.
Saphir de Ceylaa blep de canard pâte. 0« bien de canard dans du bleunindigo ; E , vert-olive paie.
. Saphir de Ceyian rouge eramoiai. Q^eooge cramoisi; £, rougerose pâle., . , ,
Ëmeraude do Pérou. O» vert^éaderaude jwinfttre; E<, vert*émêraude bleuâtre.
Tourmaline de Sibérie. O, roogecramoisi; E, rouge-rose«
Tourmaline du Brésil. O, vert d'huiie; £^ blanc- verdfttre.
Tourmaline de l'ile d*£lbe. 0 , vert-pistache ; E., vert de gaion.
Tourmaline de la Bohême^ O, v«rt*bleoâtre foncé; E, brun de cheveux clair.