Cyanure de baryum et de pUuine
Pt^ Ba^ Cy^ : abstraction faite de la quantité d'eau que cette substance renferme.
Ce cristal, qui est souvent d'une longueur de deux lignes et d'une largeur d'une demi-ligne, forme un prisme octogone qui se ramène, il*apr5sla mesure prise par M. V. Ilauer, à l'aide du goniomètre de
CHATOIEMENT DES SURFACES CRISTALLINES. iSOl
réflexion, à an prisme rhombolque de 100« et 80'', avec deçx diagonales rectangulaires. Mais ses faces sont développées d'une manière si irrégalière, qoe souvent une face moins étendue répond à une face parallèle plus large et plus étendue. Les extrémités sont formées de faces obliques : la couleur des cristaux est un beau bleu.
Première observation. — Si on tient le cristal transversalement , fig. 1 , l'image supérieure de la loupe dichroscopiqae est blanche , l'image inférieure sans couleur et sans éclat : toute la lumière est pola- ' risée dans un plan perpendiculaire à Taxe du cristal : mais la lumière blanche est tellement intense, que la sensation produite par elle détruit entièrement Teffet du bleu.
Deuxième observation. — Si l'on tient le prisme longitudinalement, chacune des faces cristallines produit dans la loupe dlchroscopique une image supérieure blanche et une image inférieure d'un beau bleu azur. La lumière blanche est polarisée dans la direction de l'axe, la lumière bleue perpendiculairement à l'axe.
Troisième observation. — La réflexion d'un objet sur les faces cristallines, observée de près à l'œil nu, sous un azimut quelconque, donne toujours une image saillante sur un fond bleuâtre uniforme. Les deux sortes de lumière se montrent constamment mêlées, et ne peuvent être séparées que par des moyens appropriés.
Dans le cyanure de potassium et de platine, c'étaient les faces terminales , ici ce sont les faces latérales des prismes qui donnent le bltu.
Quatrième observation. — Si on place uii cristal directement devant l'œil et en face de la lumière, de manière que son intérieur s'éclaire par la face A, Gg. 5, l'arête entre les faces A et B se remplit d'une lueur vert-serin très-riche. Dans la loupe dichroscopique, cette lueur passe entièrement dans l'image supérieure O, ce qui prouve qu'elle est composée de lumière polarisée et produite par réflexion. L'image inférieure E présente la couleur uniforme jaune pure de la lumière qui a traversé le cristal.
Cinquième observation. — Si , fig. 5 , la lumière diffuse eniro par les faces latérales fi, on observe à Tœil nu les bords vert-clair à travers la face terminale A, mais ce vert ne se décompose plus dans la loupe.
Sixième observation. — Quand on examine avec la loupe dichro*
{302 DISPERSrON ET REFRACTION DE LA LUMIERE.
scopique le cristal dans la lainière transmise, fig. /i, l'image sapé* rieure O affecte une couleur jaune pure et très-claire , tandis que rimage inférieure est richement teinte d'un mélange des couleur» rouge et verte du spectreé Nous ajoutons seulement, comme remarque, que le» angles et l'indice de réfraction ont justement les va* leurs nécessaires pour donner au rayon eitraordioaire la posîtioa exigée dans ces phénomènes.
S. Cyanure d% magnésium et de platme.
Pt Mg Cy.
Ces cristaux forment des prismes à hase carrée, quelquefois corn» hinés avec uue pyramide diagonale, dont les arêtes axiales forment un angle de 126* 21', et les arêtes de la base un angle de 79** 18', d'après les mesures de M. le Dr. Springer.
Les cristaux minces sont souvent groupés en rose, et présentent,, sous toutes les directions , dans la lumière transmise, des teintes^ rouge-carmin des plus variées ; dans la lumière réfléchie, des cou-*^ leurs métalliques vertes et hieues.
Première observation. — Des crisuux isolés, vus par transmission à Tœil nu , présentent une couleur rouge-carmin. En les examinant avec la loupe dichroscopique, fig. A, les deux images, quand l'épaisseur du cristal est d'une demi-ligne, ne peuvent plus être distinguées l'un de l'autre, et sont colorées du plus beau rouge carmin. Les cristaux minces donnent une image supérieure, dont la coqleur penche plus vers le rouge cramoisi ; d'où il arrive que, dans les cristaux minces , la couleur de la hase parait plus bleuâtre, et la couleur de l'axe moins bleuâtre.
Deuxième observation. — La face terminale, ordinairement douée de très-peu d'éclat, apparaît à l'œil éclairée par un bleu som* bre. Dans la loupe dichroscopique , fig. S , et sous l'iucidence perpendiculaire, les deux images O et Ë sont d'un bleu-azur sombre. Plus la face est polie, plus la lumière bleue est éclipsée par la lumière blanche réfléchie. Sous l'angle de polarisation, toute la lumière blanche passe dans le rayon ordinaire, et la lumière bleu-azur du rayoR extraordinaire se présente avec une intensité et une pureté merveilleuses. Ce phénomène a lieu sous tous les azimuts; donc la face terminale produit, comme dans le cyanure de potassium et de platine, «ne réflexion extérieure de lumière blanche, ainsi que le font tous-
CHATOIEMENT DES SURFACES GRIgTALUNES. 1503
tes corps polis, et on rayoonetneat on réflexion iotérfeiire de lainière Mené, qui n*a pn élé absorbée.
Troisième obserf ation. — Les faces latérales des pritmes s'offrent à l'œil nu avec an éclat vert métallique. Si on les tient transversalementy fig. 1, ils prennent, quand l'incidence est à peu près normale, un éclat métallique vert-pré» qui. à mesure que l'angle d'incidence augmente» passe successivement au bronze métaliiquef an vert Jan* nitre, au brun d'ader. Vers la ftn, on observe an reflet sans Qouienr» à travers lequel on aperçoit le rouge non métallique.
Quatrième observation. -— En tenant les prismes longitudinalement, fig. 2. la lumière normalement réfléchie présente le même éclat métallique vert-pré. Soas des angles d'incidence plus eonrfdérabtes, la couleur paraît vert émeraude, ensuite vert-de*gris, bleu canard, bleu d'azur, et enfin reparaît le reflet sans couleur, au-dessous duquel brille la couleur rouge propre du cristal.
Cinquième observation. ~- Lorsqu'on donnt^ à la loupe dichro* scopique une position perpendiculaire aux prismes tenus transversalement, l'image supérieure est d'une couleur verte métallique; Timage inférieure présente l'éclat vitreux transparent, avec la couleur rouge transmise. Sous des incidences plus grandes, l'image supérieure change de couleur, et après avoir parcouru la série des nuances jaunes métalliques, redevient incolore, comme cela avait lieu dans la troisième observation, tandis qu'il se développe dans l'iaiage ieférieure un beau bleu d'azur.
Sixième observation. — Si l'on analyse le cristal dans le sens longitudinal, fig. 2, avec la loupe dichroscopique, l'image supérieure, sous l'incidence à peu près perpendiculaire, est d'un rouge transmis ; l'image inférieure d'un vert métallique réfléchi. Sous des angles d'incidence plus grands, le bleu se combine avec le vert métallique, et les couleurs disparaissent après avoir parcouru la série des nuances bleues métalliques, comme cela a eu lieu dans la quatrième observation. L'image supérieure conserve l'éclat pur vitreux de la surface.
Sous les incidences les plus variées» la lumière réfléchie se compose :
1* De lumière blanche qui, sous l'angle de polarisation, passe dans l'image supérieure ;
^^ De lumière verte métallique, polarisée dans le plan perpendi*