‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 10 sur 244 · AU · texte numérisé non relu

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796; Novembre 1894.

interlocuteur m'a dépeint la stupéfaction dans laquelle lailitude louche du général Mercier avait plongé tout le personnel de-son ministère.

Depuis longtemps, en effet, m’a-t-il assuré, le ministre soupçonnait ce Dreyfus, qu'on essaye d'excuser au moyen d’un prétendu roman passionnel,

Dreyfus est et a toujours été un espion : voilà la vérité.

Dans ces dernières années, les officiers français envoyés en mission à l'étranger constataient qu’ils étaient surveillés de très près partout où ils débarquaient, de sorte que toutes leurs démarches et tous leurs mouvements s’y trouvaient paralysés.

On avait beau les changer : leurs remplaçants étaient signalés dès leur apparition dans une ville.

Malgré le « peu d'importance » qu’il feint d'attribuer aux révélations du traître, le général Mercier en a été tellement inquiet qu'il a rappelé immédiatement à Paris tous les officiers actuellement à l’étranger, même ceux qui sont en Pologne, où ils avaient été détachés auprès du général Gourko.

Avertie par Dreyfus, la police italienne guettait à la frontière tous ceux de nos compatriotes à l’aspect militaire qui s’avisaient de la passer, et c’est ainsi que le capitaine Romani a été appréhendé à sa première halte hors de France.

Dreyfus, qui pénétrait partout, qui était au courant de tout, et que l’attaché avec lequel je causais connaît parfaitement, a livré à l’Allemagne non seulement les plans de mobilisation, mais, chose peut-être encore plus grave, ce qu’on appelle l’ « horaire », c’est-à-dire la marche des trains avec leur destination, le jour et l’heure où ils amèneront des corps de troupes dans un endroit déterminé.

Si bien que partout où devrait s’opérer un débarquement de nos soldats, les Allemands auraient massé des régiments pour les recevoir.

Maintenant que le secret a été éventé par le traître, il n’y aurait qu’à changer l'horaire et à modifier le moins dangereusement possible la marche de l’armée.

Seulement, savez-vous combien ce changement de front exigerait de temps? Trois ans, ni plus ni moins.

7 au 10. — Traduction définitive du télégramme Panizzardi. (Cass. : dép. Paléologue, I, 394.)

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