Lettre de Gonse à Picquart
Mon cher Picquart,
Je suis bien en retard avec vous; la faute en est à mes occupations qui sont nombreuses en ce moment.
Ce n’est qu'aujourd'hui, 19, que je trouve le temps de vous répondre en vous accusant réception de vos cinq dernières lettres (13, 14, 15, 16, 17 et 18 décembre), datées de Marseille, Grenoble, Lyon, Briançon et Chambéry.
Je vois que votre voyage s'effectue dans de bonnes conditions ; je vous recommande surtout de terminer complètement ie 14 corps, avant de passer au 15€. Par suite, il est bien entendu que vous ferez à Lyon votre rapport sur le 14° corps, et vous nous l’enverrez avant de quitter cette ville, ainsi, du reste, que je vous l'avais déjà dit.
Le ministre me charge de vous prévenir confidentiellement qu'il va se rendre à Nice, et qu’il désire vous trouver dans cette ville. La date de son départ n'est pas encore fixée; je vous la donnerai aussitôt que je la saurai moi-même, mais cette éventualité ne doit pas vous empêcher de tout terminer au 15° corps, sans vous hâter outre mesure. Le ministre ne peut pas partir avant quelques jours.
i— Décembre 1896.
Je vous prie de régler vos affaires en conséquence, et continuez à me tenir au courant. Je vous serre la main, mon cher Picquart, bien cordialement. Votre bien dévoué, Signé : A. GONSE.