Lettre de Gonse à Picquart
Le sous-chef d'Etat-Major répond à la demande que Picquart venait de lui faire de rentrer définitivement dans la troupe et de ne plus être chargé de missions. (Cass.: dép. Picquart, I, 191.)
Mon cher Picquart,
J'ai reçu vos deux lettres du 16 janvier, datées de Tunis, dont une confidentielle, et je viens y répondre sans plus tarder.
Ma dernière lettre, datée du 16 également, a dù vous rejoindre à Tunis. Elle vous indiquait exactement la situation. Je n’ai rien à y ajouter, attendu qu’elle me paraît être complètement d'accord avec les instructions que le Ministre a adressées au général commandant la division d'occupation, et dont vous avez dû avoir connaissance.
Votre mission en Tunisie se continue et surtout elle se continuera activement quand vous aurez pris pied au 4° régiment de tirailleurs. Les intentions du Ministre restent toujours les mêmes au sujet de cette mission, qui est toute de confiance.
En ce qui concerne votre rentrée dans la troupe, au sujet de laquelle vous me consultez, vous n'avez pas, à mon avis, à vous en préoccuper. Puisque vous êtes affecté maintenant au 4° tirailleurs, régiment de choix, il me semble que vous n'avez qu’à vous consacrer complètement au service de troupe, une fois votre mission terminée. Vous n’avez donc qu'à laisser aller les choses, et, en dehors de la satisfaction que vous aurez à servir dans un régiment d'Afrique, vous êtes certain de travailler pour votreavenir, car vous savez que les campagnes font toujours bien sur les notes d’un officier.
Telest mon sentiment, et je ne pense pas que vous ayez à faire une démarche quelconque, puisque la lettre de service que vous venez de recevoir à Tunis fixe votre posilion d’une façon nette.
LEE Es Janvier 1897.
Je vous souhaite bonne santé et je vous serre la main, mon cher Picquart, bien cordialement.
Votre tout dévoué, A. GONSE.
27. — Lettre d'Esterhazy à Jules Roche. Il y expose sa situation de fortune, ses embarras conjugaux et extra-conjugaux, et y attaque violemment, outre leministre Billot, le commandant Henry, « son débiteur » depuis 1876. Il termine par des menaces sans précision. (Cass.: 11, 706-710.)