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L'Étrangère pour ce premier mardi de l'abonnement

4. — M. François Coppée lit à ses interprètes sa nouvelle pièce en un acte, qui s'appelait primitivement la Soutane, et qui prend pour titre définitif : le Pater.

7. — M. Coquelin fait sa rentrée dans Gros- René, du Dépit amoureux, et dans Gringoire.

Conformément à la règle, le « rentrant » devant 6tre considéré comme le plus nouveau pensionnaire, M. Coquelin figure sur l'affiche après tous ses camarades.

14. — > On s'occupe de la rentrée de M"* Many dans le Demi-Monde, r61e de la baronne d'Ange.

f6. — M. Coquelin publie, dans la Repue illustrée, une étude sur l'art du comédien.

19. — A la matinée classique, M^^Dudlay, qui devait jouer Emilie de Cinna, étant souf-

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fnnte, M^ Htdamard lit le rôle à ta place.

— Le Pater de M. Copp^ ett interdit. A ce propos, Taoteur adresse la lettre suivante à M. Francis Magnard, rédacteur en chef du Figaro :

Mon cher ami.

J'ai appris aujourd'hui, avec une extrême surprise, que le Pater, un acte en vers dont je suis l'auteur, vient d'être interdit par le Gouvernement,

La pièce a été reçue, à l'unanimité, par le comité de lecture de la Comédie-Française, en janvier 1889, lue et distribuée aux interprètes, il y a une quinzaine de jours; et je me plais à remercier d'abord mon ami M, Jules Claretie et les Comédiens Français qui s'intéressaient sincèrement à cette tentative toute littéraire.

Mais l'action de mon drame se développe en pleine vie moderne, dans les dernières convulsions de la Commune, et, -^pour des raisons qui m'échappent, — la représentation de mon aupre est brutalement frappée d'interdiction.

Je n'ai pas à me défendre d'avoir cherché un scandale politique. Toute ma vie proteste contre cette accusation. J'ai usé simplement de mon droit de poète en plaçant une scène, — qui vaut ce qu'elle vaut, mais que je crois inspirée par un sentiment très humain et par la morale évangélique, — dans les journées de mai 187 1, comme j'aurais pu lui donner pour cadre les mauacres de la Saint-Barthélémy ou ceux de Septembre 1792.

Jt ne discuterai pas Vacte d'un gouvernement qui semble trembler devant les conséquences de la représentation d'une pièce en un acte. C'est un ridicule que je lui laisse. Un de ces jours, je ferai le public juge de la question. Il condamnera, — j'en ai le ferme espoir, — cette atteinte à la liberté de l'art et de la pensée.

Je vous serre la main,

François Coppie.

— M°^« Emilie Broisat dit les Griffes du Schah, à la soirée donnée chez Darand-Ruel, au bénéfice de Toeuvre roumaine.

20. — M. Silvain et M°»« Broisat prêtent leur concours à un concert de bienfaisance organisé au profit de Toeuvre des petites filles abandonnées (Grand-H6tel).

— M^io Reichemberg, prise d'un évanouissement, ne peut jouer la sous-préfète dans le Monde oà Von s'ennuie. M"» Bertiny U remplace et se fait chaleureusement applaudir.

ai. — aSo^ anniversaire de la naissance de Racine : Mithridate, les Plaideurs; A Racine, à-propos en yen, par M. Paul Gaulot. (M^^^ Dudlay, chargée de dire cet à-propos, étant toujours malade, M. SiWain en fait la lecture au public.)

2 3. — La brochure du Pater paraît chez réditeur Alph. Lemerre. Plusieurs fragments en sont reproduits dans le Figaro, De son côté,

M. Fnnçois Coppée autoriie M. Antoine à monter la pièce sur le Théâtre- Libre. U n'y aura qu'une seule représentation.

— > M. Coquelin cadet dit plusieurs monologues à la redoute du Gil fi/os ( Hôtel-Continental).

3 5. — Les représentations d'abonnement du Théâtre d'Application, pour les élèves du Conservatoire, commenceront le 8 janvier prochain.

•— Mort de M. Jules Barretta, père de la toute charmante sociétaire du Théâtre-Français. Les obsèques seront célébrées après-demain vendredi, en l'église de la Madeleine.

a 8. — Le Comité entend la lecture du rapport de M.Jules Claretie, fixant à 35,ooo francs la part entière, pour Texerdce 1889. ^^^^ ^^ 140,000 francs ont été prélevés sur le résultat de l'année, 6 5, 000 francs pour le fonds de réserve, 17,500 francs pour la demi-part à convertir, 3 0,000 francs pour les gratifications supplémentaires au personnel.

^ M. Febvre avait renouvelé sa démission le 20 juin dernier; mais, sur les instances de ses camarades et pour prouver son dévouement à la Maison, il consent à rester au service de la Comédie pendant toute l'année prochaine.

— Les comités de lecture, les comités pour les augmentations de parts, et, s'il y e Heu, pour les nominations de sociétaires, se réuniront après la constitution du nouveau Comité sou-

mise par M. CLaretie à la signature da ministre. Ce ne sera point, en tout cas, avant la première de Margot, annoncée pour le i3 janvier 1890.

30. — Dans le courant de janvier auront lieu les reprises d*Andromaque et d*Iphigéme, pour la continuation des débuts de M^^° Brandès, qui jouera les rôles d'Andromaque et d*Eriphile.

3 1 . -^ Assemblée générale annuelle des sociétaires.

M. Jules Claretie donne lecture du rapport qu*il portera au ministre avec le budget voté par les sociétaires. Ce budget a été augmenté et fixé à 1,700,000 francs. Avec les dépenses imprévues, c'est environ 1,800,000 francs que la Comédie-Française doit encaisser du i*' janvier au 3 1 décembre, avant de songer à un bénéfice.

Les bénéfices s'élèvent, cette année, à plus de 800,000 francs; mais il faut prévoir l'aléa des années futures, et c'est sur ce point que l'Administrateur général appelle, dans son rapport, l'attention du ministre. Le chiffre des pensions de retraite aux sociétaires, pensionnaires et employés, sous forme de secours, grossit toujours, et il est du devoir de l'administration de veiller sur l'avenir. C'est dans la prospérité qu'il faut parer aux événements. On dit souvent que les sociétaires songent à la recette. Victor Hugo pensait avec raison : « On ne joue la comédie que devant le public, et le public

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n ibibn en lui ippomot soa

Il ComMîe-Ftiaçiiu ■ bciucoap plus de 3,000 trtna de rnti qDolidïcni. Rmum onytnt loBi filé a f>i»nl ptrfoii Soo, ou 400 franci de recctic, pendinl 1b uaicnlc, on Toit [a proBu qu'elle en tenue de réilîier penduit lei moii d'hiTer pour iqoilibrer son budget.

Cerlainei recettei, dini les premiers jonrï de l'ExpOiiuoD, ODl été de 1.700, el même de 1 ,6aa franci. Lei mois d'aoùl et de leplembre, en reTBnche, oai iti piiticuriirement fruclueui.

En 1378, let droilt d'auteur l'élaieDl puligé; enire deux autiurs teulemeot. En 1S89, la proponioD a été beaucoup plui large el plut iquiUble

Apièi soa rapport sur l'eiercice 1889, M. Jules Clarelic s'exprime eu tes tames :

la Comédie-Françiiie

grande joie que je ne Tei

1 La Coraédie-Fransaise

vain dont la perte aura éi Emile Augier nous teste pi son génie, ei son nom

'un maître ikri> deuil nitiouil.

héritage M par

aujourd'hui même, sur nos affiches. Sa mort fut un deuil de famille.

« C'est une joie de famille que U marque de hante bienveillance qu*a donnée, par deux fois, i deux d'entre vous, le Gouvernement dans cette année d'Exposition univenelle où, — les étrangers l'ont constaté, — la Comédie-Française a fait bonne figure devant nos hôtes du monde entier.

« Ce n'est pas la première fois que l'on rend officiellement hommage au théâtre, -— cette forme souveraine de l'art français contemporain, — en décorant les plus illustres interprètes, et vous avez eu déjà, ici, ce grand honneur bien mérité; mais, en choisissant Tannée 1889 pour donner à la Comédie et aux Comédiens Français un nouveau et double témoignage d'estime, M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a honoré non seulement deux de vos plus chers camarades, mais, — je puis le dire, — tous les artistes dramatiques et tous les serviteurs de la Maison de Molière, et je ne serai, je crois, que l'interprète de vos sentiments en félicitant les deux chevaliers de la Légion d'honneur de 1889, « pour services rendus à l'art dramatique », et en adressant à M. Fallières, avec l'expression de ma gratitude personnelle, l'expression de la joie et de la reconnaissance de la Comédie«Française. »

Ces paroles, couvertes d'applaudissements, ont été le signal d'une véritable ovation faite à M. Mounet-SuUy et à M. Worms. Les deux chevalien se sont serré la main, et ils ont témoi-

(pué à M. CltretM l'expressiou de Uar vWe reconniissance.

(La nomination de M. Worms, qui est signée ptr le Président de la République, paraîtra demain 1*' janvier 1890, au Journal officiel,)

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