Vienne. Tète de Mars. — Petersen, pl
1. Rome. Musée des Thermes. Tête de Bonus Eventus (?) ou de Pax Augusla suivant Sieveking, Oesterr. Jahresh.. 1907, p. 188 . — Petersen, texte, p. 122.
L’ARC RE CONSTANTIN
Cet arc, le mieux conservé des arcs de triomphe romains, fut élevé par le Sénat en mémoire de la victoire de Constantin sur Maxence, comme l’atteste la célèbre inscription gravée sur l’une et l’autre attique : quod instinctu. clivinalis, mentis magnitudine , eam exercitu suo... justis rempublicam ultus est armis (1). Depuis Bellori, on sait que la riche décoration sculpturale de l’arc de Constantin n’appartient qu’en faible partie au quatrième siècle ; elle consiste surtout en bas-reliefs antérieurs, empruntés à d’autres édifices (2).
Longtemps on crut que l’architecte s’était contenté de dépouiller un ancien arc de Trajan ; mais, en 1898, Eug. Petersen démontra que les grands reliefs en hauteur provenaient tous d'un édifice de Marc-Aurèle (3). Depuis, les huit médaillons circulaires (quatre au nord, quatre au sud) ont été attribués tantôt à l’époque d’Hadrien, tantôt à celle de Domitien. Il y a cinq opinions à ce sujet, toutes comportant encore des difficultés (4).
i° Les médaillons sont de l’époque de Trajan, parce que la partie inférieure d’une des têtes d’empereur, mutilée mais non retouchée, est imberbe (n° 8) (5) et parce que l’un des compagnons de l’empereur ressemble à Hadrien (nos 2, 3). A quoi Ton objecte, outre le style des reliefs, l’absence de personnages identiques sur l’arc de Bénévent ou sur la colonne Trajane et la ressemblance d’un des éphèbes du cortège impérial avec Antinoüs, né vers 110, mort en 129 tnos 1, 3, 5, 6, 7 ; surtout le n° 3).
20 Les médaillons ont bien été sculptés sous Hadrien, mais à la gloire de Trajan, le père adoptif de l'empereur, pour le temple qu’Hadrien fit construire en l'honneur de Trajan sur le forum. La présence d’Antinoüs, s’il faut y voir un portrait plutôt qu’un type à la mode, fait difficulté.
3° Les médaillons sont relatifs à Hadrien, dont les exploits cynégétiques,
(1) C. I. L., VI, 1139 (315 de notre ère).
(2) Il existe des moulages de la plupart des grands reliefs du second siècle et de huit médaillons au Musée de Saint-Germain.
(3) Rômische Mitth., 1889, p. 317 ; 1890, p. 73.
(4) Voir surtout Stuart Jones, Papers of the British School in Rome, t. III, p. 229 ; Arndt- Bruckmann, notice de la pl. 565.
(5) Jones, loc. laud., p. 233.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
attestés par les textes (i), y sont très exactement rappelés. Mais alors l'empereur devrait être barbu, et le personnage qu’on a pris pour Hadrien dans le cortège ne saurait être Hadrien (2).
4° Les sculptures sont du temps de Domitien et oui subi plusieurs retouches. En effet, deux des têtes impériales ont été remplacées par l’effigie de Constantin (nos 1, 3), alors que deux autres ont été retouchées à la ressemblance de Claude le Gothique (nos 2, 4), dont Constantin se disait le petit-fils (3). Claude e Gothique revendiquait lui-même une origine flavienne ; il aurait « usurpé » une première fois ces reliefs, sculptés à la gloire de Domitien.
5° Il faut distinguer les bas-reliefs de la face nord de ceux de la face sud ; les seconds sont bien flaviens, mais les premiers appartiennent à l’époque d’Hadrien. Sous Constantin, ces derniers furent retouchés; deux têtes impériales furent remplacées par celle de Constantin, deux autres par celle de Claude le Gothique ; mais les bas-reliefs flaviens restèrent intacts (4). Objection : il n’y a pas de différences appréciables ou démontrables entre le style de ces huit reliefs.
Dans l’état actuel de la controverse, je crois que l’opinion n° 3 est la plus vraisemblable, car il est bien difficile de faire abstraction des têtes ressemblant à celle d’Antinoüs. D’autre part, le fait de la substitution de plusieurs tètes (impériales) à d’autres plus anciennes est absolument hors de doute pour qui étudie les moulages à Saint-Germain.
Les reliefs historiques crus constantiniens ne seraient, d’après M. Wace (Papers of the British School, t. IV, p. 270 et suiv.), constantiniens qu’en partie. Voici les désignations admises par ce savant :
A) Défaite de Maxence au pont Miivius ;
B) Siège de Vérone ;
C) Triomphe de Dioclétien sur les Perses ;
D) Congiarium accordé par Dioclétien après le triomphe de 3o3 ;
E; Dioclétien faisant une proclamation du haut des rostres ; au fond, à droite, l’arc de Septime Sévère ; à gauche, l’arc de Tibère et la basilique Julia.
F Triomphe de Dioclétien.
La tête de l’empereur serait conservée en B seulement; en D, E, F elle manque, mais M. Wace croit certain que la tête originale avait été remplacée. Constantin aurait ainsi fait détruire un monument élevé à Dioclétien et substituer sa tète à celle de l’empereur païen en D, E, F.
1 Voir l’article Aelius dans Pauly-Wissowa, p. 519.
(2) Jones, p. 236.
(3) Jones, p. 243.
(4) Sieveking, Rom. Miltheil., 1907, p. 345.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Vue d’ensemble (sud) fie l’arc de Constantin, d’après Rubeis, pi. 23. L’inscription n’a pas été reproduite. On trouvera des photographies de l’une et l’autre face dans Strong, Roman Sculpture, pl. 102.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Allocution de l’empereur, à côté duquel on voit ici (comme sur d’autres reliefs de la même série un personnage barbu, qui serait son gendre Claudius Pompeianus t Ram. Mitth., 1890, p. 74) ou suivant Jones, Papers, p. 217) le préfet du prétoire M, Bassaeus Rufus. La tète de Marc-Aurèle a été remplacée par celle de Constantin, dans l’antiquité d'abord ? , puis sou> Clement XII (17.41 . L’ex:stence d’un arc de Marc-Aurèle, construit vers 170, est attestée par une inscription [C. I. L., VI, 1014 . Outre les huit reliefs en hauteur encore encastrés dans lare, il y en a trois de la môme série au Palais des Conservateurs infra , p. 374).
Rubeis, pl. 24 ; Strong, p. 294, pl. 92. Voir, en général, Petersen, Yom allen liom, p. lu : Stuart Jones, dans les Papers uf the British School in Home , I. III, p. 229, 251.
HOME. ARC DE CONSTANTIN
Deux prisonniers sarmates sonL conduits devant l’empereur. Rubeis', pi. 25; Strong, p. 292, pl. 91.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Allocution de l'empereur aux prétoriens (à la fin de la première guerre, 169-174, suivant Stuart Jones).
Rubeis, pl. 26 ; Arndl-Bruckmann, pl. 530, 2 ; Strong, p. 294 et 394, pi . 92.
ROME. ARC DE CONSTAM'IN
Préparatifs d’un sacrifice solennel ( Suovetaurilia ) après le triomphe de 169. Rubeis, p. 27 ; Arndt-Bruckmann, pl. 530, 1 ; Strong, p. 294, pl. 92.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Retour de l’empereur à Rome en 174 (Stuart Jones, Papers, t. III, [>.25 9). Au fond, l’arc de Domitien et le temple de Fortuna Reduv (ibid., p. 260).
La déesse portant une corne d’abondance est la Fortune ; celle qui est vêtue et armée en Amazone est la déesse Rome. Les autres figures sont Mars, Virtus (?) et la Victoire. Rubeis. pl. 28 ; Strong, p. 21)1 et 392, pl. 90.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
L’empereur, retournant à Rome, est salué (?) par la via Flaminia personnifiée, le bras gauche appuyé sur une roue. On voyait autrefois dans cette composition Trajan ordonnant la construction de la voie Àppienne. Au fond, l’arc de Domitien.
Rubeis. pl. 29; Strong, p. 291 et 393, pl. 90.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Congiarium distribué au peuple après le triomphe de Marc-Aurèle en 17b (Jones, p. 2(54) .Au fond, le Porticus Minucia (Rostovzev) ou la Basilica Ulpiana (Jones).
Rubeis, pl. 30; Strong, p. 294, pl. 92.
HOME. ARC DE CONSTANTIN
L’empereur reçoit un roi germain qui paraît blessé et s’appuie sur un jeune homme placé à sa gauche.
Rubeis, pl. 31 ; Strong, p. 201 et 302, pl. 90.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
L empereur reçoit la soumission de chefs barbares Sarmates. Autrefois encastré dans laïc de I ortugal ! . puis au palais Savelli. Il est possible que ce bas-relief provienne du même monument que les précédents. Disparu et connu seulement par la gravure de Rubeis, pl. 51.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Médaillons delà face nord de l’arc (Strong, pl. 40-41).
1. Chasse au sanglier (la tête de l’empereur remplacée par la tête nimbée de Constantin?).— Rubeis, pl. 36 ; Arndt-Bruckmann, pl. 559, 1 ; Antike Denkm., I, 42, 1 : Rom. Mitth., 1889, pl. 12, 3.
2. Sacrifice à Apollon (la tête de l’empereur remplacée par celle de Claude le Gothique?). — Rubeis, pl. 37 ; Arndt-Br., pl. 555, 1 ; Anl. Denkm., I, 42, 2 ; Rom. Mitth., 1889, pl. 12, 1.
3. Fin de la chasse au lion (tète de Constantin ?). — Rubeis, pl. 38 ; Arndt-Br., pl. 565, 1 ; Ant. Denkm., I, 42, 3; Rüni. Mitth., 1889, pl. 12, 7.
4. Sacrifice à Hercule (la peau du lion a été suspendue dans le sacellutn d’Hercule). — Rubeis, pl.' 39 : Arndt, pl. 565, 2 ; A. Denkm., 1, 42, 4 ; R. Mitth., 1889, pl. 12, 8. On rapprochait autrefois à tort la figure d Hercule de l’Arès Ludovisi (Rép. slat., t. I. p. 349), considéré comme la copie d’un Arès de Scopas.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Médaillons de la face sud de l’arc, Strong, pl. 40-41) et médaillons latéraux i'6.pl. 104). à. Départ pour la chasse. — Rubeis, pl. 32 ; Arndt, pl. 555, 2 ; Ant. Denkm ., I, 43, 5; Rom. Mitth ., 1889, pl. 12', 2.
fi. Consécration du gibier à Silvain, que couronne un esclave ; la peau de l'ours est suspendue dans l'arbre. — Rubeis, pl. 33: Arndt. pl. 560, 2 ; Ant. Denkm.. I, 43 6 ; Rom. Mitth., 1889, pl. 12, 5.
ChoS?e ,,our5- — Rubeis, pl. 34 ; Arndt, pl. 560, 1 : Ant. Denkm., 1. 43. 7 : Rom. Mitth.. 1889. pl. 12, fi.
VUI S1889fiC? 1 ,A4témiS‘ — Rubeis, pl. 35 ; Arndt, pl. 559, 2 ; Ant. Denkm., I. 43, 8 ; Rom.
9. Le char de l’Aurore. Pbosphorus et le fleuve Euphrate ou Tigre . La gravure de Sanli Bartoli dans Rubeis) est renversée, ainsi que la suivante, .le les donne à l'endroit.
Rubeis, pl. 40: Strong. pl. 104. — Les bas-reliefs 9 et 10 sont du quatrième siècle!?)
10. Le char de la Nuit, Hesperus et le Danube, Rubeis, pl. 41 ; Strong. pi. loi.
HOME. A H G DE CONSTANTIN
Reliefs en longueur, provenant d'un monument de Trajan.
1. L’empereur (tète de Constantin), couronné par la Victoire et conduit par Rome personnifiée, entre dans la ville indiquée par une arcade. A droite, bataille de Romains contre les Daces, sous l’arcade.
2. Bataille de Romains et de Daces (suite du précédent). Attique de l’est.
Rubeis, pl. 42, 43 ; Strong, pl. 46 et ts : Papers of lhe British School, t. IV, pi. 28.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Reliefs en longueur, provenant d'un monument de Trajan.
1. 2, Victoires des Romains sur les Daces. L’empereur à cheval ( 1 ) a la tète de Constantin. Le n° 1 est sous l’arcade, le n° 2 orne l’attique de l'ouest.
Rubeis. pi. 44, 45 : Strong, pi. 47.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Face sud. — Campagnes de Constantin. L’empereur, couronné par la Victoire, passe les Alpes (1) et prend Suse ou Vérone (2). 11 remporte la victoire sur Maxence au pont Milvius (3) ; les ennemis sont noyés (4). — Rubeis, pl. 46 ; Strong, pl. 103; Papers Brit. School , t. IV, pl. 35.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Face ouest. — Les gravures de Rubeis pl. 16) sont si inexactes que j'ai dù ajouter (n. 3) un calque de la photographie d'ensemble d’Alinari (ap. Strong, pl. 104). Il y a des dromadaires et des soldats coiffés de bonnets syriens comme ceux que les sculpteurs des sarcophages chrétiens prêtent aux Juifs. Suivant Wace (Paper s, t. IV, pl. 37), il s'agirait d’une pompe triomphale de Dioclétien, empruntée pcfur l’arc de Constantin ; suivant Monaci, du triomphe de Constantin en 323, après la guerre qui le rendit maître de la Palestine (Nuovo Bull, cli archeol. cristiania, 1007, p. 55; Dissert, délia Pontif. Acçad., 1907, p. 4 sq. ; voir aussi Bullellino comunale , 1900, p. 75 ; 1907, p. 251).
ROME. ARC DE CONSTANTIN
Triomphe el gouvernement de Constantin.
1 . 2 (face est). Triomphe de l’empereur (Dioclétien, suivant \\ ace, Paper s, t. IV, pi. 37). — 3 (face nord). L’empereur harangue le peuple du haut des rostres du Forum romain (sur la balustrade, statues de Jupiter assis).
R u bois, pl. 17 ; Strong, pi. 103 et 104; Wace, Paper s, t. IV. pl. 3(1.
ROME. ARC DE CONSTANTIN
1 (face nord . L'empereur harangue le peuple au Forum; suile du précédent.
2, 3 (face nord). Constantin fait des libéralités au peuple. On voit les secrétaires des largesses ( armoria , préparant les distributions dans leurs bureaux.
Rubeis, pl. 47; Slrong. pl. 103; Wace. Papers of lhe Dritish School. t. IV, pl. 30 (croit que 1 empereur n'est pas Constantin, mais Dioclétien).
ARC DE SEPTIME SÉVÈRE
L’inscription de l’atLique, sur les deux faces (C. /. L.,VI, io33), nous apprend que cet arc a été élevé par le Sénat à Sévère et à ses fils, Caracalla et Géta, à l’occasion des victoires romaines sur les Parthes, les Arabes et les Adiabéniens (2o3). Au moyen âge, il fut transformé en forteresse. La partie inférieure, déblayée sous Léon X, puis sous Pie IV et Grégoire XV, fut protégée par un mur, du temps de Pie VII (i8o3), contre les éboulis de terres qui la menaçaient sans cesse. L’édifice a beaucoup souffert, mais toutes les parties en sont conservées. Les reliefs des deux façades principales représentent des scènes de guerre très endommagées, que Bartoli a restituées et interpolées dans ses gravures. Du côté du Forum, à gauche du spectateur, on reconnaît la délivrance de Nisibe, assiégée par les Parthes ; à droite, l’alliance de Sévère avec le roi d’Arménie et le siège d’Atra. Du côté du Capitole, à droite, siège et prise de Babylone ; à gauche, les Romains passent l’Euphrate et le Tigre et prennent Ctésiphon. Les quatre frises représentent autant de pompes triomphales qui aboutissent chacune à une figure assise de la déesse Rome, dont les captifs s’approchent en suppliant ; la Parthie est personnifiée au milieu du cortège. Une des figures de Rome, du côté du Capitole, est bien conservée. Aux angles des arcades du milieu, quatre Victoires avec trophées et les Génies des Saisons; sur les clefs de voûte, des figures armées; dans les angles des arcades latérales, des Fleuves; sur les bases des colonnes, des Barbares gardés par des Romains.
Beschreibung Roms, t. III, 1, p. 267; Jordan, Topogr., I, 2, p. 21 3 ; Thédenat, Le Forum , 3e éd., p. 161, 2.34; Hülsen, Roman Forum, p. 82; Strong, Roman Sculpture , p. 297 ; Curtis, Papers of the American School in Rome, t. Il, p. 69.
ROME. ARC DE SEPTIME SÉVÈRE