LE PARTHÉNON
Construit par Ictinos de 447 à 438, sur l’emplacement d’un temple plus ancien resté inachevé et décoré sous la direction de Phidias, le Parthénon (demeure des vierges, et non pas de la vierge Athéna) (1) fut converti en église au cinquième siècle, d’abord sous le vocable de sainte Sophie, puis sous celui de la Panaghia (la Vierge Marie). De 1206 à 1 458, pendant 1 occupation d’Athènes par les Francs, le Parthénon fut une église du rite latin. Après la prise d’Athènes par les Turcs, en 1 458 , il redevint une église du rite grec ; en i4fio, les Turcs en firent une mosquée.
En 1687, le général vénitien Morosini, bombardant l’Acropole, fit sauter un magasin de poudre établi dans le Parthénon ; cette catastrophe causa plus de ravages aux sculptures que toutes les transformations antérieures. Heureusement, un artiste travaillant pour le marquis de Nointel, ambassadeur de France à Constantinople, avait dessiné les frontons et une grande partie des frises et des métopes en 1674 (c’est à tort qu'on a attribué ces dessins à Jacques Carrey).
En 1688 Athènes redevint turque et, depuis celte époque jusqu’à la libération de la Grèce, les sculptures souffrirent beaucoup. Déjà Morosini avait essayé de faire descendre le groupe central du fronton ouest, qui fut brisé. Les dessins de ce fronton par F talion (1749) et ceux des frises par Sluart témoignent des injures qu ils subirent encore depuis le milieu du dix-huitième siècle. En 1801-1808, lord Elgin, ambassadeur d’Angleterre à Constantinople, enleva une grande partie des sculptures, en vertu d’un firman obtenu de la Porte, et les transporta en Angleterre, avec beaucoup d’autres marbres précieux; l’ensemble fut acquis pour 87.0.000 francs par le gouvernement britannique en 1816. Le Parthénon ne fut évacué parles Turcs qu’en i833. D’autres sculptures du même temple, au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, avaient été enlevées et dispersées à travers l’Europe ; on en a encore découvert, dans un jardin du comté d'Essex, en 1901 (Burlington Club, Ancient Greek arl, pl. 17). J’ai vu,
(1) Th. Reinach, Bull, de Corresp. hellén., 1908, p. 499.
LE PA Ii THÉ N ON
dans une collection privée, une jambe d’un taureau de la frise qui. n’a pas encore été signalée. On a fait effort, dans différents musées, notamment à Londres, à Strasbourg, à Dresde, pour réunir des moulages de tout ce qui reste des sculptures du Parthénon.
Michaelis, Der Pcirthenon (Leipzig, 1871 ), est et restera longtemps l’ouvrage capital. On doit le compléter aujourd’hui par l’excellent Catalogue of sculptures in lhe British Muséum de A. H. Smith (1892, p. 91 et suiv.) et par le livret illustré Sculptures of lhe Parthénon (1906), en attendant le grand ouvrage sur le Parthénon qui est annoncé par l’ administration de ce Musée et celui que prépare à Paris l’éditeur Eggimann, d’après les admirables photographies de Boissonnas (ière 1 i v r . , 1909). Nos dessins reproduisent ceux de Michaelis, auxquels on a raccordé, tant bien que mal, la plupart des fragments découverts depuis.
Pour les sculptures des frontons, voir le Répertoire de la Statuaire , t. I, p. 495-497, et les dessins dits de Carrey ( Antike Denkmciler , t. I, pl. 6, 6 a) ; tous les dessins en question, d'après les frontons, les métopes et les frises, ont été publiés d’abord par Laborde, puis, plus exactement et en photographie, par H.Omont ( Athènes au dix-septième siècle , Paris, 1898; cf., du même, Missions archéologiques françaises en Orient , 1902, t. 1, p. 19.8 sq. ) .