LA TABLE ILIAQUE DE BOVILLES
Haut., o m. 25 ; larg., o m. 28. Manque le côté g., où se trouvaient un pilier et douze registres d'images. — Au milieu, la prise de Troie, la mort de Priam, la fuite d’Enéc ; à g. de la porte du palais de Priam, le tombeau d’IIector; à dr., celui d’Achille. Au-dessous, à g., les vaisseaux des Achéens; à dr. ceux d’Enée. Les deux registres inférieurs contiennent des scènes de V Ethiopicle eL de la Petite Iliade ; le registre supérieur, des scènes du livre 1er de Y Iliade. Le côté g. (perdu) contenait les illustrations aux livres 2-12 de Y Iliade ; le côté dr. donne la suite des événements ( Iliade , i3-24), de bas en haut. L’inscription sur le pilier est un résumé, en prose, de Ylliade.
Sculptée vers le premier siècle de l’Empire, cette tablette a pu orner les murs d’une école ; on connaît un petit nombre de fragments de tables analogues (2). Les motifs, sans doute empruntés à des sources grecques, doivent être de ceux que l’Egypte ptolémaïque mit à la mode pour l’illustration des beaux manuscrits classiques (3).
Vers le milieu du tableau central, on lit (en grec) Troicos (s. eut. pinax, c’est-àdire tableau troyen); au-dessous, Iliou persis kata Stesichoron, parce que le poème perdu de Stésichore était le guide suivi. Plus bas : Ilias kata Homeron, Aithiopis kata Arktinon ton Milèsion, Ilias lié mikra legoménè kata Leschèn Purraion, autres indications de sources littéraires. Au-dessous un distique, que je traduis: « O cher enfant, apprends l’ordre homérique de Théodore, afin qu’instruit par lui tu possèdes la mesure de toute science » (c’est-à-dire « que tu saches ce qu’il faut savoir »). Ce Théodore, d’ailleurs inconnu (4), était donc l’auteur du tableau d’ensemble (dit taxis), analogue aux Histoires saintes que I on fabrique de nos jours, comme introduction à la Bible, ou même pour dispenser de la lire.
Le dessin très habile et très arrangé de Feodor, exécuté pour Y Homère de Tischbein, étant accessible dans les Denkmàler de Baumeister (t. I, pl. i3), j’ai préféré reproduire la gravure un peu différente et moins interpolée de la Galerie mythologique de Millin. Mais il faudra toujours, en cas d’incertitude, recourir au dessin fidèle publié par Jahn et reproduit dans le Bitderatlas de Scbreiber.
L’analyse détaillée des scènes nous entraînerait trop loin ; on la trouvera dans l’article cité de Baumeister.
(1) Description d’après Baumeister, I, p. 716 sq.
(2) S. R., Epigraphie grecque, p. 441.
(3) Cf. Wilamowitz, Archaol. Anzeiger, 1898, p. 228.
(4) On a supposé que c’était le peintre mentionné par Pline (35,36, 40) comme l’auteur d’une série de tableaux consacrés à Ylliade. Les mots ©EoScûfïioç rj zi'/yt] se lisent au revers d’un fragment de table iliaque à la Bibliothèque nationale (Chabouillet, n° 3318) et l’on a annoncé de Rome la découverte d’un disque, orné de représentations empruntées à la description du bouclier d’Achille, avec le nom de Theodoros au revers [C. R. de F Acad, des Iriser., 2 juin 1882).